‹ Roger Bacon, sa vie, ses ouvrages, ses doctrines, d'après des textes inéditsChapitre 36 sur 53 · S66 ROGER BACON · texte numérisé non relu

S66 ROGER BACON

cercle, qu^il déclare connaître, lui sont communes avec des savants plus modernes, comme Nicolas de Cusa au xvi^ siècle. Il reste des débris plus considérables de ses travaux sur Tastronomie. Les historiens de la science ne les ont pas connus. Delambre lui consacre à peine quelques lignes, et déclare qu'on ne peut le mettre au rang des promoteurs de l'astronomie ; Montucla est plus sévère encore, et Bailly ne voit guère en lui qu'un alchimiste (^). Pourtant il est facile de montrer qu'il est le disciple intelligent des astronomes grecs, de Ptolémée et d'Hipparque, et surtout des savants arabes Âlpbraganus, Àlbategni, Thébith, Àrzachel, Âverroès, Âlpetragius, dont il expose avec clarté les systèmes, non sans les reprendre et les critiquer les uns par les autres. Sous ce rapport, le traité De cœlestibus ne manque pas d'intérêt.

Le monde se compose de corps divers et non pas d'un seul tout, comme le voulait la physique de Parménide et de Melissus ; de corps finis et divisibles et non pas d'atomes indivisibles et infinis en nombre, comme le voulait celle de Démocrite. C'est par des considérations mathématiques que Bacon établit ces deux vérités; la dernière avait déjà été soutenue par Aristote au premier livre de la Génération, mais on ne pouvait alors en comprendre la traduction ('). Ces parties finies et dissemblables de l'univers se partagent en deux classes par rapport au mouvement. Les unes sont animées du mouvement en ligne droite, ce sont les quatre éléments; les autres d'un mouvement circulaire, c'est le ciel, qu'on peut considérer comme un cinquième élément; ces cmq corps n'ont pas la forme que les platoniciens leur ont imposée, forme qui ne remplirait pas l'espace et laisserait pénétrer le vide dans les interstices du monde. Le ciel est sphérique et tous ses points équidistants de la terre ; le feu s'emboite dans le ciel, convexe de ce côté et concave du côté de l'air; puis vient la sphère de l'eau et de la terre, qui est au centre du monde ; elle est ronde, comme le prouve Bacon par

(^) Mooiaela, si consciencleox d'ordinaire, admire sortoat, dans l'Optit majuB, c la partie qai concerne l'iiiatoire natarelie ; » il n'y a pas un mot de cette science dans cel ODTrage. ,

(*) De eœlMiilmt Pars S*. Mss. de la Masarine.

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