I. ^La gaerre étrangère. — Fachoda
La Déclaration ministérielle d'aujourd'hui n'aura gaère à traiter que deux questions : celle de la guerre étrangère, dont nous menacent les Anglais, et celle de la gaerre. civile, dont nous menacent les dreyfusards.
La discrétion diplomatique peut avoir son bon côté, mais Tindiscrétion en a également qui ne sont pas mauvais.
Oq nous a annoncé à grand renfort de lampions la conclusion de l'alliance franco-russe.
Seulement, comme tous les ministres des affaires étrangères, aussi bien Hanotaux que Delcassé , ont refusé formellement de nous expliquer en quoi elle consistait, nous en sommes, à cette heure, encore rédoits aux conjectures les plus vagues.
Le branle-bas, auquel se livrent nos voisins d'outre- Manche, me parait indiquer suffisamment un parti pris de nous chercher querelle.
Si, par un arrangement leur donnant satisfaction, le prétexte de Fachoda vient à leur manquer, il y a tout lieu de supposer qu*ils en déterreront un autre.
L'Angleterre, nation essentiellement commerçante, a enfoui trop de milliards dans la réfection de sa flotte pour ne pas saisir et même faire naître l'occasion de rentrer dans ses déboursés.
Eii bien ! au cas probable où elle marcherait contre nous, le gouvernement est-il en mesure de nous assurer qne la Russie marcherait contre elle ?
Rien ne décourage comme l'isolement.
Rien, en revanche, ne donne confiance comme la certitude de pouvoir, au moment psychologique, s'ap-
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puyer sar un allié, capable de mettre dans votre jea trois ou quatre millions d'hommes.
M. Delcassé, qui a dès le début du conflit mené les négociations relatives à Fachoda, est plus que personne en mesure de nous renseigner.
Il a même, à tous les points de vue, d'autant plas d'intérêt à le faire, que la peur de voir le czar entrer en scène amènerait vraisemblablement le batailleur Salisbury à rabattre considérablement de ses prétentions.
II. — Reinacb, Trarieux, Jaurès et Manau conspirent en présence
de l'ennemi.
La situation intérieure, telle que nous Tout faite les Reinach, les Trarieux, les Jaurès et les Manau, n'exige pas des paroles moins nettes et moins décisives.
Oq peut dire que ces gredins, devant les armements anglais, conspirent en présence de l'ennemi.
Et ils n'ont même pas pour leur trahison les circonstances fantastiquement atténuantes, qu'ont inventées les défenseurs de Bazaine, comme excuse à sa capitulation.
Le maréchal félon voyait dans la chute de Metz, bientôt suivie de celle de Paris, la possibilité d'une restauration bonapartiste, dont il eût été le Monk, on tout au moins le Pavia.
C'était de la trahison, mais, si les deux mots peuvent s'amalgamer, de la trahison politique.
Les traîtres dont se compose l'état-major de l'infect youtre, nommé Dreyfus, ne peuvent même pas — tant ils sont bassement ignobles — prêter à la moindre équivoque.
La politique est, cette fois, tout à fait étrangère à l'événement.
Ils s'efforcent de faire tomber la France dans une affaire d'escroquerie, rappelant les « Bitumes du Maroc n de Jérôme Paturot.
La mise en banque est jusqu'à présent de trente-sept
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millions, et Jaurès, ce Bélisaire du suffrage universel, est allé, dans Tespoir de remonter sa malheureuse feuille qui croulait sous les dettes, tendre son casque aux distributeurs du Syndicat juif, en les invitant à casqaer.
Aujourd'hui cet homme, qui s*était fait une brillante situation dans la Chambre précédente, marche entouré d'une escouade de fripons, de fonds-secrétiers, de souteneurs et surtout dlmbéciles dont toute Targumentalion, comme celle d*Avinain, repose sur ceci : toujours nier et toujours mentir.
On montre à ces crétins les lettres du colonel Combes relatant les vols du père Zola.
Ils s'écrient : ce Ces lettres sont fausses ! »
On leur rappelle les aveux de Dreyfus au capitaine Lebrun-Renaud et à divers officiers.
Ils répètent : « Dreyfus n'a rien avoué ! »
Comme c'est difficile à trouver et comme ces cruthes gagnent aisément Targent dont on les remplit I
Il est inadmissible qu'une pareille tourbe se moque plus longtemps d'un pays.
La mascarade dreyfusiste dure depuis trop de mois.
11 est indispensable que la Déclaration de cette aprèsmidi nous fasse enfin savoir si le ministère est résolu à éteindre le gaz et à faire évacuer la salle.
La seconde partie de cet article touchait, seule, à Taffaire Dreyfus.
Elle était le développement du thème, cent fois ressassé par Rochefort : que les adversaires de « Boubou » sont tous des* « gredins », et qu'ils « conspirent » en présence de Tennerai.
Rochefort comparait ses adversaires à Bazaine, et, selon lui, la comparaison était à l'avantage de ce dernier.
i( Boubou 1» les comparait aussi à Avinain, dont la devise « toujours mentir » était appliquée sans ver-
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KOgne parle rédacteur en chef de V Intransigeant dans ce factam comme dans maint autre.
Rochefort faisait mentir jusqu'au vieux proverbe : « Il ne faut pas parler de corde... »
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CHc^PITRE TROISIÈME
Déclaration ministérielle. — Impressions de Rocheforl et de Drumont. ^ Ce que DramoQt appelle « le crime de MéUne ».
Tandis que les platitudes et les mensonges s'entassaient ainsi sous la plume des polémistes ennemis de la lumière, le nouveau ministère s'était présenté devant les Chambres.
Drumont publia ses impressions de législateur, en présence de ce nouveau changement du décor gouvernemental, dans la Libre Parole du 5 novembre :