XIII. — Déclaration du président du conseil. — Les scrutins
Avant le vote, M. Henri Brisson apporte cette suprême déclaration :
M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL. — S'il a jamais été prouvé qa'an gouvernement a fait son devoir, c'est par les invitations que M . le garde des sceaux a adressées à M . le ministre de la guerre et par les trois lettres par lesquelles celui-ci lui a répondu. Je n'ai rien à ajouter.
Le gouvernement a fait son devoir, tout son devoir, et, quant & moi, devant les ordres du jour de blÀme comme devant les mises en accusation, je déclare è la Chambre qn'entré dans la Chambre en 1871, au lendemain de nos malheurs, fj ai subi bien des obligations pénibles, mais jamais je n'ai eu la conscience d'avoir rempli un devoir plus noble, plus impérieux et plus difficile.
On vote. Le scrutin nécessite un pointage qui donne les résultats suivants : pour la proposition, 274 voix ; contre, 261.
114 LIVBE PRBUIER
< Vive la RépobUque I >, a A bas la réaction I » crient en chœur les députés socialistes, tandis que qnelqn'Ds à droite réplique :
Treize voix de majorité I Ça va lui porter maltieur.
Cette prophétie ne tarde pas à se réaliser, M. de Mahj' étant reveau à la charge avec sa proposition additionnelle invitant le gouvernement à mettre Ûa à la cam< pagne d'injures organisée contre l'armée.
L'avis du gouTermenf! demande-t-on sur plusieurs bancs.
M. Brisson se lève, l'air fatigué. D'une voix i peaprès éteinte, il déclare :
Le g on Te me ment n'accepte pas pins l'inTÏtation qn'îl n'a accepté le bl&me, puisqu'il & fait son devoir sur ce point.
Il prie la Chambre de repousser cette addition. (MouvemenU divers.)
Ce second scrutin donne encore lien à un pointage, mais, cette fois, le gouvernement est battn par 296 voii contre 243.
Les députés de la droite, les nationalistes, les antisémites et les républicains modérés exultent. lis crient : ■ Démission 1 Démission ! v « Vive l'armée I n, a Vive la France 1 >
M. Brisson et ses coUègues restent impassibles à leur banc. Nous ne tardons pas à avoir l'explication de cette immobilité. Plusieurs députés radicaux ont décidé de tenter le repêchage du ministère.
En leur nom, M. Berteaux propose une noavetle addition ainsi formulée :
... et confiaDte en lui (le gouvernement) pour prendre, dans ce but, les mesures nécessaires...
En qnelques mots très brefs, M. fierleanx expose le but de son amendement, mais on a tout de suite l'impression que ça ne « marche » pas du tout.
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Les ministres s'en rendent parfaitement compte. Ils pressent M. Brisson de faire un dernier effort. Celui-ci refuse, d'un geste las.
Enfin, on vote. Troisième pointage. Par 286 voix coDtre 254, la confiance est refusée au gouvernement.