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Bacon, d’accord avec son temps sur quelques points secondaires, s’en distingue sous tous les autres rapports, et cependant on ne peut le prendre pour un esprit méditatif qui, éloigné de la réalité et perdu dans les sphères idéales, rêve une réforme impossible. Ce n’est pas un utopiste; il ne perd pas de vue un seul instant l’application de sa doctrine, les moyens de la propager; il prévient les objections et les obstacles qu’on va lui susciter. Pour réussir, il ne lui faut que l’appui d’un pape ou d’un prince; il le répète à chaque instant, et du fond de sa cellule où il reste captif, ce moine songe à renouveler le monde, à précipiter la marche des siècles, et ne demande qu’un peu d’argent et surtout le concours d’une
(1) Cnmp. philos., 1* Pars., cap. V. (V. ci dessous, V« partie, chap. V.)
SA MÉTHODE
autorité que les hommes respectent : « On n’y parviendra, s’écrie- » t-il, que si le pape ou quelque roi magnifique, comme le roi de » France, veut bien y concourir. » Tout est à faire, mais rien n’est désespéré; il y a de par le monde des hommes disposés à entrer dans la voie qu’il indique; mais les uns, comme maître Pierre, dégoûtés de la sottise universelle, se sont cloîtrés dans la solitude et se font un plaisir de garder pour eux leur science et leurs découvertes ; les aulres, comme Bacon lui-même, sont retenus par le manque d’influence et de ressources. Beaucoup sont vieux; il serait difficile de les ramener au travail et de leur faire quitter leur retraite, où ils vivent en paix dans la contemplation pleine de charme de la sagesse finale, agunt in suis locis in pcice, cum delectalione islius sapientice finalis. Ces soldats dispersés deviendraient une armée sous les ordres de Bacon, et changeraient la face du monde. En tout temps, il y a des hommes disposés à travailler, mais on ne les soutient pas. Les princes et les prélats latins sont d’une indifférence coupable. Ils devraient rougir en songeant combien chez les infidèles et chez les païens la science était vénérée et protégée par les puissants. 11 faut se mettre à l’œuvre, composer des traités abrégés, traduire les anciens, chercher les livres rares, envoyer en Orient comme le faisait Robert, retrouver les sciences d’autrefois, les compléter, y ajouter; ne sommes-nous pas chrétiens, et ne rougissons-nous pas d’être si peu de chose en savoir auprès de l’antiquité? Il faut, en outre, construire des instruments de toute sorte, faire des expériences continues, dresser des tables astronomiques, instruire des enfants, des jeunes gens, car les vieillards répugnent à s’occuper de calculs et de figures ; il faut reprendre la société par la base, réformer l’éducation ( 1 ) , envoyer des missionnaires instruits par toute la terre que nous ne connaissons pas, et dont Bacon essaie une description qui n’est pas sans mérite. Quelle gloire s’acquerra le prince à qui l’univers devra un pareil changement! Quant à lui, Bacon, il est incapable de suffire à cette grande œuvre; il ne veut qu’indiquer le but, susciter de
f1) Op. lert.j cap. VIII cl XV.
KOGEH BACON
nouveaux efforts ; il apporte le bois et les pierres, d’autres construiront l’édiüce (').
11 y a, au milieu de tout cela, une loi ardente qui s’impose au lecteur. Cet homme a été vraiment inspiré par une grande idée, qui nous émeut encore après tant de siècles qui l’ont vieillie en la réalisant. Orgueilleux à l’excès, il humilie devant lui ses contemporains, et préfère un seul de ses livres à tout ce qu’ils ont écrit; mais il n’en convient pas moins qu’il sait peu de choses, que la science est à son aurore; il viendra un temps, dit-il avec Sénèque, où nous passerons pour des ignorants. « Quand un homme vivrait » pendant des milliers de siècles dans cette condition mortelle, » jamais il n’atteindrait à la perfection de la science; il ne saurait » se rendre compte aujourd’hui de la couleur, de la nature, de » l’existence d’une mouche, et il se trouve des docteurs présomp- » tueux qui croient la philosophie achevée. ? Il fait bon marché lui-même de sa science, et il pousse le mépris pour la scolastique jusqu’à se rabaisser et à donner sa tête pour garant qu’en moins d’un an il rendra le premier venu aussi savant que lui, qui a passé quarante années à un travail assidu. Jamais la scolastique n’a entendu de paroles si dures, n’a été l’objet d’un dédain si profond; il ne la discute pas, il la supprime; ce n’est pas une lutte, c’est une simple négation. Et quel amour pour la science! Qu’il aurait bien mérité de la voir débarrassée de ses obstacles et marchant enfin d’un pas assuré, celui qui a dévoué sa vie à la glorifier, à la réconcilier avec les préjugés et les défiances, à la mettre sous la protection de Dieu lui-même, son premier auteur. Quelle verve inventive pour intéresser ses contemporains! Convertir les infidèles, ramener les Grecs, supprimer par des moyens nouveaux les ennemis obstinés des chrétiens, détruire le péché dans sa source, assurer l’influence de l’Église dans les conseils des princes. Tant de magnifiques résultats ne séduiront-ils pas le Souverain Pontife? Il va jusqu’à retrouver, pour les besoins de sa cause, la théorie socratique de l’ignorance, qu’il identifie avec le mal.
f1) Cüinm. nal.j la Pars., cap. II.
« Négliger la science, c’est négliger la vertu ; l'intellect éclairé de » la lumière du bien ne peut pas ne pas l’aimer, et l’amour ne « nait que de la science. La raison, voilà le guide d’une volonté » droite; c’est elle qui nous dirige vers le salut. Le vrai et le bien, b c’est tout un même. Pour faire le bien, il faut le connaître; pour j> éviter le mal, il faut le discerner. L’ignorance est la mère du b péché. L’homme entouré de ténèbres se jette dans le mal, comme 3 l’aveugle dans une fosse; l’homme éclairé, au contraire, peut bien b négliger son devoir, mais sa conscience a des retours salutaires, b des repentirs et de fermes propos ( 1 ) . » Que dira de ces propositions le mystique Bonaventure, qui soutient au même moment que l’amour est la condition de la science et son unique instrument?
Tout convaincu qu’il est, il ne veut pourtant pas imposer ses idées par la violence et la contrainte. S’il dénonce au Saint-Père l’ignorance et la vanité des grands docteurs, c’est un devoir pénible qu’il remplit et qui l’oblige envers l’Eglise, la vérité et luimême, qu’on n’a pas épargné. Il semble se défendre autant qu’il accuse : « Mon intention, dit-il, n’est pas de vous engager à cor- » riger par la force la multitude et ses chefs ; je ne veux pas même b lutter avec eux ; mais si Votre Sagesse veut qu’on communique » aux savants d’abord un exemplaire de mon ouvrage, puis insenb siblement à tous ceux qui le demanderont, sans forcer personne, * je suis sûr que tout le monde voudra le connaître. Il y a des b sciences qu’on peut divulguer sans danger, telles que la logi- » que, la physique ordinaire, l’alchimie spéculative, la mathématib que, la perspective théorique, la philosophie morale. Quant aux b autres, elles sont plus secrètes; il ne faudrait pas les révélera la s foule, qui peut en faire un mauvais usage (2). b
En attendant qu’il trouve un protecteur, il ne reste pas inactif ; travaillé du désir de s’instruire, il ne néglige rien à une époque où la science n’était pas facile, où elle ne venait pas au-devant de ses amis, mais où il fallait la chercher à grands frais et avec de longs
0) L>1 ). lert., cap. I.— Cf. Comm. nul., la Pars.; Comp. Philos., cap. I.
(2) Op. un., cap. XVII.
efforts. « Dès ma jeunesse, j’ai travaillé aux langues et à toutes les » sciences dont je parle; j’ai recueilli tout ce qui pouvait servir à » mon but, et je me suis mis en rapport avec toutes les personnes » qui pouvaient m’éclairer; j’ai cherché l’amitié de tous les sages » parmi les Latins; j’ai fait instruire des jeunes gens dans les lan- » gués, le calcul, le dessin, l’art de dresser des tables, de cons- 1 truire des instruments et dans les autres connaissances néces- » saires. Je n’ai rien négligé; je sais comment il faut procéder, » avec quels auxiliaires et contre quels obstacles, mais le défaut de » ressources m’arrête. Si pourtant chacun faisait comme moi, on » serait bien près d’arriver à bonne fin, car, en vingt ans, j’ai dé- » pensé plus de deux mille livres ('). » Que n’eût pas fait un tel homme si ses moyens avaient été à la hauteur de sa volonté! Heureux Aristote, pensa-t-il souvent, d’avoir eu pour élève un roi puissant qui mit à son service et ses richesses et des milliers d’auxiliaires, qui recherchèrent dans tous les pays du monde les animaux et les plantes, et fournirent ainsi une ample moisson à sa curiosité et à ses études! (2). Sa vie s’est consumée à chercher un protecteur, quelque puissant de la terre, quelque prélat, quelque prince; comme un de ses successeurs, il est prêt à dire au souverain : « Défends-moi avec le glaive, je te défendrai par parole et par écrit . »
11 se préoccupe aussi de la première éducation des enfants; on avait rédigé pour eux la Bible en mauvais vers latins qui la défiguraient, et on y joignait les métamorphoses d’Ovide. Ne vaudrait-il pas mieux leur mettre en main l’Évangile, les épitres, les livres de Salomon, et surtout les livres de Sénèque? A quoi bon leur apprendre qu’il y a plusieurs dieux; que les hommes et les étoiles sont des dieux, et leur inculquer des idées superstitieuses et des maximes corrompues. Qu’on leur enseigne plutôt la morale ancienne, si belle et si pure, et dont l’oubli est une des causes de l’allaiblissement des esprits! Il faudrait aussi, pour l’éducation, des hommes
(1) Op. tert., cap. XVII.
(2) Comm. nat., cap. III, cl ailleurs encore.
SA MÉTHODE
sérieux qu’on ne déciderait pas à cette tâche ingrate sans leur assurer de grands avantages (‘). En proscrivant Ovide, il ne donne pas l’appui de son opinion à ceux qui voudraient exiler l’antiquité païenne de nos écoles et lui enlever l’éducation des esprits; s’il bannit Ovide, il appelle Sénèque, l’un des hommes qu’il a le plus admiré et qui a eu sur son génie l’influence la plus visible.
Malgré son orgueil et sa confiance en lui-même, Bacon ne s’est pas fait illusion sur les haines et les oppositions qu’il soulèverait de toutes parts. Il a prévu et réfuté d’avance les objections de ses ennemis. Il faut l’entendre, dans YOpus tertium (2), se demander à lui-même compte de sa hardiesse. Attaquer l’autorité, n’est-ce pas une nouveauté dangereuse? non; les sages savent que la foule à toujours eu tort. Mais les saints ne réprouvent-ils pas ses doctrines, les sciences qu’il préconise ne sont-elles pas couvertes de mépris? C’est que les saints les ont mal connues, c’est que les contemporains ne possèdent que des parties de la physique, de la logique et de la métaphysique, des sciences inférieures, ose-t-il dire, scienciœ minores (3). Mais enfin, Gratienet les saints le condamnent formellement. « Je réponds, s’écrie-t-il, qu’il n’y a jamais » eu de temps où les nouvelles idées n’aient soulevé des contra- « dictions, même de la part des saints et des gens de bien, sages » sous d’autres rapports, mais non pas à l’égard des vérités qu’ils » désapprouvent. Ce sont des saints, Aaron et Marie, qui se sont » opposés à Moïse ; ce sont des saints qui se sont soulevés contre » saint Jérôme, à propos de sa traduction de la Bible, l’ont appelé » faussaire, corrupteur, et, comme saint Augustin, l’ont chargé » d’injures. Après lui, sa traduction en a-t-elle moins prévalu et » n’est-ce pas celle dont toute la chrétienté fait usage? Après la » mort de saint Grégoire, on a voulu brûler ses livres, modèles » de sainteté et de sagesse. Il y a environ quarante ans, les théo- » logiens et l’évêque de Paris et tous les sages ont condamné et » excommunié les livres de physique et de métaphysique d’Aris-
(*) Op. tert., cap. XV.
(*) Cap. IX et sq.
(3) Op. tert., cap. IX : « Hæ sunt minores et viliores scientiæ (logica et metaphysica). »
nor;rcn bacon
» tote, qui maintenant sont approuvés de tout le monde, et loués » pour la pureté de leurs doctrines. N’y avait-il pas aussi des » sages et des saints parmi les Juifs, lorsque Notre-Seigneur a été * crucilié, et pourtant tout le monde l’abandonna, à l’exception » de sa mère et de saint Jean, et encore sa mère seule lui resta-t- » elle fidèle I Tant est grande la fragilité humaine! Les saints n’en » ont pas été exempts; plus d’un a renié le Christ en face des sup- » plices. Le peuple a encensé les idoles, et la crainte a été plus » forte que la foi. Faut-il s’étonner qu’ils condamnent quelques » parties de la philosophie qu’ils ne connaissent pas, ou qu’ils » tiennent en suspicion pour des motifs qui n’existent plus. Som- » raes-nous encore au temps où ils vivaient (*)?
Nous avons longuement insisté sur les idées générales de Bacon, sur ses rapports avec les choses et les hommes de son temps, sur les traits qui pouvaient le mieux nous peindre son caractère. Il y a des hommes pour qui cette enquête est inutile; ils sont tout entiers dans un système qu’il suffit d’analyser et d’exposer. Notre philosophe n’est pas de ceux-là; la meilleure partie de sa gloire n’est pas dans une doctrine, mais plutôt dans une méthode, ou pour mieux dire dans une critique. Il vaut moins par ce qu’il u fondé que par ce qu’il a tenté de détruire. Sa plus grande découverte, c’est celle des faiblesses et des défauts de la scolastique; son originalité, c’est d’appartenir le moins possible à son temps.
Il est certain qu’en plein xme siècle, la scolastique a rencontré un adversaire intraitable, qui, servi autant peut-être par son orgueil que par son génie, en a signalé les principaux défauts. Veuton résumer en quelques mots les reproches que, depuis le xvie siècle, on a adressés à cette philosophie aujourd’hui moins dédaignée
(*) Op. tert., cap. IX.
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parce qu’elle est mieux connue? Respect exagéré de l’autorité, subordination de la philosophie à la théologie, ignorance des systèmes qu’elle croit continuer, abus de la logique et des distinctions verbales, dédain des vérités pratiques, négligence de l’observation, discussions interminables sur des questions oiseuses ou insolubles, discrédit de certaines sciences, oubli des grands monuments de l’antiquité, formes repoussantes des ouvrages, voilà les principales idées que réveille, pour tout homme instruit, le seul mot de scolastique. Ces défauts ont frappé Bacon comme s’il les avait contemplés à distance; pas un n’a trompé sa sagacité ni échappé à son ironie. En face de l’autorité, il a posé, aussi hardiment qu’on l’ait jamais fait, le principe de la liberté de penser; et, obligé d’indiquer le mal qui depuis longtemps tarissait la science dans sa source, il l’a montré du doigt et n’a pas craint de l’appeler par tous ses noms : l’autorité, l’exemple, l’habitude, la routine. Chrétien convaincu, rien n’autorise à le contester; s’il ne sépare pas la théologie de la philosophie, c’est une alliance et non pas un esclavage qu’il propose à la dernière; il les regarde comme les deux rayons séparés d’une même clarté, et voit une vérité révélée partout où un grand philosophe a parlé. Respectueux pour Aristote, il finit, comme Ramus plus tard ('), par désespérer de lui; il se réserve le droit de l’apprécier et de le contredire; et convaincu qu’on le comprend mal, il croit que, tout balancé, il vaudrait mieux jeter au feu tous ses ouvrages. Il a pour la logique un goût très-modéré et ne la sépare pas de la rhétorique ; il prononce le premier ce mot expérimentation qui, à quelques siècles de là, va devenir le mot d’ordre de tous les physiciens. Il rêve pour les sciences ce que Socrate réalisa pour la philosophie; il les fait descendre du ciel et se mêler, pour le bien-être des sociétés, aux besoins les plus ordinaires de la vie commune; il ridiculise les longs traités et les trouve abominables; il exalte à l’excès la morale et la science des anciens, pour avoir le droit de reprocher à ses contemporains leur corruption et leur
(*) Il y a quelque ressemblance entre les idées et les destinées de ces deux hommes et leur tournure d’esprit. La grande originalité de Ramus n’est-cllc pas d’avoir préféré la rhétorique h la logique, et Bacon n'est-il pas aussi de cet avis?
barbarie ('). Et parfois aussi, concevant par l’imagination les progrès possibles de la science, il dédaigne le passé, s’écrie que l'édifice est à peine commencé, et répète avec Sénèque que nos petitsfils s’étonneront de notre ignorance et qu’un jour le vulgaire saura les vérités que cherchent vainement de grands philosophes. Il prend en pitié cette ignorance qui s’admire (2), et, rabaissant à l'excès l’orgueil naïf des savants, il leur répète sur tous les tons que la sagesse est morte, que le démon a répandu ses ténèbres sur le monde ; il se fait fort d’apprendre à un enfant tout le savoir des docteurs les plus renommés. Tout ce qui est méconnu l’attire; tout ce qui est vanté l’indispose et l’irrite; il met l’optique au-dessus de la logique, quelque inconnu, comme Guillaume de Shirwood, au-dessus du grand Albert, et enfin, le bon sens d’un homme simple et sans instruction au-dessus du savoir des maîtres les plus fameux (3). Avant les lettrés de la Renaissance, il recommande l’étude de la grammaire et celle des mathématiques ; avant Luther, il signale les erreurs de la Yulgate; avant les physiciens modernes, il ridiculise les causes occultes (4); avant Guillaume d’Ockara, il résout, on le verra bientôt, par une fin de non-recevoir, les grandes questions du temps, celle de l’universel, celle du principe d’individuation, et aspire à clore ce grand débat stérile qui s’agite. Il sent déjà passer le souffle delà Renaissance; il pressent, il appelle ce siècle réparateur, il indique les moyens d'en hâter la venue; il n’a pas tenu à lui que le réveil 11e fût plus précoce. Au milieu des misères du présent dont il est la victime, il a conscience des destinées de l’intelligence humaine, et du fond de l’obscurité il salue la lumière qui doit éclairer l’avenir. Le progrès n’a pas d’apôtre plus convaincu. L’esprit moderne ne doit-il pas quelque piété à l’un de ses précurseurs et de ses martyrs?
(*) Op. tert., cap. XV : « Mirum est enim de nobis chrislianïs qui sine comparatione suraus imperfectiores in moribus quara philosophi infidèles — »
(2) De mirabili Polestate, fol. 47.
(3) Op. maj., p. 16.
(*) Op. tert., cap. XXXI.