II. — La Cour de cassation n*a aacune qualité pour juger
au fond.
Le dernier numéro du Pssst! nous exhibe un superbe dessin signé Forain et portant cette simple légende : « Un magistrat éclairé ».
Ce magistrat représente un membre de la Gourde cassation enfoui dans un dossier et sur lequel un ignoble youtre projette la lumière d'une lampe qu'il tient à la main.
Ce sont, en effet, les Juifs du complot allemand qui éclairent les juges français, et l'on devine le sens que Forain a donné ici à cet éclairage.
Ah 1 les coquins qui versent entre les mains de la famille Dreyfus toutes les preuves du forfait que le capitaine dont elle est fière a perpétré contre notre pays, auront bientôt la faculté de se retirer après fortune faite.
C'est le cas d'appliquer à chacun de ces hommes qui livrent leur patrie les vers que Yictor Hugo consacrait à 4L l'homme qui a livré une femme » :
Les impurs traitants à qui l'on vend son âme Attendront bien longtemps avant qu'un plus infâme Vienne réclamer d'eux, dans quelque jour d'effroi» Le fond du sac plein d'or qu'on fit vomir sur toi t
ces magistrats soi-disant chargés de faire resa loi se sont mis hors la loi en piétinant effronsnr elle.
iraient en le droit de se dessaisir du dossier < qu'il eftt été, de leur part, scandaleux de le conne personne qui, toute mariée qu'elle fût aa iné, n'a rien à voir dans un procès aaqnel elle mêlée en qnoi que ce soit; maie la forraiture est tant plus indiscutable que la Cour de cassation une qualité pour juger une affaire au fond.
'61e est d'examiner, d'après les pièces du procès êpositionsdes técnoias, s'il y a ou non lien à
lelle utilité peut ^tre t'opinion de madame Dreys une affaire de pure discussion juridique et qui 'e, quant aux débats, que du conseil de guerre, iii elle lui serait de nouveau soumise ?
mplicité du gouvernement d'abord, des félons de ensuite, éclate donc à tous les yeux dans celle n de toutes les règles judiciaires, avons souvent protesté et nous protesterons cermt encore contre les sévéritéB de la justice mililais si ce sont là les exemples d'impartialité,' de t et de désintéressement que nous offre lajustice e traître Briason est en bonne posture pour en 1er la suprématie I
irité est que le ministère a organisé une conspilontre la France et que, pour des places, des dans la Légion d'honneur, de l'argenl, la Cour de 'U s'y est associée.
mise du dossier à l'avocat de madame Dreyfas, dire à madame Dreyfus, c'est-à-dire à Dreyfus le, constitue un acte révolutionnaire, qui transes prétendus jurisconsultes en autant d'insurgés.
C'est la plus cynique déclaration de guerre qui ait été jusqu'ici adressée à Topinion.
Toutes les pages du code sont déchirées au profit d'un juif dont rAUemagne prendrait moins énergiquement la défense si elle ne l'avait pas eu à son service.
La grève des terrassiers, qui semble terminée, a été remplacée par la grève des consciences.
L'anarchie bat son plein.
Non pas seulement dai/s les meetings présidés par le compagnon Pressensé, mais surtout dans les prétoires où d'odieux enjuponnés délibèrent à huis clos sur les moyens les plus pratiques d^ouvrir nos frontières à l'étranger.
Pareilles injures ne se réfutent pas.
Deux semaines plus tôt, Rochefort avait exprimé une pensée des plus spirituelles (1) :
« La huée des truands et des malandrins suffit à l'honneur de toute une vie. »
A la vérité, cette réflexion était venue sous la plume du vieux sagittaire, à propos des cris : « A bas Rochefort I Conspuez Rochefort! », qui avaient retenti dans les meetings où Jaurès et Pressensé avaient défendu la vérité.
Mais, « truands » pour « truands » et « malandrins » pour « malandrins », la pensée, qu'avait formulée « Boubou » le 2 octobre, se retournait le 16 contre luimême.
La huée de Rochefort contre les magistrats de la Coui* de cassation ressemblait, & maints égards, à celle de Jaurès et de Pressensé contre « Boubou».
Ni Jaurès, ni Pressensé n'avaient d'ailleurs adressé h Rochefort la dixième partie des huées, dont ce der-
(1) Voir Le Lieutenant-Colonel Henry ? p. 353.
nier essayait de turlupiner les membres de la Cour suprôme, dans V Intransigeant du 17 octobre.
En présence de ces arguments, force est de conclure que si « Boubou » avait eu raison le 3 octobre, il avait de ses propres mains édifié le 16 octobre Thonneur de toute la vie de Lœw et de ses collègues sur la base la plus solide.
C'est l'unique moralité & tirer de ce déluge de buées^ comme du factum de Drumont du 17 octobret intitulé : « Le Sabre ».
I. — Rome vit Héliogabale 9*habiller en femme et épouser ua de
set mignons.
Rome eut comme consul un cheval, elle vit Héliogabaie s'habiller en femme et épouser solennellement on de ses mignons.
La France a pu voir depuis trois mois régner le Juif, c'est-à-dire qu'elle a vu tout ce qui pouvait se dégager d'incohérence et de délire des cervelles sémitiques.
C'est en vain, en effet, qu'on s'eS'orcerait de rattacher à une idée quelconque, tout ce qui s'accomplit sons nos yeux ; on ne pourrait y parvenir.
Devenu le jouet de la Juiverie, cet idiot de Brisson apparaît comme un de ces tyrans de féerie, qu'on bafoue depuis la première scène Jusqu'à la dernière et qui se promène à travers une intrigue sans queue ni tètCi en balbutiant des mots sans suite.
<c Le pouvoir militaire doit être subordonné au pouvoir civil, n nous dit Brisson, et, pris tout à coup d'une terreur folle, il fait venir régiments sur régiments.
Il mobilise des fantassins, des cavaliers, des gendarmes pour intimider de malheureux civils exerçant l'état de terrassiers et qui se bornent à réclamer l'application de la série de prix de la ville de Paris.
En voyant la capitale emplie de tous ces soldats qu'il a arrachés à leur garnison, en apercevant tous ces cui-
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rassiers, tous ces dragons, tous ces marsouins, l'idiot oublie qu'il les a appelés lui-même.
Il est pris d'une véritable hallucination ; il se dit :
« Ce n'est pas possible. Tous ces généraux, tous ces colonels, tous ces officiers que mes amis les Dreyfusards . couvrent de boue vont venir me chasser du ministère à coups de botte. »
C'est alors qu'il met en circulation la fable du complot militaire.
Est-ce pure imposture de la part de ce coquin ?
Je ne le crois pas.
La conspiration militaire est un fantôme, mais il est possible que Brisson ait cru voir réellement ce fantôme, ce fantôme qui sera prochainement une réalité^ car il arrivera un moment où tout le monde en aura assez, où tout le monde appellera le sabre qui nons débarrassera de ces scélérats et de ces grotesques.
Le sabre n'aura pas le caractère qu'il aurait pu avoir s'il était brandi par des chefs victorieux, il sera l'instrument de chirurgie.
Quand la France se sentira en train de mourir de cet abcès maçonnique et juif, qui commence à empoisonner ; quand elle se sentira envahie par la gangrène^ elle aura peut-être la force de dire au sabre :
(c Je vous en supplie 1 percez-moi ça ! »
Encore une fois, il n'y a pas l'ombre d'un complot militaire, il y a une situation telle que si un chirurgien, ayant un peu plus d'initiative que les autres, avait . pressé un peu vigoureusement sur la plaie et fait gicler au dehors le pus juif qui corrompt notre organisme, la France entière aurait été heureuse le lendemain matin de savoir que l'opération avait été faite.
II. — On comprend les Gracchas, les Clodius, les Cléon : ce qui
confond l'esprit, c^est Trarieux .
Il doit se faire évidemment un travail extraordinaire dans ces intelligences ouvrières, qui ne peuvent arriver à s'expliquer ce qui se passe à l'heure actuelle.
On comprend les Gracchus, les Glodius, les Gléon, f les tribuns populaires poussant les déshérités et les
■j opprimés à revendiquer leura droits. ,
Ce qui confond Tesprit, c'est de voir que ceux qui, lorsqu'il s*agitd'un abominable traître comme Dreyfus, prêchent au peuple le ipépris de toute autorité, la haine des chefs, le chambardement général, soient précisément les ennemis déterminés du peuple, les négateurs de tous ses droits.
' Le Trarieux, qui écrit une lettre tous les jours pour
attaquer Tarmée et les tribunaux militaires, est le même qui dénie aux ouvriers des chemins de fer le droit de se constituer en syndicat pour défendre leurs intérêts, sous prétexte qu'ils sont chargés d'un service public.
Là raison d'Etat, qui n'existe pas lorsqu'il s'agit du Juif Dreyfus, qui appartient à une famille de Jnillionnaires, prime tout, aux yeux de Trarieux, lorsqu'il s'agit de pauvres diables comme les mécaniciens, les aiguilleurs et les poseurs de rails.
J'avoue que je n'ai jamais pu accepter cette thèse que soutiennent des gens qui rougiraient d'être comparés à Trarieux.
En fait, tous les ouvriers remplissent plus ou moins un service public, sont nécessaires à la collectivité, l'aident à manger, à s'abriter, à se nourrir.
Le vrai service public, le service indispensable à la collectivité, celui sans lequel elle ne pourrait pas vivre, ce ne sont pas les employés de chemins de fer qui le remplissent, ce sont les boulangers.
On pourrait à la rigueur se passer de chemins de fer, on ne se passerait pas de pain.
Pourquoi les boulangers auraient-ils le droit de se syndiquer et de se mettre en grève, et pourquoi les travailleurs des chemins de fer ne l'auraient-iU pas ?
La vérité est que la société actuelle, qui s'est créé tant de besoins, est l'esclave de ceux qui la servent et que le jour où ceux-ci, trouvant qu'on ne rémunère pas
assez leurs services, refuseront de les contiauer, la société sera fort embarrassée.
Elle dira Qomme Brisson dans sa terreur éperdue :
a Faites venir des soldats, beaucoup de soldats, tous les soldats que vous pourrez rassembler. »
La question est de savoir si à ce moment il existera encore des soldats.
Un magistrat, ancien chef du cabinet de Brisson, avait rimpudence de prononcer l'autre jour, du haut du tribunal, cette parole ignoble dans les circonstances actuelles : « Moi aussi, je suis antimilitariste. »
Le jour où tous les militaires seront antimilitaristes, ils hésiteront peut-être à marcher contre les grévistes qui réclament purement et simplement une augmentation de salaire.