‹ Roger-Ducasse, le musicien--l'Å“uvreChapitre 6 sur 13 · Introduction (Partition pour piano et clnnt : page · texte numérisé non relu

Introduction (Partition pour piano et clnnt : page

plus1 2... Bientôt passent au loin, s’approchent, puis s’éteignent, les voix de deux amants... A l’oreille de Faust arrivent, semblables à celles qu’il échangeait jadis avec Marguerite, leurs confidences d’amour-... Ils ont passé — comme autrefois, dans ce jardin, passèrent eux-mêmes les amants3. . la nuit est tombée... les Voix vont bercer le sommeil de Faust.

C’est la nuit. Dans le bruissement silencieux des soirs, une cloche lointaine, presque irréelle, semble élargir le silence... Faust alangui, reposé, écoute 4...

II. — L’air du jardin enchanté n'est plus que l’âme éparse de Marguerite ; tout y demeure plein de son souvenir, que disent les voix caressantes des fleurs qu’elle aima 5. Les Clématites et les Roses évoquent les jours heureux de jadis, remémorant ce qu’elles ont vu... les ombres enlacées, les lèvres unies, et la plainte lente si souvent répétée : « Je l’aime... un peu, beaucoup, si tendrement... » 6. Mais tandis que ces bonnes fleurs chantent la pureté des amours de Faust et de Marguerite, et se réjouissent d’avoir, par la douceur de leur haleine, contribué à enivrer les deux êtres, de les avoir incités à doucement s’aimer et à unir leurs deux âmes, de mauvaises fleurs — les fleurs du mal — glorifient l’âpreté de l’amour, l’ardente folie des étreintes, l’ivresse de la volupté charnelle — œuvre de leurs arômes troublants, de leurs parfums rares et poignants qui enchantent les sens 7 et font bondir

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