‹ Rochefort?Chapitre 46 sur 112 · I. — La fameux chiquenaude de Ricord · texte numérisé non relu

I. — La fameux chiquenaude de Ricord

Je vois daoBlesjoarnaax que l'on a renversé le ministère.

Cela ne me parait qu'à moitié exact.

Il est tombé de loi-méme, sans qa'U y ait en mâme besoin de la fameuse chiquenaude de Ricord.

Il est tombé de putréfaction.

Ce qui confond, c'est qu'un pareil ministère ait pa durer aussi longtemps.

Le caractère de la journée d'hier, en effet, était l'ananimité.

Le matin, l'unanimité dans le mépris qu'inspiraient des scélérats vendus à la Juiverie ; l'unanimité dani l'allégresse le soir, dès qu'on sut que le syndicat diri^ par Schwarzkoppen et commandité par les Juifs, avait été écrasé dans la personne de Brisson,

Sur la place tragique, oii l'on immola le descendant de quarante rois, sous prétexte qu'il avait pactisé avec l'étranger, en un temps où les Jacobins ne badinaient pas sur cette question, des milliers de citoyens, de tont &ge et de toute condition, criaient ; A bas les Juifs!

Ceux-là, évidemment, aimaient l'armée, qui est U personnification même de la Patrie.

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DERNIERS JOURS DU MINISTÈRE BRISSON i2T

Us étaient exaspérés à la pensée que Ton eût osé bonleveraer tout un pays, pour sauver un misérable traître coodamné par ses pairs et dont la culpabilité, attestée par quatre ministres de la guerre (ils sont cinq aujourd'hui) ne tait doute pour personne.

Pour surveiller ces citoyens, il y avait des militaires et des gardiens de la paix.

Ceux-là aussi n'éprouvent que du dégoût pour ce comoTtium de coquins, qui s'était donné pour tâche de traîner le drapeau dans la boue.

Quant aux députés avec lesquels on cause, ils ont les sentiments de ceux qui les ont élus.

Us veulent qu'il y ait une patrie et comme, depuis les temps les plus reculés, on n*a rien trouvé de mieux pour défendre la patrie, que d'avoir des soldats qui aient con» fiance dans leurs chefs, ils réprouvent à peu près tous cette abominable campagne, qui sème le soupçon partout et qui fait de nous un objet de risée pour l'Europe.

Us savent qu'en Allemagne on n'aurait jamais toléré une minute une aussi monstrueuse entreprise, que personne même n'en aurait eu la pensée.

IL — L'affaire Dreyfas est ce qui nous divise le moins.

L'accord est donc complet entre tout ce qui est bonnêteen France et, quoique ceci semble légèrement paradoxal, on peut dire, à un certain point de vue, que l'affaire Dreyfus est ce qui nous divise le moins, puisque tons les vrais Français sont d'accord, pour maudire le plus méprisable de tous les traîtres.

Comment se fait-il, dans ces conditions, qu'une bande de Youdis ait pu s'insurger contre la volonté, les sentiments, les opinions de tout un pays?

Gomment se fait-il que cette bande ait pu se rendre maîtresse du pouvoir, se livrer au grand jour à des manœuvres, qui constituent incontestablement un complot international?

Comment se fait-il qu'une nation, qui a fait pour

sept millions aon de Gladiator, maisda comité Dreyfu?, oat exercé ooe si remarquable influence.

Toât ce que les odieux crétins qui composaient la bande ministérielle avaient trouvé comme plate-forme, c^est la suprématie du pouvoir civil dur* le militaire.

Eo voilà une découverte !

Qui diable a jamais songé à nier que le gouvernement militaire dût être subordonné au gouvernement civil ?

Personne, si ce n'est pourtant Brisson, qui exigeait que nous, civils, nous nous inclinassions devant deux of&ciers d'état-major, dont l'un est à File du Diable pour haute trahison et l'autre au Cherche -Midi pour faax.

Et c'est ce hideux Pierrot, courbé sous les sabres déshonorés de ses deux clients, qui nous faisait qualifier de c césariens » par les mendigots de la presse judéo-allemande !

La Chambre ne s*est heureusement pas laissé prendre à ces idioties.

Elle a renversé ce Cabinet des Horreurs par un ordre du jour, d'autant plus significatif qu'il contient avec lui tout on programme.

Nous ne savons, en effet, qui succédera aux traîtres chassés, hier soir, du Pdlais-Bourbon à coups de cannes qui auraient pu être plombées ; mais le vote de la majorité enjoint formellement à ces successeurs d'en finir, par tous lès moyens connus ou non, avec la conspiration des écus, infiniment plus dangereuse que celle des poignards,

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