I. ^ La dernière escobarderie de Brisson
Sous la Révolution, les détenus politiques s'entraînaient pour la mort, en répétant la scène de leur exécution qu'ils supposaient prochaine.
Le condamné Brisson, prisonnier dans les bureaux de son ministère, d'où il lui est impossible de sortir sans
s'exposer à un lynchage national, s'essaye de nième à choisir la posture qu'il adoptera pour tomber.
Sera-ce sur le dos, sur le ventre, ou sur le côté?
Attendra- t-il, pour poser la question de confiance, une interpellation sur sa connivence avérée avec les traîtres, auxquels il a livré le dossier Dreyfus?
Préférera-t-il s'effondrer sur le faux télégramme, adressé de Versailles au général Zarlinden?
Aimera-t-il mieux recevoir le coup de la main d'un député qui l'interrogera sur le mouvement préfectoral d'hier, où tous les nouveaux préfets, sans distinction d'âge ni d'aptitudes, ont été nommés uniquement parce qu'ils étaient dreyfusards?
Il est probable que c'est sur ce dernier terrain, qu'il désire rendre sa belle âme : les autres, qu'il a semés de ses méfaits, pouvant le mener tout bonnement en cour ^ d'assises.
Disparaître à le suite d'un ordre du jour portant sur des nominations de fonctionnaires, c'est finir en homme politique.
Se voir chasser pour fabrication d'un faux complot militaire et entente avec Tennemi, c'est s'en aller sous Taccusation de crimes de droit commun.
Il ne dira pas qu'il est tombé du pouvoir, comme un linge sale qu'on jette par la fenêtre; il prétendra qu'il en est c descendu )», après avoir rempli ses devoirs de fidèle huguenot.
ûar ce n'est plus à la justice et à l'équité que le vieux fourbe s'adresse aujourd'hui : c'est aux consistoires.
Et, bien que personnellement nous professions le même mépris pour toutes les religions, les Brisson et les ' Jaurès veulent absolument nous persuader que nous en avons une et que c'est pour arriver à la faire triompher que nous persistons à nier l'innocence du juif Dreyfus, lequel s'est avoué coupable.
La dernière escobarderie de Brisson, essayant de trouver pour sa chute un prétexte honorable, me rappelle la visite que je reçus un jour d'un solliciteur, qui s'annonça
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comme ayant été mon compagnon de Nouvelle Galédonie. Je lui demandai s*il avait été déporté à la presqu'île Ducos où à rile des Pins» et je finis par l'obliger à me confier qu'il avait bien été à la « Nouvelle », en même temps que moi, mais au bagne de Tîle Nou, pour vol avec efi'raction dans une maison habitée.
Brisson est plein de ces roublardises.
Puisqu'il lui est impossible d'éviter d'être renversé, il tient que ce soit à propos d'un mouvement préfectoral, ce qui n'a rien de déshonorant, et non à cause de ses falsifications de toute nature, de ses trahisons et de ses relations avec les policiers quïl chargeait d'aller dans les réunions publiques escorter le bafouilleur Pressensé.
II. — Brisson et ses complices sont des criminels, que la loi doit
saisir à la gorge.
Car il semble que ce parti dreyfusiste ait été spécialement composé avec la lie de toutes les populations : Journalistes sans journaux et sans bottes, s'exhibant tout à coup avec des chaînes de montre à faire pâlir les rayons du soleil; gendres d'escrocs, réfugiés dans le suicide pour se soustraire à l'incarcération ; anciens coulissiers véreux; ex-juges instructeurs de la Haute Cour ; tenanciers de tripots à Toulouse et ailleurs ; baptiseurs catholiques défroqués, passés au Talmud ; prédicateurs, sortis de la Cour des Miracles; absinthes, neurasthéniques et morphinomanes.
Il y en a ainsi pour tous les dégoûts, toutes les pourri, tures et toutes les dépravations.
On comprend que Brisson, ayant subitement jeté pardessus les moulins le masque d'austérité qui couvrait ses turpitudes, ait ouvert les bras à cette cohue qui lui offrait les siens; mais on ne se débarrasse pas d'une pareille tunique de Nessus^ sans y laisser de sa chair.
IL serait par trop commode, après avoir commis, avec préméditation et guet-apens, tous les crimes contre la
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patrie, de profiter d'un vote parlementaire pour dire simplement aux votants :
« Vous ne voulez plus de moi? Il suffit. J*ai Thonnear de vous saluer. »
Tous les bandits, pris le couteau à la main, seraient trop heureux de s'en tirer ainsi avec un coup de chapeau au commissaire de police qui les arrête.
Brisson et ses complices ne sont pas des ministres, à qui l'on s*apprète à signifier leur congé : ce sont des criminels, que la loi doit saisir à la gorge.
La Cour de Cassation a tenté vainement de tratner jusqu'à la prescription le procès Zola.
Elle n'y parviendra pas davantage dans l'affaire Brisson.
Le vieux pître de Y Intransigeant avait beau comparer Brisson et ses collègues à des « criminels que la loi doit saisir à la gorge » : son boniment n'en était pas plus digne d'être retenu.
Au reste, il n*y en avait à ce moment que pour Brisson. Dans IdL Libre Parole du 21 octobre, Drumont lui consacrait encore trois interminables colonnes en reprenant son litre déjà usé jusqu'à la corde, le 18 octobre, « La Cinquième Dynastie » :
I. — Si Brisson avait vécu il y a quelques siècles, il aurait fait tuer son beau-frère à coups de pertuisane.
Nous avons montré l'être qu'était Brisson: regardonsle cheminer à travers la vie. Le père de Brisson était avoué; c'était un Jacobin renforcé, peu sympathique peu aimé, mais qui ne passait point pour malhonnête homme.
IL laissa trois enfants : deux filles et un fils, Henri.
Une des filles épousa Eugène Brisson, son cousin germain, et voilà, à la suite d'incidents qu'il serait trop long de raconter, la lutte engagée entre le deux beaux-
frères, la lutte ardente, implacable, féroce, qui se poursuit pendant des années sur le dos de la ville, puis du département.
Ces gens-là, en effet, étant les maîtres, se servent, comme les rois, de toutes les ressources du pays pour vider leurs querelles personnelles.
Les ouvrieps qui martèlent le fer dans la fonderie de Bourges, les petits soldats qui font l'exercice au camp d'Avor, les contribuables qui se saignent aux quatre veines pour payer leurs impôts, sont des moyens, des atouts, des pions dans le jeu de ces gaillards-là.
Pour arriver à être député et conseiller général du Cher, Henri Brisson dote Vierzon d'une école professionnelle, qui a coûté dix millions à l'Etat.
Universellement détesté, il n'arrivait pas à avoir la majorité, et le maire dut introduire des bulletins frauduleux dans l'urne et, pour ce fait, reçut une perception.
Eugène Brisson se pique d'honneur.
Une fois parvenu à se faire nommer maire de Bourges, il voulut faire grand, dilapida tout ce qu'il put et mit à la charge de la ville une dette formidable.
Henri Brisson ne se découragea pas.
On avait installé à Avor, à quelques lieues de Bourges, sur un terrain excellent, dans des conditions de salubrité parfaites^ un camp dont le voisinage enrichissait la ville.
Henri Brisson, pour jouer un tour à son beau-frère, fit évacuer le camp où il ne reste plus que quelques bataillons, et fit transporter à Saint-Maixent l'école de sous-officiers qui était précédemment à Avor.
Avec le temps, cependant, l'antagonisme devenait plus âpre.
Il fallait frapper un grand coup.
Si Brisson avait vécu il y a quelques siècles, il aurait fait tuer son beau-frère à coups de pertuisane, de hallebarde ou d'arquebuse.
A notre époque, il était nécessaire de trouver antre chose ; il le fit tuer avec le Gode.
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Chacun sait qu^jl D*a été nommé, que parce qu'il est absolument entre les mains du Syndicat, parce qu'il est tout acquis. aux financiers véreux, qui auront affaire à lui.
Eugène Brisson disparu, Henri Brisson devient le despote de sa ville natale, où il est haï de tous.
C'est ainsi qu'il obligea la municipalité à lui verser 125,000 francs, pour une maison que son père avait payée 25,000 francs, et devant laquelle un tramway devait passer.
Ce fut un chantage tout à fait digne de cet Austère. « Achetez ma maison dont vous n'avez pas besoin ou le ministère refusera Pautorisation d'exécuter les travaux du' tramway. »
Cette fois encore, aucun doute ne peut subsister et les délibérations du conseil municipal de Bourges sont là, pour prouver cette pression honteuse.
On ne peut imaginer l'indécence, l'effronterie, l'absence de toute pudeur^ dont fit preuve le pharîsaïque scélérat, dans ces négociations.
Il finit par séquestrer le dossier chez lui et Turrel, menacé d'une interpellation par le prince d'Arenberg, ne put rentrer en possession de ce dossier, que par un subterfuge.
Il fallut que la ville s'exécutât quand même et crachât les 125,000 francs.
C'est là un trait qui marque bien le caractère du Jacobin provincial, un trait qui date, une indélicatesse et une malpropreté presque enfantines.
Rouvier et ses amis, habitués à des afi'aires autrement vastes, auront dû sourire de cette histoire.
III. — J'ai écrit sans plaisir cette étude, que les lecteurs liront
peut-être sans intérêt.
Quand on a écrit sans plaisir cette étude que les lecteurs liront peut-être sans intérêt, il semble qu'on ait sur les épaules l'ennui morne, que cet homme parait
avoir peine à porter et qui fait ployer sa longue échine; il semble qu'on succombe, comme lui, sous rinanité malfaisante de toute une vie sans but et sans raison d'être.
Le titre d'un roman qui eut du succès jadis : Une me, vous revient.
On songe à ce qu'ont fait du pouvoir, pour la grandeur de leur pays, les Bismarck, les Gavour, les Gladstone, et à ce que ce lugubre Polichinelle en a fait.
Même sans le levier du pouvoir^ des hommes comme Marchand remuent le monde dans la sphère de leur action.
Ils honorent l'humanité, ils parcourent d'immenses espaces au milieu de tous les périls pour planter un drapeau quelque part.
D'autres, guidés par un îdéaL différent, fondent avec rien, comme le Père Lepailleur, des œuvres qui prennent d'extraordinaires développements et diminuent la souffrance humaine.
Voilà un personnage notable dans son parti, qui a été deux fois président du conseil dans ce pays de France qui, malgré tout, conserve encore une si admirable vitalité, qui donne sans compter à la Patrie des hommes et de l'or.
Qu'est-ce qu'il a fait ?
Il a réussi à forcer son beau-frère au suicide.
Il a contraint la ville, qui a eu le malheur de lui donner le jour, à lui acheter une bicoque, le quadruple au moins de sa valeur.
Il a fait vendre aux enchères les biens de quelques religieuses, qui recueillaient des vieillards, dont personne ne voulait s'occuper.
Le bon démocrate a changé Paris en un camp, pour forcer à capituler àe braves ouvriers qui réclamaient une minime augmentation de salaire.
Le bon patriote, après avoir commis un abus de confiance envers la Chambre, a livré le secret de notre service d'informations militaires à Lœw, frère d'un notaire
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qui s'estfait Prussien volontairement^ et à Mornard, l'avocat de madame Dreyfus.
Géants de la Révolution I où éles-vous ?
Il est bien facile de s'expliquer que de pareils hommes d'une essence si basse, d'une âme si abjecte; des hommes, qui n'ont ni une vue sur la politique extérieure^, ni une ouverture sur un horizon quelconque, ne ))èsent pas lourd devant cette Juiverie si supérieurement intelligente, si merveilleusement informée, qui constitue le vrai gouvernement.
Pour la Juiverie, de pareils êtres sont de pauvres et misérables pantins, dont on fait ce que l'on veut.
Qu'il s'agisse de Brisson, de Clemenceau ou de Jaurès, cette mainmise du Juif sur le Jacobin est toujours le plus intéressant des spectacles.
IV. — - En ce tempë-là, le Jacobin aurait guillotiné le bon Dieu.
Le Jacobin, à Torigine, a été farouchement nationaliste, plus nationaliste- que Déroulède et que Lasies luimême.
Il défendait cette proie qu'il venait de conquérir, et dont il n'avait pas joui encore, avec une énergie sauvage, et il s'est trouvé qu'en défendant sa proie il a défendu la France et fait reculer l'Europe.
En ce temps-là, le Jacobin n'y allait pas de main morte, comme on dit.
Il guillotinait pêle-mêle les vieillards, les jeunes illlesy les enfants ; il aurait guillotiné le bon Dieu, plutôt que de se laisser reprendre ce qu'il venait d'arracher aux nobles.
Les étrangers qui auraient voulu se mêler de nous donner des conseils, comme ils le font maintenant, n'auraient eu aucun agrément.
Aujourd'hui, les temps sont changés et la situation est renversée par l'introduction d'un nouvel élément : le Juif.
Pour que le Jacobin puisse profiter encore de ce qui
ice, pour qu'il puisse conserverie régime I dépeni, il faut qu'il fasse ce que veut •dire qu'il soit aussi au ti nationaliste, ote, qu'il était uationaliste et patriote
pas fait tout d'un coup, gradations, des périodes, des stades, dont impte ceux qui tenteront d'écrire l'hisce dernierquart de siècle.
commencement, trouvaient le joug pesant lient dans l'intimité.
même, avant l'avachissement des dérivaient pensé à résister, avaient eu la vellencer contre la Finance ce qu'on avait ans, contre l'Aristocratie, ent n'y est plus,
sabre pour cela, et les Jacobins d'au- -enl encore le sabre de Schwarzkoppen à lis.
jacobine, qui n'est plus qu'une sods- Bume donc dans ce tyranneau poltron, atiqnement étranger k toutes les tradi- , baissant d'instinct tout ce qui est franléprisédans son département, et y impose sa volonté, y disposant de tous les ndition d'obéir servilement au gros tyran :an cousu d'or, qui est le véritable maître