II. — Chaque cri de « Vive Dreyfus » représente une jolie
pièce de cent sous.
Et si le Parlement vient de manifester sa volonté, la populatiop, massée dans toutes les rues et sur toutes les places avoisinantes, l'a manifestée plus nettement encore.
Il n'y a eu là besoin d'aucun pointage : l'unanimité était telle que pas un dreyfusard n'a osé montrer dans Paris le bout de son nez crochu.
Où étaient-ils donc, les Jaurès du Jourdain et les
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DERNIERS JOURS DU MINISTÈRE BRIsSON 131
de s*essayer à assassiner la France, rêvaient de faire couper le cou à ceux qui la défendent.
La Chambre, par deux cent quatre-vingt-six voix, a enjoint aux nouveaux ministres de la Justice et de la Guerre d'en finir le plus promptement possible avec l'affaire Dreyfus.
Or, comme ce n'est certainement pas par la persuasion qu'on viendra à bout des gredins qui l'ont remise sar le tapis, il faudra bien chercher autre chose.
Le Klondike et l'Alaska, « Westermann et les Custine », « Jaurès du Jourdain, et Pressensé des Missions Evangéliques », n'empêchèrent pas que Brisson fût grandi par le débat parlementaire du 25 octobre, et par la crise qui en fut la conséquence.
Démissionnaire, Brisson triomphait. Il léguait sa politique aux députés qui l'avaient renversé et au ministère que eeux-ci allaient former pour lui succéder.
Glownisme de Rochefort et prophétisme de Drumont étaient également impuissants à y changer un iota.
Le discrédit des deux « meneurs ♦> de Topinion allait devenir complet.
Leur règnje prenait fin.
En dépit de Tévidence, « Boubou » essaya de se survivre. Témoin, son article du 27 octobre, « En Gassalion » :