I. — Brisson a pensé, non à quatre sergents, mais à quatre
généraux de La Rochelle.
Hier, à la même heure matinale, la demi-dou2aine de journaux attelés à la délivrance du traître publiaient, dans des termes à peu près identiques, qu'ils ne s'étaient
même pas donné la peine de démarquer, ane note annonçant officiellement la découverte d'un grand complot militaire.
I On ne nommait pas encore les conspirateurs, mais on
f • les désignait plus que suffisamment.
I Cette conjuration se révélant dix jours avant la rentrée
des Chambres tombait, on peut le dire, comme mars
f en Carême ou comme le complot de Blois monté, à la
fin de l'Empire, par l'agent Buret, que le vieux sycophante Gonstans a utilisé plus tard comme faux témoin au procès de la Haute Cour.
Le Bonaparte éprouvait le besoin de sauver la France pour consolider sa couronne en papier doré, comme le Brisson voudrait nous faire avaler, pour conserver son portefeuille, quUl a préservé le pays de la dictature militaire.
- L'affreux huguenot aurait bien été rechercher dans
les accessoires de la Préfecture de police les fameuses bombes Lepet, dont les feuilles des Tuileries publièrent alors les dessins; mais c'eût été se brouiller avec ses anarchistes de préfecture et le compagnon Pressensé, qui prêchent à la fois Tinnocence de Dreyfus et la destruction des propriétés par la nitro-glycérine.
Il a pensé alors, non à quatre sergents, mais à quatre généraux de La Rochelle qui, représentant la révolte du pouvoir militaire contre le pouvoir civil, eussent été jetés en pâture, comme, il y a neuf ans, le général Boulanger, au Minotaure du parlementarisme.