‹ Rodogune, princesse des Parthes, tragédie: TragédieChapitre 50 sur 58 · ACTE V, SCÈNE L · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE L

Ridicule retour d*une sotte vertu.

Tendresse dangereuse autant comme importune?

Je ne ireux point pour fils l'époux de Rodogune, Et ne Tois plus en lui les restes de mon sang. S'il m'arrache du trône et la met en mon rang.

Reste du sang ingrat d'un époux infidèle , Héritier d'une flamme envers moi criminelle.

Aime mon ennemie , et péris comme lui.

Pour la faire tomber j'abattrai son appui :

Aussi bien sous mes pas c'est creuser un abtme Que retenir ma main sur la moitié du crime, Et te faisant mon roi , c'est trop me négliger. Que te laisser sur moi père et frère à venger. Qui Se venge à demi court lui-même à sa peine : Il faut ou condamner ou couronner sa haine.

Dût le peuple en fureur pour ses maîtres nouveaux De mon sang odieux arroser leurs tombeaux , Dût le Parthe vengeur me trouver sans défense , Dût le ciel égaler le supplice à l'offense , Tr6ne, à t'abandonner je ne puis consentir ; Par un coup de tonnerre il vaut mieux en sortir; 11 vaut mieux mériter le sort le plus étrange '. Tombe sur moi le ciel, pourvu que je me venge'! J'en recevrai le coup d'un visage remis :

Il est doux de périr après ses ennemis , Et de quelque rigueur que le destin me traite , Je perds moins à mourir qu'à vivre leur sujette '.

Mais voici Laonice; il faut dissimuler Ce que le seul effet doit bientôt révéler.

1 ullvaut mieuœ mériter, etc. Il est bien plus étrange qu'un vers si oiseux et si faible se trouve entre deux vers si beaux et si forts. Plaignons la stérilité de nos rïmes dans le genre noble ; nous n'en avons qu'on très-petit nombre , et l'embarras de trourer une rime convenable fait souvent beaucoup de tort au génie ; mais aussi ,

aaand cette difficulté est toujours surmontée , le génie brille alors ans toute sa perfection. » (Voltaire.)

S « On sait bien que le ciel ne peut tomber sur une personne ; mais cette idée , quoique très'fausse , était reçue du vulgaire ; elle exprime tonte la fureur de Cléopfttre, elle fait frémir.» ( Voltaire.) — Cyrano de Bergerac a imité ce vers dans son Agrippine :

MrliM rmiirert poarrv qa« J« m* ▼«&!•.

S Ce couplet est tout entier de la plus grande beauté, et nulle part le pinceau de Corneille n'a été plus sûr et plus énergiqae.

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