XX. — Péroraison du réquisitoire et. réquisitions
En conséquence,
Nous requérons qu'il plaise à la cour déclarer recevables l'intervention de madame Dreyfus, ainsi que la demande' en reyision dans l'intérêt de Dreyfus,
Et, statuant d'ores et déjà au fond, si elle est suffisamment éclairée, casser et annuler le jugement du 22 décembre 1 894, qui a condamné Dreyfus à la déportation ;
Ce faisant, renvoyer Dreyfus, avec les pièces du procès, de* Tant tel conseil de guerre qu'il lui plarra désigner ;
Ordonner que l'arrêt à intervenir sera imprimé, qu'il sera transcrit sur les registres du premier conseil de guerre de Paris et que mention en sera faite en marge de la décision annulée ;
Subsidiairement et si la cour le juge nécessaire, ordonner, avant faire droit, le supplément d'information autorisé par l'article 445 de la loi de 1895 ;
Et, dans l'un comme dans l'autre cas, tenant la déclaration de recevabilité de la demande.
Ordonner la suspension de la peine, en vertu du dernier paragraphe de l'article 444 de la même loi.
XXI. — Lecture d*une lettre du général Gonse. — Levée de i'aadience. — Commencement de la plaidoirie de M« Mornard.
L'aadience est suspendue. A la reprise, il y a un incident. Le président, M. Lœw, donne lecture d^une lettre du général Gonse dont voici le texte :
Cormeilles-en-Parisis, 83 octobre.
Monsieur le président.
J'apprends à la cj&mpagne que, dans un mémoire dont j'i>-
ROOHBFORT 13
. LIVRE DECXIÈHË
termes et même l'eiistenee, M. Picqu&rt me prête lui seraient déshoaoranU s'ils avaient été tenas. ne nn démenti formel. Instruit trop tard pour y en suis réduit k une simple protestation. Veaillez l'expression indigaëe.
irie de faire connaître cette protestation h M. le Énëral et à MU. les conseillers à l'audience d'aule ne puis me persuader que ma parole n'ait it à Être opposée à celle d'un homme qui est sous 1 d'une accusation de faux.
ifeitatioDB diverses accaeiltent cette lecture, ordonne que la lettre soit jointe au dossier, ardcommeuceaussitât sa plaidoirie, dévelopiclusions qu'il a lues précédemment. On sait nde, lui aussi, une enquête complémentaire.
ce est levée à quatre heures et demie.
- Lettre de M< Labori au ministre de la guerre.
ioirée, M° Labori adressait U lettre suivante I de la guerre :
18 octobre 18O8. 1 le ministre, aujourd'hui, à la cour de cassation, î M. le lieutenant-colonel Pjcquart a.-étë Tobjel ti de la part de M. le général Gonse. I
tenant-colonel Picquart, qui est en prison, an seis l'impossibilité de répondre à ce démenti ; it l'i- '
oir de protester hautement, publiquement contre an de M. le général Gonse que sa parole doîtélre ' elle de M. le lieutenant-colonel Picquart parla] non client est l'objet d'une accusation de faux, ira, émane du lieu tenant- colonel Henry, fans-,
I bientôt les preuves de l'impeccable loyauté de ant-colonel Picquart. ,
:a prochainement démontré qu'il est aujourd'hui , une accusation qui ne résistera pas Ji un débat I re en pleine lumière. 1
M. le lieatenant-colon^l Picquart a toujours dit la vérité ; rèvénement a confirmé déjà toutes ses affirmatious.
Vous estimerez certainement, monsieur le ministre, que, dans les circonstances actuelles, il est indispensable qu'il puisse connaître les affirmations de M. le général Gonse et j répondre.
L'autorisation de communiquer avec lui ne saurait m'ôtre pins longtemps refusée.
C'est cette autorisation que j'ai l'honneur de vous prier de me faire accorder.