CHAPITRE VI
TÔPFFER ET XAVIER DE MAISTHE
e modeste maître de pension jouait de bonheur. Par rintermédiaire de Soret il avait obtenu pour ses dessins et ses caricatures le suffrage de Gœtbe; ses Nouvelles et ses Menus Propos allaient faire leur entrée dans le monde sous le patronage de Xavier de Maistre. Charmé par le talent de rauteur du Lépreux, Tôpffer lui avait envoyé divers opuscules inédits, et cela sous le voile de l’anonyme, comme un hommage respectueux d’un débutant tà un vétéran dans les lettres.
Cet envoi frappa l’attention de de Maistre, et il écrivit aussitôt à un Genevois de ses amis, M. Huber-Saladin ‘ :
' (Euv7'es inédites de Xavier de Maistre. — *2 vol. iii-12, Paris, Lemerrc. Cette lettre à M. Iluber est cvicleniment mal datée (12 novembre 1829); car elle parle de la Bibliothèque de mon oncle, qui ne tut écrite qu’en 1882.
RODOLPHE TüPFFER.
K Parmi les aimables habitants tle Genève dont je vous X ai parlé, il en est un que je voudrais bien connaître, '( c’est l’auteur de la Bibliothèque de mon oncle, charmant ‘i opuscule que j’ai lu avec le plus grand plaisir. Je l’ai (( reçu de Turin avec trois autres plus petits encore,
(( et dont le troisième est maintenant en course dans
>< Naples; il a le plus grand succès. Je pense que les
K quatre opuscules sont du môme auteur, qui se déclare
»( votre compatriote... vous le connaissez sans doute. Je vous « prie en ce cas de lui dire que, malgré sa supériorité en K llanerie, j’ai quelques droits, en ma qualité de flâneur « reconnu, de taire sa connaissance, et pour le lui prouver « je lui apprendrai que j’ai un genre, une manière de flâner K qui m’est particulière et que peut-être il ne connaît pas : elle consiste â m’approprier les ouvrages qui me plaisent, « sans m’en apercevoir, et â m’imaginer que c’est moi qui « les ai faits; cette illusion va au point que lorsque j’entends quelqu’un faire l’éloge d’un livre de quelque genre K que ce soit, pourvu qu’il me plaise souverainement, <( j’éprouve un mouvement d’amour-propre satisfait qui me (( rend très heureux. En conséquence j’ai fait lire les opus- '( cilles à tous les Français distingués qui sont ici : M. de « la Ferronays et sa famille, M. et Mme de Marcellus les K ont goûh's comme moi, et lorsqu’on en fait l’éloge, je « souris modestemeut, et je crois même que je rougirais,
K si mon sang n’était pas déjà un peu coagulé'. »
' (Hinrcs hiéiUtcs de Xueicr de Maisire, ;i\tc nue élinlc et des notes par Eugène fîéaiinie. — ^2 vol. in-12. l'aris, Lenierre, 1872, tome 1, pages 161 et suivantes.
l’aotivttk littéraire.
Un des opuscules envoyés par TopITer était évidemment le manuscril du premier livre du Traité aur le lavis, car de Maisire ayant a|)pris le nom de l’écrivain genevois lui envoya, avec une letlre des plus llalleuses, un superbe bâton d’encre de Cbine, en souvenir des pages cbarmantes qu’il avait écrilcs à ce sujet. Ainsi commença la liaison entre les deux éciivains; la nature de leur talent, la similitude de leurs goûts, leur passion commune pour la peinture, devait les rapprocber toujours davantage. Comme on l’a dit : « Tl y a des artinités qui ne trompent point, des parentés qui se devinent à distance. » A mainte reprise on trouve dans la corres|)ondance de Xavier de ATaistre des jugements sur les œuvres de Topiïer; on voit qu’il le suit dans sa carrière littéraire avec alïe.ction, avec sollicitude.
A partir de l’année 1838 jusqu’à l’année 184G on compte plus de cinquante lettres adressées par Topffer à de Alaistre, et autant de Xavier de Maistre à TüpfTer. On comprend quel intérêt présenterait la publication de cette correspondance. Malheureusement les familles des deux écrivains s’y opposent formellement, et il faut nous contenter d’une seule lettre de ToptTer retrouvée dans les papiers de Al»>e de Marcellus. Nous en citerons plus loin d’importants passages.
On se souvient de l’aimable phrase de Xavier de Alaistre; il disait qu’il s’imaginait être l’auteur des ouvrages qui lui plaisaient souverainement. Ce n’était point là une simple formule de politesse. Lorsque l’éditeur Charpentier, qui faisait paraître une nouvelle édition de ses œuvres, lui
RODOLPHE TÜPFFER
demanda s’il n’aurait point à y ajouter quelque morceau inédit, l’auteur du Vnijaxfe autour de ma chambre lui répondit : (f J’espère, Monsieur, vous avoir persuadé de l’impos- « sibilité où je suis d’ajouter quelque cbose à mon petit « recueil, cependant le désir que j’ai de répondre à votre « bonne intention m’engage à vous envoyer des opuscules (( que je viens de recevoir, et qui pourraient faire suite aux (( miens. Ne pouvant vous olîrir des ouvrages que je n’ai « pas eu la possibilité de faire, je vous recommande ceux-ci que je voudrais avoir faits. Je ne connais pas l’auteur, K M. Topffer de Genève, autrement que par le plaisir que « m’a donné leur lecture, et je suis sûr que vous le parta- « gerez ainsi que vos lecteurs, si vous les publiez; vous « pouvez surtout les recommander aux lecteurs qui, se « trouvant encore sous l’impression de quelques-uns des « drames terribles du moment, voudraient se reposer agréablement au moyen d’une lecture qui les fera presque (( à la fois sourire et verser de douces larmes. »
Puis une fois celte idée bien arrêtée, il décide avec Tôpffer de faire quelques retouches qu’il juge nécessaires, retouches de style, suppression de quelques expressions triviales. Ceci naturellement devait rester un secret entre les deux amis. On ne sait comment Sainte-Beuve eut vent de la chose, et il en parla dans un article sur Xavier de Maistre dans la lievue des Deux Mondes.
Ce fut la première fois que l’illustre Revue mentionna le nom de Topffer (mai 1839), et celui-ci s’en montra fier à juste titre; aussi s’empressa-t-il d’écrire à Munier : « A toi.
l’activité iattéraire.
« notre cher confident en les choses littéraires, salut. — En appendice aux communications... relatives aux aima- » blés gracieusetés de M. de Maistre, nous te faisons savoir que tout à l’heure, feuilletant la li ente des Deux Mondes, « cahier de Mai, à la Société de Lecture, nous y avons vu <( un très charmant article sur le dit M. de Maistre, et que « le feuilletant avec un intérêt tout désintéressé, nous y (f avons vu avec une surprise fort agréable notre nom obscur « ainsi encadré :
« 11 (M. de Maistre) aimait à parler avec éloges d’un <( écrivain genevois spirituel, qui est un peu de son école « pour le genre d’émotion et pour l’humour. Quand (( on lui demandait s’il n’avait pas quelque dernier « opuscule en portefeuille, il répondait en désignant le « Preshylère, XHhilaye, la Bibliothèque de mon Oncle, la « Traversée, le Col d’Anlerne, le Lac de Gers, un choix enfin « des meilleurs écrits de Tôptfer, et en désirant qu’on les « fît connaître en France. On aurait l’agrément de l’auteur « pour ôter çà et là deux ou trois taches, car il y en a quel- « ques-unes de diction et de ton. Si cette petite contrefaçon « à l’amiable a bientôt lieu, on la lui devra. »
« J’en ai conclu : 1® que M. de Maistre est un homme « aussi bon et aussi aimable que ses écrits le peignent;
2“ que cette édition est eu bon chemin et en bonnes « mains; 3® que ce ion indulgent m’a fait un très vif " plaisir; 4® que s’il m’arrivait d’être un peu connu et " goûté en France, cette satisfaction-là tirerait tout son prix « du mode par lequel j’y serais arrivé, et de ce que je
RODOLPHE TÜPFFER.
« n’aiirais pas fait un mouvement pour y parvenir. — <( Tu vois que je t’ouvre le fond des arrière-fonds de la boîte
« de mes amour-propres et vanités l’oubliais le plus gros,
« c’est que te dit article est signé en majuscules : Sainte- « Beuve. )>
On voit que Topffer n’était point froissé de la phrase du critique sur les tacbesde diction et de ton. Xavier de Maistre, au contraire, en fut très piqué et très méconteni : « M. de
Sainte-Beuve ne sachant comment remplir la tâche insi-
gniliante et difficile de ma biographie, y annonce les opuscules de mon cher l’üp (Ter, et dit qu’en reirancbant quelques^ taches de style et de ton ils auront du succès. Ces corrections devaient être un secret entre nous... M. Topffer en a été, comme de raison, vivement l)lessé, et moi plus encore, qui perds l’amitié d’un homme que j’estime et dont j’admire le talent*. »
Xavier de Maistre s’alarmait à tort; Topffer lui écrit le 21 novembre 1839 : « Je n’entends |)lus rien dire de M. de (f Sainte-Beuve et de M. Charpentier, mais gardez-vous de (( vous imaginer que je m’en soucie en aucune façon, ou « qu’à aucun prix j’allasse leur rappeler leur ancien projet « d’éditer mes bluettes. Plus j’avance, plus je suis content « de n’avoir aucun rapport avec critiques, éditeurs, gazettes, « etc., d’écrire dans l’obscurité pour ma récréation, sans « aucune idée de spéculation, sans aucune prétention de (( célébrité, d’être un maître d’école qui écrit, et non pas « un auteur qui est maître d’école. C’est grâce à cette
lEni'i'efi hiédiles île Xavier de Muiftlre citées plus liant ; tome II, p. 120 et 125.
l’activité littéraiee.
(( méthode que des critiques quelquet'ois un peu virulentes, <( et qui me supposent des prétentions que je n’ai point, K m’amusent dans ce qu’elles out de faux et ne m’irritent <( point dans ce qu’elles ont de juste, tandis que le suffrage (( indulgent et amical de quelques esprits distingués me « cause un vif plaisir, et que les éloges, de quelque part (( qu’ils me viennent, ne me font point de peine. »
Tôpffer annonce ensuite à son correspondant qu’il va fai re publier ses œuvres littéraires sous le litre de Nouvelles cl Mélanges.
Elles parurent en effet en 1839, précédées de la lettre de Xavier de Maistre à Charpentier que nous avons citée plus haut.
A dater de ce moment surtout la correspondance entre les deux écrivains devient plus fréquente et plus régulière. De Maistre en est enchanté; il déclare que les lettres de Tôpffer sont pleines de choses, et sa manière de penser tout à fait analogue à la sienne. A celte époqne-là précisément la vicomtesse de Marcellus, son amie, se trouvait de passage à Genève, et elle rendit visite à l’auteur des Nouvelles genevoises. Elle venait beaucoup pour voir Tôpffer, et un peu pour le prier de rendre compte d’un ouvrage de son mari, le vicomte de Marcellus, sur l’Orient.
E’cnlrevue laissa un souvenir très vif dans l’Ame de notre écrivain, et il ne sait comment témoigner à sa visiteuse sa reconnaissance et son admiration.
(( Sa figure, écrit-il à M. de Maistre, est de cidles qu’on « n’oublie pas, et les qualités du cœur dont vous me
« parlez s’y devinent. Elle représente pour moi, qni, je U l’avone, ne connais la société française que par les livres, U et lin peu par quelques parents d’élèves à qui j’ai affaire, « ce type élégant, digne et pur, qui tend à se perdre et qui »< ne sera bientôt plus que dans le souvenir de quelques « personnes. On dit que les rois s’en vont, je trouve que (( ce qui est plus vrai, en France même, c’est que les (( femmes s’en vont. »
Il va sans dire que Topffer promit à M""® de Marcellus de parler des Souvenirs de l'Orient, et c’est de cet ouvrage qu’il s’entretient dans une de ses causeries écrites avec de la Rive : « En lisant ces deux volumes je m’y suis
« intéressé si bien que cela m’a mis en train Tant
« il y a que sans pouvoir vous assurer que mon article soit bon, je puis vous certifier que je l’ai écrit avec « plaisir, que je vas le finir avec le désir que la fin « réponde au commencement, et que fini, je vas le « bicbonner de façon que la loupe de tous ces roquets de « puristes (à Genève, c’est énorme ce que nous avons de <( puristes, et il n’y a guère que moi qni n’y sache pas le
« français), n’y trouve pas un poil à reprendre Je suis à
« riieure qu’il est, de compte fait, en correspondance « active avec une vicomtesse, avec deux comtesses et avec »< un comte, et en chemin vers nne antre comtesse, à *( savoir : comte Maistre (bien aimable), vicomtesse de « Marcellus (bien belle) , comtesse de Divonne (figure inconnue), comtesse de Virieux (id.), etc.
« donc aura paru cet article, je m’attends à être
l’activité littéraire .
« porté à la députation par le parti carliste. Croyez-vous (( qu’il y ait beaucoup de pères de famille dans une position (( sociale à comparer à celle-là? Je veux parvenir à être un (( jour comme X., de Genève, lié avec tout ce qu’il y a de (( mieux, et je m’appellerai de la Molinière de Saint- « Antoine'. »
L’article sur les Souvenirs de l’Orlenl du vicomte de Marcellus parut en novembre 1839, et il méritv de fixer quelques instants notre altenlion.
Comme dans presque tout ce qui est sorti de la plume de notre auteur, ou y rencontre des vues originales, et une manière pittoresque de dire les choses. Il prétend d’abord que l’épigraphe d’un livre instruit mieux que la préface, « pas tant sur le livre, mais sur l'auteur, pas tant sur le « mérite de l’ouvrage, mais sur l’espèce de prétenlioii qui <( est celle de l’écrivain : profondeur, sublimité, sentiment, « esprit, originaliti' impayable. L’épigraphe, pour un nez un (( peu exercé, fleure toutes sortes d’odeurs : suaves, com- « mîmes, ambrées, fétides, uauséaboudes, en sorte que, « averti par son organe, l’amateur, ne se baisse pour « cueillir, qu’autant que l’organe lui signale le parfum « d’uue Heur \ »
Il se demande pourquoi si peu de gens savent rendre la poésie des choses, et il pense que c’est précisément parce
' Du nom de sa femme (Moulinié), et de l’endroit où il lialiilail (place Saint- Antoine).
^ BibUolhèijne umversellr de mai 1830; cet article, n’a pas été réimprimé dans les Œuvres couiplcles.
qu’ils vont la chercher, et que la poésie se trouve, se rencontre, elle ne se cherche pas. Peu importe que le voyageur soit savant ou ignorant, il vaut peut-être même mieux qu’il soit ignorant! comme il aura des impressions plus fraîches, il s’intéressera davantage aux choses qu’il voit et qu’il raconte. ïôplTer montre toute l’impuissance des procédés, des richesses de la description, des artifices du style, tandis que chez certains autres, « un seul trait naïf, une observa- « tion imprévue, ce neuf qui fuit souvent les esprits éclai- « rés et subtils pour se tenir tout à côté des esprits simples « et ingénus, nous frappe, nous captive, heurte aux « retraites secrètes de l’ame, et y fait naître ce sourd et <( vague ébranlement que nous nommons la poésie de « l’ame, parce qu’elle est en effet le son que rend dans « l’âme la poésie des choses. »
En revanche, il faut se méfier des voyageurs lettrés qui imaginent leurs souvenirs, inventent leurs impressions et combinent leurs aventures. Et Topffer se fait un malin plaisir de citer quelques paragraphes écrits par de tels voyageurs sur sa ville natale, sur Genève. Il est positif que ces appréciations d’Alexandre Dumas et de Victor Hugo ne donnent guère l’idée du pays qu’ils ont voulu dépeindre. — Ces réflexions précèdent un résumé du livre de M. de Marcelhis, émaillé de citations charmantes, et chemin faisant, Topffer, toujours friand de digressions, en vient à parler d’Homère; ce nom lui inspire les lignes suivantes, qn’il serait regrettable de laisser tomber dans l’onhli ;
l’activité littéraire.
« Homère, si grand peintre, si admirable philosophe, si « r’iche historien^ est encore plus que tout cela le poète de « l’humanité entière, l’interprète unique en expression et « en vérité, de tous les sentiments naturels, de toutes les « impressions simples, de tout ce qui est dans tous les « cœurs, et de ce qui y est éternellement. Une fois senti ce « poète, une fois compris ce langage, il n’en est plus « d’autre; et alors naît, alors croît, pour croître encore à « mesure que s’étendent les sentiments et se complète la « vie, cette admiration pour le vieux chantre à laquelle il « faut bien donner le nom de culte, puisqu’entin elle est (( enthousiaste, pleine de foi, mêlée de reconnaissance et « d’amour. Et tandis que l’admiration pour les autres « poètes est capricieuse, inconstante, et qu’elle a bien sou- « veut besoin pour se satisfaire, de se produire, ou jouil « d’Homère seul à seul, comme d’un intime ami dont le « commerce réjouit, console, éclaire, dont la seule présence « plaît, dont la voix seule est un murmure cher à l’oreille « et doux au cœur. »
D’année en année, les liens d’amitié entre Toplfer et Xavier de Maistre se resserrèrent; mais les deux écrivains ne devaient jamais se voir. De Maistre regagna Saint- Pétersbourg, où il apprit la maladie et plus tard la mort de ce fidèle correspondant, qui, plus jeune que lui de trente-six ans, devait le précéder dans la tombe. Lorsqu’il connut la gravité de son état, il chargea M*"® de Marcellus d’offrir à son cher Toplfer un dernier témoignage de sa sincère amitié, dont il espère, ajoute-t-il, la conti-
nuation dans un meilleur monde, à une époque qui ne peul pas êlre très éloignée.
Il nous a semblé que la rencontre de ces deux charmants esprits valait qu’on s’y arrêtât quelques instants. Mais nous ne voulons pas clore ce chapitre et ce que nous avions à dire du Presbytère, sans faire un dernier emprunt à la lettre de Tôpfter à de Maistre : « Le Presbytère, lui avoue- (( t-il, est le plus gros et sera toujours pour moi, très '( indépendamment de son plus ou moins de mérite ou de « défauts, le plus cher de mes enfants. Et ce livre-là, bien <( que j’en aie fait paraître le premier livre cinq ans avant « les autres, je l’ai conçu d’une pièce. Il vous plaira bien (( peu, je le crains.
>( Pourquoi j’y suis affectionné ? C’est parce que j’y '( ai vécu beaucoup, parce que j’y ai voulu peindre les (( mœurs de ma patrie, et sans autre ambition que celle (( d’obtenir te suffrage de mes concitoyens, surtout de « la masse, chez qui ces livres-là, tirés du terroii', ren- •< forcent en le flattant un peu, l’esprit de nationalité, la (( seule sauvegarde et le précieux bien des petits pays; (( parce que j’y ai peint un gredin à qui ressemblent beau- « coup de gredins moins noirs pourtant, parce que dans « les lettres de ce gredin j’ai employé un idiome fort vul- K gaire, mais qui a le charme (le défaut, pour les étran- « gers) d’être l’idiome natal; et dans /es lettres de Reybaz (( un français un peu ancien et libre que j’aime par-dessus
tout; parce que je m’en suis donné à cœur joie, et d’étu- « dier des caractères, ce que j’aime merveilleusement, et
l’activité LITl’ÉR aire .
« tic larmoyer vers la fin, ce que j’aime encore Voilà
a pourquoi. Vous voyez que mes motifs sont drôles et ne « concluent que pour moi. Ce serait par trop commode « qu’on put conclure pour les autres. »
« Les autres » surent fort bien conclure dans le même sens, à commencer par Sainte-Beuve, qui déclarait que le Presbytère « gardait poiu* les critiques comme lui un intérêt « prolongé, et un mérite d’art auquel Tôpfîer ne s’était >( jamais élevé jusque-là. »