‹ Rodogune, princesse des Parthes, tragédie: TragédieChapitre 39 sur 58 · ACTE iV, S(MK I · texte numérisé non relu

ACTE iV, S(MK I

A ce coeur quMl vous laisse osez prêter un bras : Pouvez-vous le porter et ne Técouter pas ' ?

S'il vous explique mai ce quMl en doit attendre , Il emprunte ma voix pour se mieux faire entendre. Une seconde fois il vous le dit par moi - :

Prince, il faut le venger.

ANTIOCHUS

J'accepte cette loi.

Nommez les assassins, et j'y cours.

Quel mystère Vous fait, en Tacceptant, méconnaître une mère?

ANTIOCHUS

Ah ! si vous ne voulez voir finir nos destins. Nommez d'autres vengeurs ou d'autres assassins.

RODOGDNE.

Ah ! je vois trop régner son parti dans votre âme ; Prince , vous le prenez.

ANTIOCHUS

Oui Je le prends, madame ' Et j'apporte à vos pieds le plus pur de son sang Que la nature enferme en ce malheureux flanc.

Satisfaites vous-même à cette voix secrète Dont la vôtre envers nous daigne être l'interprète i Exécutez son ordre; et hâtez-vous sur moi

on ne peut dire vivre en soi-même. Ce style fait beaucoup de peine ; mais ce qui en fait bien davanlage, c'est que Rodogune passe ainsi tout d'un coup de la modeate fierté d'une ni le qui ne veut pas au'on lui parle d'amour, à l'exécrable empressement d*exiger d'un âU la lète de sa mère. » {Voltaire.)

1 M Prêter un bras à un coeur, le porter et ne ptu l écouter, sont des expressions triviales si forcée», si fausses, qu'on voit bira que la situation n'est point naturelle; car, d'ordinaire, comme dit Boileau :

Ce qo» l'on eoiiçoit bien s'exprime eUlmnent. »

(VoUaire.) „ ,

S « Est-il possible qu'Antiochus puisse lui dire: P^ommex Us assassins? Quel faux artifice l ne les counaitril pas ! ne sait-il pas i^ue c'est sa mère ? ne s'en est-elle pas vantée à lui-môme ? Je n ai point de terme pour exprimer la peiue que me fout les lautes de ce grand homme ; elles consolent au mouis , en taisant vjnr I extrême difficulté de faire uno bonne pièce de théâtre. *.(K«lotr«.; i « Quelle froideur dauj* de lel» éclairciMements .et quelles étranges expressions ! Vous leprenez? Oui,je Is ^•fMU.»( ro«air«.)

«6 R0D06CNE.

De punir une re!n« et de vepger un roi :

Mais quitte par ma mort d'un devoir si sérère, Ëcoutex-ei; un ajutre en faveur de mon Orère. De deux princes unis à soupirer ppur vous Prenez l'un pour victime, et l'autre pour ëpoiix'. Punissez un des fils des crimes de la mère , Mais payez i*autre aussi des services du père: El laissez un exemple à la postérité Et de rigueur entière , et d'entière équité.

Quoi ! n'écouterez-vous ni l'amour ni la haine ? Ne pourrai-je obtenir nf salaire ni peine?

Ce cœur qui vous aidorê^ et que vous dédafgnec...

Hélas, princiç^'

ASTIOCHIJS.

Est-ce encor le rôi que vous plaidez >!

Ce soupir ne va-t-il'qufe vers l'ombré d'ah père? '

RODOGDNE.

Allez, ou pour le moins rappelez votre frère :

Le combat pour mon âme était moins dangereux

Lorsque je vous avais à combattre tous deux :

Vous êtes plus fort seul que vous n'étiez ensemirte ;

Je vous bravais tantôt, et maintenant je trembk.

J'aime : n'abusez pas, prince , de mon secret ,

Au milieu de ma haine il m'échappe à regret;

M^s enfin il m'échappe , et cette retenue

|ié peut plus soutenir l'effort de votre vue.

Siui « j'aime un de \ov& deux malgré ce grand eourroux,

£t.ce dernier «oupir dit asçez que c'est vous.

i « Peut-K>D Bérieusement dire à Rodogune : TuiX Fu^ fit nota iXHx, H épou$eg l'autre, e: âO compUire daas celle pensée aussi froide eue barbare, et la retourner en deux ou trois façons ? Corneille fait dire à Sabine, dans les Borace$ : Que l'un de vous nu tue , et que l'autre vu venae ; 11 répète ici cette pensée , mais il la délaye, il la rend insipide: tous ces froids efforts de Tesprit ne i>oiu que des aoiplittcations. Ce n'est pas là Virgile , ce n'est pas là llacine. » ( Voltaire.)

U u Kodogune passe tont d'un coup de l'assassinat à la tendreaa*. J^a petite finesse du soupir qai va vers l'ombre d'un père« et Rodogune qui tremble d'aimer, forment ici uue pastorale. Gela n'eat que trop vrai ; et, encore une foie, il IViut le dire et le redire. •

Z jtC^ n^&fijajg^ de tendresse naïve et d'atrocitét affreuses n'est pas supportable. » XYoiiwre.)

Page 1