‹ Rodogune, princesse des Parthes, tragédie: TragédieChapitre 42 sur 58 · CLÉOPATRE, ANTIOCHUS, LAONICE · texte numérisé non relu

CLÉOPATRE, ANTIOCHUS, LAONICE

CLÉOPATRE

Eh bien ! Antiocbus , vous dois-je la couronne ^ ?

ANTIOGHUS.

Madame , vous savez si le ciel me la donne.

Vous savez mieux que moi si vous la méritez.

ANTIOCHUS

Je sais que je péris si vous ne ro'écoutez.

CLÉOPATRE

Un peu trop lent peut-être à servir ma colère.

Vous vous êtes laissé prévenir par un frère?

Il a su me venger quand vous délibériez S

Kt Je dois à son bras ce que vous espériez?

Je vous en plains, mon fils, ce malheur est extrême;

C'est périr en effet que perdre un diadème.

1 La vigueur des faiblesses est une antithèse hasardée et prétentieuse.

2 Ce vers est légèrement irrégulier. En effet, faitet-la-moi, qui se Wek fléchir, ne s'unit pas à mourir. 11 suffisait de transposer le pronom , et de dire :

Faites-moi la fl*«bir. on nonrir à bm yeux.

3 •< C'est-à-dire voulez-vous tuer Rodogune? cela ne peut s'entendre auirenient; cela roème signifie: avéz-vous tue Rodogune? car elle n'a promis la couronne qu'à l'assassin.» {Voltaire,)

4 « On ne peat imaginer que Cléop&tre veuille dire ici autre chose, sinon : Séleucus vient de tuer sa mattreaieet la vôtre. A ce mot seul . Antioclius ne doit-il pas entrer en fureur?» (Voltaire,) Il parait que ces vers et les suivants renferment une interrogation ; et comme Antiocbus, qui vient de quitter Rodogune, sait qu'elle n'est pas tnorte, il ne se trouble pas.

Je n*y sais qu*mi remède , encore est-U fAchi^us, Etonnant, ifjcértain , ç^ triste pour tous deui ; Je périrai moi-mëwé, avant que de le dire ' : Mais enfin on pep^ U>iit quand on perd m mPÏÏ^

ANTIOCHCS.

Le remède à nos maux est tout en votre main , Et n'a rien de fâcheux, d'étonnant, d'incertain; Votre seule colère a fait notre infortune.

Nous perdons tout , madame, en perdant Rodogune : Nous l'adorons tous deux; jugez en quels tourments Nous jette la rigMeur de vos jBoqamandfNnents.

L'aveu de cet amour sans doute vous offense : Mais enfin nos malheurs croissent par le silence. Et votre cœur, qu'aveugle un peu d'inipiitlé, S'il ignore'nosnlaux, n'en peut prendre pitié. Au point où je le vois, c'en est le se^l renj^dÇf

CLÉOPATRE

Quelle aveugle fureur vous-même vous possède | Avez-vous oublié iqùé vous parlez à molT Ou si vous présumez être déjà mon roi 7

ANTIOCHUS

Je tâche avec respect à vous fajre connaître

Les forces d'un amour que vous avez fait nattre.

CLÉOPATRE

Moi , j'aurais allumé cet insolent amour?

ANTIOCHUS

Et quel autre prétexte a fait notre retour 't Nous avez-vous mandés qu*afin qu'un droit d'atnesse Donnât à l'un de nous le trône et la princesse? Vmis avex bien fait plus , vous nous l'avez fait voir; Et c'était par vos mains nous mettre en son ppuvoir.

Sui de nous deux, madaqje , eOt osé s'en défendre, uand vous nous ordonniez à tous deux d'y prétendre 't

% X Od n'entend p^ mieux ce que c'est qae ce secret. Cet deux pouplets paraissent ren)i)lis d'obscurités.» (Voltoire.) Cléopàire insinue qu'Antiochus ferait une bonne affaire en tuaut Séleucus.

8 M Un préteœt$ q^i fait ^n retour n'est pas français. » (Voltaire S

"' 5 («Il me semble qu^il n'est point du tout intéressant de savoir si Ciëdpàtre a fait naître elle-même Tamour des deux frères pour Rodogune: ce n'est pas là ce qui doit l'inquiéter. Il doit trembler (jue Gtéopâtre n'ait déjà fait iissassiner HPdx>gune par Séleucus, comme elle l'a déjà dit, ou du moins qu'elle n'emploie le bras de

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