III. — Cavaignac s'impose comme ministre de la guerre
Ge qui s'impose et que, soyez«en sûrs, le peuple imposera, c'est un cabinet où M. Gavaignac ait la Guerre, Pee qui écartera toute idée de sabre, puisqu'il est civil ; mais ce qui signifiera l'écrasement de la conspiration et la disparition des conspirateurs.
Qu'on lai adjoigne, comme président du conseil.
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i88 LIVRE DEUXIÈME
rhomme politique le plus capable de mener vigoureusement la campagne contre les bandits qui se yendent àreniiemi et les juifs qui les achètent; nous n'en demanderons pas davantage, estimant qu'à cette heure, le salut public prime tout le reste.
On a pu, à la manifestation d'il y a trois jours, constater à quel point les « vigilants » consacraient spéciale, ment leur vigilance à veiller sur leurs peaux.
Au premier cri de : « Vive la France I » ils se sont volatilisés; et si le commissaire Leproust a été malmené, c'est parce qu'ayait négligé de revêtir son uniforme, il s'est fait, à tort, prendre pour un dreyfusard.
Eh bien I les figurants de Cirque olympique dont Paris a eu si facilement raison, le gouvernement, avec un peu décourage et de patriotisme, en viendrait encore plus vite à bout.
Seulement, choisir les dreyfusards Ribot, Bourgeois ou Gonstans pour terrasser le dreyfusisme, autant envoyer Manau au ministère de la justice pour y remplacer Sarrien.
« Boubou», loin d'invoquer le «bon vieux temps» & la façon de Drumont, évoquait cLaubardemont» comme une suprême injure aux magistrats de la Cour de Cassation, qu'il lui comparait.
Oîi étaient les instruments de torture de ces «vieux Laubardemont » ?
« Boubou » n'avait cure de les produire. Et pour cause.
Il avait oublié ses préoccupations philanthropiques du 17 octobre à l'endroit des magistrats, qu'il qualifiait le 28 de « vieux Laubardemont ».
Boubou prétendait alors « leur couper les paupières avec une paire de ciseaux ».
S'il n'avait voulu que cela I
Mais sa bienveillance à leur égard prétendait, pardessus le marché, « leur appliquer, sur le globe de
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l'œil », des coquilles de noix, après avoir eu la délicate attention d'introduire dans ces coquilles « de grosses araignées, de l'espèce la plus venimeuse ».
En fait de « vieux Laubardemont » c'était assez réussi.
« Boubou » s'était même délecté à la pensée de ces araignées « rongeant peu à peu la prunelle et le cristallin » de Lœw, de Bard, d'Athalin, et de leurs collègues.
Oublieux « Boubou ^!
Il avait alors écrit :
« Voilà comment la France punit les traîtres, qui essayent de la vendre à l'ennemi ».
Il avait accroché cette belle prose « sur la poitrine » des magistrats de la Cour Suprême, en les offrant aux crachats et aux invectives de la population parisienne.
C'était plus'fort que Laubardemont.
C'était aussi atroce que le pilori, en honneur au temps du « saint roy Loys », cher à Drumont.
Ah ! si pareilles araignées et pareils crachats avaient été offerts à « Boubou » !
Avec quelle hâte, il eut filé, lui aussi, à Bruxelles I
« Boubou » ne savait aucun gré à Lœw, à Bard, à Athalin, à Dumas, de leur crânerie, sous ses menaces les plus féroces. .
L'ingrat! Il ne se prenait pas lui-même au sérieux.
Il en était des « soixante mille Parisiens » évoqués par «Boubou », pour crier « AbasHibot! » ou « A bas Gonstans!», comme des araignées du 17 octobre.
Ils n'existaient que dans l'imagination de « Boubou ».
Ils ne faisaient peur ni à Ribot, ni h Gonstans, ni à Bourgeois.
Deaxième audience de la Cour de Cassation. — Saite de la lectare de rapport du conseiller Bard. — Conclusions déposées par |
M«Mornard. — Réquisitoire du procureur général Manau. — Lettre du général Gonse au président Lœw. — Réplique de ,
Labori à ladite lettre.
La seconde audience de la Cour de Cassation eut lieu le 28 octobre.
En voici le compte-rendu, d'après le Matin du 29 :