‹ RodolpheChapitre 3 sur 8 · T. IK · texte numérisé non relu

T. IK

Mcnartli , qui s'était soulevé sur le coude , se recoucha en disant : Merci , Florelte,

Instruite maintenant par Texpérience d\in danger que Varnerie avait prévu , sans oser le lui dire , mademoiselle Lamblay , pour éteindre toute lumière dans la chambre , couvrit le feu, et non contente de cette précaution, elle passa dans la pièce voisine ; ayant soin de laisser la porte entr''ouverte , afin d^être plus promptement auprès d'Edgar d.

La chambre où la pauvre enflmt se retirait par prudence était un salon sans feu ; mais elle s**}' tint courageusement...

— Mon Dieu, que je suis malheureuse! s'écria-t-elle d'une voix entrecoupée par le choc de ses dents, que le froid faisait battre les unes contre les autres... J'ai vu Pinstant où Paccident annoncé par le docteur allait se produire... Oh! si j'avais donné la fièvre cérébrale à Menardi... Restons ici; j'aurai bien

ou A MOI LA FOUTUNn. 83

froid, j''on serai malade, peut-être... eh bien! tant mieux... Si je pouvais mourir... mourir pour lui... ^aurais au moins cet avantage sur son Alhertine... Mais cVst pour elle quHl s^est

battu; elle va raimcr à présent Ah! oui,

tachons d'être' malade pour en finir avec la vie...

Et la céleste créature interrompait ces lugubres réflexions pour entrer de temps en temps , légère comme une sylphide , dans la chambre d'Edgard ; elle s''approchait du lit en rétenant son souffle , et s^en retournait satisfaite dans sa glacière , après s^être assurée qu^il reposait. Floretle avait apphqué au mouvement fébrile qui s''était déclaré , le seul remède convenable, en s'exilant dans la pièce voisine.

Le matin , de bonne heure , Varnerie ve* nant visiter son ami , trouva Florette endormie sur un fauteuil du salon ;ses mains et son

visage étaient glacés... Il Téveilla, la fit rentrer dans la chambre cVEdgard , et le brasier du foyer, promptement ranimé , dissipa par degrés Fengourdissement des membres de la pauvre Marseillaise.. .

— Quel motif, mademoiselle, dit vivement Alphonse , a donc pu vous porter à passer la nuit exposée à toute la rigueur d\m froid de cinq degrés.

— Ah! ce n^est rien, monsieur, répondit

Florette Une nuit est bientôt passée, et

M. Edgard n^a pas eu la fièvre cérébrale...

— Femme sans seconde '• dit Alphonse avec transport , vous êtes bian faite pour la donner à rhomme le mieux portant.

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