‹ Rodogune, princesse des Parthes, tragédie: TragédieChapitre 32 sur 58 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ANTIOCHUS, SÉLEDCUS, RODOGUNE.

ANTIOCHUS

Ne TOUS offensez pas, princesse, de nous voir

De vos yeux à vous-même expliquer le pouvoir '.

Ce n'est pas d'aujourd'hui que nos cœurs en soupirent':

A vos premiers regards tous deux ils se rendirent,

Mais un profond respect nous fit taire et brûler,

Et ce même respect nous force de parler.

L'heureux moment approche où votre destinée Semble être aucunement à la nôtre enchaînée * ,

1 €t Que veut dire cela» veuUelle parler de Tordre qu'elle va donner à ses deux amants de tuer leur mère? est-ce la le cas d'un soupir! ne faut-il pas avouer que {)resc|ue tous les sentiments de ce monologue ne sont ni assez vrais ni assez touchants?» (Voltaire.)

S «Et de quoi veut-il qu'elle s'offense ? de ce que deux frères, dont Tnn doit l'épouser et la faire reine, joignent à l'offre du trône an sentiment dont elle doit être charmée et honorée? Ce faux goût était introduit par nos romans de chevalerie, dans lesquels on héros était sûr de Vindi^pation de sa dame quana il lui avait fait sa déclaration ; et ce n'était au'après beaucoup de temps et de façons qu'on lui pardonnait. » (Voltaire.)

S « Cet en ne parait se rapporter à rien, car les cœurs ne soupirent pas d'expliquer un pouvoir.» (Voltaire.)

A iiÂucwMment est un terme de loi qui ne doit jamais entrer dans un vers.» (Voltaire.) Autre archaïsme : aw^unement a signifié d'abord et signifie essentiellement en quelque eorte. L'adverbe a suivi le sort de l'adjectif aucun, qui paraît négatif, grâce k la né-

Puisque d'un Uroit d'alpesse ineertain parmi nous ' La nôtre attend un sceptre, et la vôtre un épouxi C'est trop d'indignité, que notre souveraine • De l'un de ses captifs tienne le nom de reine': Notre amour s'en offense et , ciiangeaut cette lo! , Remet à notre reine à nous clioisir un roi.

Ne vous abaissez plus à suivre la couronne ' , Donnez-la sans souffrir qu'avec elle on vous donne. Réglez notre destin , qu'ont mal réglé les dieux ; Notre seul droit d'aînesse est de plaire à vos yeux : L'ardeur qu'allume en nous une flammé si pure Préfère votre choix au choi^ de là nature , Et vient sacrifier à votre élection * Toute notre espérance et notre aipbitipn.

Prononcez donc, madame , et faites un monarque : ' Nous céderons sans honte à cette iilustre marque; Et celui qui perdra votre divin objet Demeurera du moins votre premier sujet; Son amour immortel saura toujours lui dire Que ce rang près de vous vaut ailleurs un empire; 11 y mettra sa gloire , et dans un tel malheur, L'heur de vous obéir flattera sa douleur.

Princes, je dois beaucoup h. cette déférence

S tion ne. Corneille dit encore, dans le sens positif (Suite fiu ent., act. 111 , se. i) :

Qui l'aroue insolvable aucuiiemtHt l'aeqoitt*.

I vilnçtrtijkin parmi nous : il veut dire inurUnn enlrf uov» deux. » ( Voltaire.)

S « C'est jouer sur les mou de retna et de eapUf, et c'est un ton de gaUuterie qui e&t biea loin du tragique.» {Voltaire.)

S «On ne suit point une couronne; on suit Tordre, la loi qui dispose de la couronne. Cette faute est répétée plus bas. » ( Voltairo.) Cette expression figurée est parfaitement juste, et Voltaire a ton d'y voir une faute.

4 i< Election ne peut être employé pour choix: éUction d'Mf^ emptTiuVt (i'iio pape , suppose plusieurs suffrages. » ( Voltatre.) Election, dans le lan^e religieux, se dit du choix de Dieu. C'est un suffrage unique qui lait les élus. Au reste, ce terme mystique ne convient ;ias ici. Notre poète y est revenu dans la SuiU du Mou*9wr, act. l\\ , se. y :

Je snU raTi de voir qne mon Heetion Ait «afla nérité Xark approbation.

Page 1