SCENE
EMIERE.
CLEOPATRE
S Ermens fallacieux, falutaire contrainte.
Que m’impofa la force , & qu’accepta ma crainte. Heureux déguifemens d’un immortel courroux , Vains fantômes d’état, évanouiflez-vous.
Si d'un péril preffant la terreur vous fit naître ,
Avec ce péril même il vous faut difparoîtrê , Semblables à ces vœux dans l’orage formés , Qu’efface un prompt oubli , quand les flots font calmés. Ec vous, qu'avec tant d’art cette feinte a voilée. Recours des impuiffans, haine diflimulée.
Digne vertu des Rois , noble fecret de cour , Eclatez, il eft tems , & voici notre jour.
Je hai, je régné encor. Laiffons d’illuftres marques.
t 4 RODOGUNE,
En quittant , s’il le faut, ce haut rang des Monarques, Faisons en avec gloire un dépare éclatant;
Et rendons- le funelîe à celle qui l’attend.
Tu m’eftimes bien lâche, imprudente rivale.
Si tu crois que mon coeur jufque-là fe ravale ,
Qu’il fouffrequ’ûn hymen , qu on t’a promis en vain Te mette ta vengeance, & mon feeptre à la main. Voi jufqu’où m’emporta l’amour du diadème ,
Voi quel fang il me coûte , & tremble pour toi-même, ‘ Tremble, te dis-je, & longe, en dépic du traité. Que pour t’en faire un don je l’ai trop acheté.