XXXI. — Suite du rapport du conseiller Bard
A cette lettre, nous ne pouvons nous dispenser d'ajouter quelques observations.
Elle met en évidence Tabus qui, dans cette affaire^ semblerait avoir été fait des rapports anonymes et des kAotes administratives.
' Sans doute, certaines causes ont des exigences excep - ^ounelies, mais il n'est peut-être pas nécessaire qu*à ■éfautde témoignages directs on puisse faire condamner no officier de Tarmée française sur des affirmations dont OQ interdirait le contrôle.
Ce que peuvent valoir parfois de telles affirmations, Texemple du commandant Henry est là pour le montrer.
Parlerons-nous du lieutenant-colonel du Paty de Clam ?
Des écrits de sa main, versés au dossier, nous révèlent que c'est un lettré, un poète, un homme de la plus vive imagination.
Loin de nous la pensée de lui en faire un reproche.
La culture littéraire n'est pas incompatible avec les meilleures qualités militaires ; nous Tavons appris par d'illustres exemples, et tout récemment par le brillant fait d'armes qui vient de pacifier le Soudan.
Mais dans l'œuvre des bureaux chargés de la surveillance de menées occultes, l'imagination du lieutenantcolonel du Paty de Clam a-t-elle eu le contre-poids qui serait nécessaire ?
Nous l'ignorons, seulement nous touchons du doigt le danger qu'il peut y avoir à juger un homme sur des enquêtes administratives.
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Ce principe est-il, même en temps de paix, incompatible avec la sécurité delà France?
Faat-il enlever cette garantie élémentaire à nos soldats et à nos officiers ?
Faut-il pouvoir les condamner sans qu'ils aient été jagés?
Qu'on demande franchement aux pouvoirs publics d'instituer un pareil régime; mais tant qu'il reste des Godes, et même un Gode de justice militaire, ils s'imposent à tout le monde, à commencer par les juges.
Comme nous ne pouvons faire le silence sur ce que voas devez connaître pour apprécier pleinement Taffaire [excepté» bien entendu^ les détails dont une raison patriotique interdirait la publicité), nous devons en finir avec cette question, par deux lectures, auxquelles nous n'ajouterons aucun commentaire.
XXXIV. — Lettre du ministre de la guerre au garde des sceaux prétendant « ignorer » la communication.
Le il septembre dernier, le ministre de la guerre écrivait au garde des sceaux :
En réponse à votre lettre de ce jour, j'ai l'honneur de vous faire connaître qu'il n'y a pas trace au ministère delà guerre de la communication de pièces secrètes au conseil de guerre qQî a condamné Dreyfus . Je n'ai donc aucun moyen de répondre à la question que vous me posez.