III. ^ Alors, impossible de continuer à accuser Bard d^âvoir
palpé.
Si la revision est décrétée, la responsabilité de cette périlleuse décision, sera pour eux d'autant moindre qu'ils la partageront avec d'autres.
Si elle est repoussée par un vote destiné à rester se-
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cret, il deviendra impossible de continuer à accaser les Bard et leurs acolytes d'avoir palpé des sommes pour la faire admettre.
Ils auraient donc tout avantage, tant au point de vne de leur réputation que du respect de la loi, à convoquer à leurs délibérations tous les autres membres de la Cour saprème.
Maisils se garderont soigneusement de le faire, attendu qae seuls les juges ayant passé par le fonctionnarisme et les ministères sont, par ordre, acquis à la réhabilitation du traître, tandis que les autres, pour qui saculpa* bilité ne fait aucun doute et qui n*ont ni faveurs, ni complaisances à payer, opineraient tous pour le maintien du sacripant dans les sables de son lie.
Nous ofifrons ainsi aux Delesvaux qui viennent de déclarer la revision « recevable en la forme » un moyen décisif de détourner d'eux notre imputation de vénalité et de forfaiture.
S'ils le repoussent, mon correspondant d'hier voudra bien reconnaître que j'ai les plus sérieux motifs de prétendre que l'arrêt de la Cour a dû « coûter très cher au Syndicat o et que la Chambre où siègent Bard et Manau est surtout une antichambre.
Rocbefort paraissait admettre sans étonnement que sa prose pouvait être prise au sérieux : entrons nous-môme, un instant, dans cette apparence.
La réponse de « Boubou » h son correspondant anonyme laissait cependant quelque chose à désirer.
Eu effet, Rochefbrt avait accusé d'un crime précis les magistrats de la Cour de cassation.
Il ripostait à son contradicteur par l'aphorisme :
« Comment, sans profit aucun ni rémunération, quelconque, des individus chargés de rendre la justice s'amuseraient-ils à se vouer volontairement à l'exécration publique? »
« L'exécration publique », argument final et ca-
pital àe cet aphorisme, eût-elle été autre chose qu'un, mot vide d'exactitude ; l'aphorisme serait bancal.
Les « îadividus chargés de rendre la justice ■» ODt, en effet, ud devoir h remplir, c'est de rendre tout simplement la justice.
M. de la Paiice eût fait cette observation à Boubou, si Boubou avait fait appel à son bon sens.
L' « exécration publique n dont parle Rochefort, c'étaient les invectives dudit « Boubou », de c Barbe à Poux > et de quelques seigneurs de moindre importance.
Cette « exécration » n'était partagée ni par )es lecteurs du Soleil, ni par ceux du Figaro, qui, eux aussi, faisaient partie du «public», au môme titre que ceux de « Boubou » et de « Barbe k Poux s.
Elle n'était partagée ni par l'Université qui, elle, manifestait hautement son v exécration » pour Rochefort, Drumont et tutti quanti, ni par le barreau, ni par l'élite intellectuelle de Paris et de la province.
Cette " exécration n était donc quantité surfaite dansl'espèce, et Uocbefort, en l'appelantàla rescousse de son dire contre les magistrats de la Cour Suprême, faisait appel au témoignage d'un absent.
Mais les laits eussent-ils été d'accord avec celte (1 exécration », que le devoir des magistrats aurait été de rendre néanmoins la Justice, en dépit de cette « exécration ».
Les voir « corrompus et rémunérés » & cause de cela, c'est erreur d'esprit enclin A expliquer par an mobile bas ou vil l'acte d'autrui qui le contrarie : ce n'est pas acte d'observateur impartial et clairvoyant.
Il n'eut pas été plus bète d'écrire :
« Comment, sans profit aucun ni rémunération quelconque, « Boubou » s'amuse-t-il à se vouer volontairement à l'exécration
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Si Jamais nom fat exécré des socialistes dans les derniers mois de 1898, ce fut en effet celui du marquis de Yascagat qui, de Marseille à Dunkerque^ était quotidiennement couvert des buées les plus virulentes.
Rochefort raisonnait à la façon de Tautruche, en altribuantà autrui Texécration qui le poursuivait; cependant il ne réussissait pas à çlonner le change.
C'est faire trop de fond sur la prose du spirituel polénaiste, que la soumettre plus longuement h un examen logique.
Mieux vaut faire compliment au clown de la pirouette, par laquelle il sollicitait les rieurs.
11 est plus humain d'admirer le sourire par lequel, pareil à une vieille comédienne, il avait le don de dissimuler son dépit de sa popularité évanouie.
Le talent de' Rochefort est sans lendemain : tel le fard qui embellit quelques minutes la ballerine à son entrée en scène et ne brille que sous les feux de ia rampe : l'applaudissement qu'il provoque n'ajoute rien de beau à la physionomie, qu'il a parée un instant.
Le milieu et ia péroraison du factum de Rochefort ne valaient ni plus ni moins que Texorde : inutile d'y insister.
Eloge cocasse de Cavaignac par Drumon t. —Pronostics de Rochefort. — « Aa dehors et au dedans. »
Il se trouva pourtant, grâce à un jeu piquant de la politique et du hasard, que le titre de cette fantaisie fit lortune et devint, trois mois plus tard, la devise du nouveau ministère.
Sans s'en être douté. Boubou avait prophétisé, le 2 novembre. Il n'en tira d'ailleurs pas plus de vanité que Tânesse de Balaam. Âh ! si pareille aubaine était échue à Barbe-à-Poux!
Drumont publia dans la Libre Parole du 4 novembre : « M. Cavaignac devant la Cour de cassation » : •