‹ Rodogune, princesse des Parthes, tragédie: TragédieChapitre 17 sur 58 · SCÈNE L · texte numérisé non relu

SCÈNE L

GLËOPATRE.

Serments faUacieiix , salutaire contraiate >, Que m'imposa la force et qu'accepta ma crainte , Heureux déguisements d'un immortel courroux.

Vains fantômes d'JËtat , évanouissez-vous !

Si d'un péril pressant la terreur vous 0t nattrç, Avec ce péril même il vous faut 4isparaltre , Semblables à ces vœux dans l'orage formés , Qu'efface un prompt oubli quand les flots sont calmas'

1 «Corneille reparait ici dans toute sa pompe ; l'éloquent ]k>8^ met est le seul qui se soit servi après lui de cette belle épitbète fattaeieuœ. Pourquoi appauvrir la langue ? Uo mot consacânt par Corneille et Hossuet peut-il être abandonné? Salutaire oontraintê; il est difficile d'expliquer comment une salutaire contrainte eat up ▼ain fantôme d'Etat; il manque là un peu de netteté et de naiii^ re! .» ( ViUiairê. >— Voltaire a trouvé cette apostrophe bonne h imiter, car il a dit, dans son Catilina :

Titra* éknn «t sacréi «t 4» ^m M d'^H» i PalbtoMM d«i hunalu , éraaeiiisMaoVoiu.

S Voici encore une comparaison bien placée. Elles sont rares dans le style dramatique, oii elles ne conviennent que si elles son* courtes. C'est ainsi que Corneille a pu dire :

ParaiU* à cep éclalri qui , dani le fart da« onbrai, Poowant on Jour qui fait et rand lai nuits plai ■ombffM.

(JZw., aat. III , M. t.)

qoroeille fait ici allusion au proverbe italien : Panato Hptricoh, gabhah u$antQ. Après lui, I.a FonUiine s'en est sottveuo (1- l^t f. XUI) ;

MaU . (a péril paMé , Von na la v»i|Tian( faèrfS Da «a qu'on • proraii aux aianx.

32 R0DOGI3NR.

Et ¥ous, qu'avec lant d'art cette feinte a Toilée , Reeoors des impuissants, haine dbànulée \ Digne Tcrtn des rois , noble secret de cour , Édatex , il est temps , et toîcI notre jour.

Montrons-nous toutes deux, non plus comme sujoUos ^. Mais telle que je suis , et telle que tous êtes. Le Parthe est éloigné , nous pouvons tout oser : Nous n'avons rien & craindre, et rien k déguiser. Je hais, je règne encor. laissons d'illustres marques^ En quilUnt, s'il le faut , ce haut rang des monarques : Faisons-en avec gloire un départ éclatant.

Et rendons-le funeste k celle qui l'attend.

Cest encor, c'est encor cette même ennemie Qui cherchait ses honneurs dedans mon inramie. Dont la haine à son tour croit me faire la loi , Et régner par mon ordre et sur vous et sur moi *, Tu m'estimes bien lâche , imprudente rivale Si tu crois que mon cœur jusque -I& se ravale. Qu'il souffre qu'un hymen qu'on t'a promis en vain Te mette ta vengeance et mon sceptre & la main. Vols jusqu'où m'emporta l'amour du diadème.

Vois quel sang il me coûte, et tremble pour toK-méme : Tremble , te dis-je, et songe, en dépit du traité , Que , pour t'en faire un don , je l'ai trop acheté.

f « Becoun des impuissants, iclaitx, est une contradiction ; car ce recours est la haine dissimulée, la dissimulation ; et c'est précisément ce gui n'éclate pas : le sens de tout cela est cessons de dissimuler, éclatons : mais ce sens est nové dans des paroles qui semblent pins pompeuses que justes. » ( Voltaire.)

S m Qui sont ces deux? est-ce la haine dissimulée et Ciéopàtre ? voilà un assemblage bien extraordinaire ! Gomment Ciéopàtre et sa haine sont-elles deux? comment sa haine est-elle siqette ? C'est bien dommage que de si beaux morceaux si>ieni si souvent défigurés par des tours si alambiqués. » (Voltaire.)

â mje hais, je règne encor, est un coup de pinceau bien fier; mais laissons d'illustres martjfues est faible ; on laisse des marques de quelque chose : marques n'est là qu'un mot impropre pour rimer à monarques. Plilt k Dieu que du temps de Corneille un Despréaux eût pu l'accoutumer à faire des vers difficilement ! >» (Voltaire.)

4 « A quoi se rapporte ce vous ? Il ne peut se rapporter qu'au recours des impuissants, à cette baine dissimulée aont elle a parlé treize vers auparavant ; elle s'entretient donc avec sa haine dans ce monologue: convenons que ceia n'est point dans la nature. » (Voltaire.)

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