‹ Rochefort?Chapitre 94 sur 112 · II. — Supposez que je me trouve avec dans un waRon · texte numérisé non relu

II. — Supposez que je me trouve avec dans un waRon

Quelles pensées ce spectacle inspi

Vous ne pouvez pas avoir lé i dessus.

Pour être professeur agrégé, il fai gence déjà suffisamment développé!

Pour devenir, de simple professeï nistre et en&n président du conseil, une certaine quantité de substance taine vigueur d'esprit.

Voug ne pouvez donc pas douter

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parfaitement, qu'il ne puisse pas ne pas voir que les Juifs sont les maîtres absolus à l'henre actuelle, que c'est la Juiverie qui dirige tout, qui mène tout, qui règne véritablement derrière des hommes politiques qui ne Bout que des pantins et des instrumentB.

Supposez que je me trouve avec Dupuy dans ud coin de salon retiré ouseulàBeal dans un wagon, par an hasard de voyage, il me dirait :

H Je suis stupéfait de l'audace énorme, de l'andace incroyable de cette race qui afflche cyniquemeat son alliance avec l'étranger et qui organise tranquillement, à coups de millionfi, le chambardemenl de tout un pays pour sauver un misérable que tout le monde sait être coupable. J'ai vécu dans les civilisations du passé puisque J'ai été professeur d'histoire, et je n'ai jamais rien rencontré d'analogue h ce qui se passe aujourd'hui. Je n'aurais jamais cm, il y a dix ans, que tous pourriez avoir raison à ce point. •>

Soyez sûrs que lorsque le mot d'antisémitisme sera prononcé à la Chambre, Dupuy dira absolument le contraire de ce qu'il pense et qu'il sortira la turlataine habituelle :

« Des idées qui appartiennent au passé et que l'on s'étonne de retrouver dans le présent. »

m. — Causez avec un commerçant, qui prend l'air, sur le pas de

C'est là ce qui précisément est amusant et exquis, ce qui est fantastique, extravagant, cocasse, baroqup, funambulesque (choisissez le mot qui vous plaira 1« mieux).

L'Antisémitisme est partout, tout le monde en France est d'accord là-dessus. Tout le monde est unanime pour protester contre l'abominable oppression que les Juifs font peser sur nous, pour raconter leurs méfaits, pour flétrir leur trahison ,

Causez avec un commer^ntqui prend l'air sur le pas

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de sa porte, en attendant des clients qui n'arrivent plus; interrogez un hôtelier auquel des étrangers, qui avaient fait retenir lear chambre, viennent de télégraphier qu'ils ne viendront pas ; demandez Tavis d'un ouvrier iotelligent ; tous vous diront :

(c II faut vraiment que les Juifs soient des salauds extraordinaires, des salauds comme on n'en a jamais vos, pour oser ce qu'ils osent chez nous. Ils nous ont pris notre argent, ils ont idéalisé de colossales fortunes à nos dépens, et maintenant ils viennent vomir sur notre drapeau et ils veulent nous réduire à mourir de faim, si nous ne mettons pas en liberté le plus ignoble de tous les traîtres. Il n'y a donc plus en France un homme qui ait une ombre de virilité et d'énergie ? »

Les mandataires du peuple restent en dehors de ce qui fait Tobjet des préoccupations et des conversations de ceux qui les ont nommés.

Ils 8*obstinent à ne pas vouloir regarder ce qui frappe les yeux de tous ; ils n'osisnt même pas répéter quand ils sont en groupe ce qu'ils disent tous individuellement".

n*. — Les vieux vendus de la Cour de cassation, maintenant qu'ils ont touché, pourraient bien poser aux Juifs le lapin de leurs reines fourrées.

11 serait donc déraisonnable de fonder de grandes espérances sur le ministère qui vient de naître et qui est résolu d'avance à ne pas s'attaquer au mal dont le pays se menrt lentement.

Tel qu'il est constitué, ce ministère atteste une fois de plus l'indigence d'hommes qui est un des plus elTrayants symptômes de la décadence actuelle, la stérilité de cette France qui était jadis inépuisable dans sa floraison su- )erbe.

Sauf quelques noms, en effet, c^est un ministère de Oëjà vus et, ajoutons-le, de Mal vus, un ministère de

revenants, dont quelques-uns reviennent de loin et doivent s'étonner un peu d'être redevenus ministrables.

Il faut reconnaître cependant que le pays^st telle* ment saturé de dégoût, qu'il serait indulgent au nouveaa ministère, s'il mettait fin à la monstrueuse campagne organisée contre l'armée, s'il rappelait un peu à la pudeur ces vieux vendus de la Cour de cassation qui, maintenant qu'ils ont touché, pourraient bien poser aux Juifs le lapin de leurs robes fourrées.

Quant à nous, on le sait, nous sommes étrangers à iout esprit de parti.

Nous ne considérons que les intérêts de la Patrie.

Nous ne voulons pas encore désespérer, avant d'avoir vu à l'œuvre un ministère qui compte parmi ses membres un député, qui a tenu le langage d'un honnête homme et d'un bon citoyen et qui a fait afficher sur les murs eette déclaration qui honore à la fois celui qui a été élu et ceux qui l'ont élu :

« Je ne suis ni Juif ni Franc-Maçon. Je blâme hautement les agissements des Heinach et des Trarieux et, comme tous lés bons Français, je suis indigné par la campagne menée par un syndicat de sans-patrie en faveur d'un traître et dans le but de déconsidérer l'armée. »

Le clou de cet article était dans l'éloquente accumulation des sept épithètès, qui introduisent le lecteur dans sa troisième partie.

Ces sept merveilles en étaient le principal agrément. Elles étaient pareilles aux sept vaches du songe de Pharaon. Elles suggéraient à la clientèle ""du prophète de la Libre Parole des visions encore plus fécondes en enseignements ésotériques que les « propos de vagon » placés par le puissant évocateur des vivants et des morts dans la bouche de Charles Dupuy, ou queles Jérémiadesde «l'hôtelier prenant l'air sur le

pas de sa porte », sténographiées par le prince des reporters contemporains.

Pour y dénicher une idée, il faudrait la pénétration de M. Brunetière.

Quant à Rochefort, son article du même jour « Toutes Chambres réunies » était des plus amusants-*

L'illustre « Boubou » répondait, en effet, à l'un de ses lecteurs qui avait paru prendre au sérieux sa prose de la veille :

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