Les Marguerites (p
3. M. Louis Schneider [le Courrier Musical) accompagne les éloges qu’il fait de la partition musicale, des réserves que voici : « Le poème manifeste quelque indigence d’invention et de variété. Les idées en sont vagues. On ne voit guère de liaison entre elles, et leur forme manque par trop de discipline et d’originalité vraie. Aussi conçoit-on aisément qu'un tel défaut engendre une immanquable monotonie... Aussi bien les développements surabondants de cette œuvre font-ils peser sur elle comme un nuage persistant et languide, et l’embarrassent-ils de longueurs qui ne vont pas sans causer quelque lassitude à l'auditeur. »
4. P. i . — Elle s’ouvre par les trois notes en blanches et ronde qui est le thème de Faust — caractéristique par son intervalle descendant de quinte diminuée — et qui, servant de base à l’ouvrage, traversera toute la partition (voir notamment p. 24, 26 et suiv., i4a et suiv., ig3 et
solo, exprime « l'enivrante douceur et l’intense poésie du crépuscule » 1 (Rémy Bicqué, Y Echo musical). Deux amants passent derrière la scène, lointains. .. rapprochés.. . disparus. . , — dialogue délicieux et tendre 2 3 accompagné des murmures doux d’un chœur à bouche fermée, et qu’encadrent les Voix berceuses de la Nuit Le Contralto solo amoureusement récite les souvenirs impérissables du jardin et de ses deux héros 4 ; tout cela est fait de charme alangui, de douceur langoureuse, expressive. Les voix, calmes et douces, reprennent l’invocation à la nuit, et tout, graduellement, s’éteint dans le silence du soir 5 6.
L’Interlude symphonique qui suit est une conclusion à cette première partie de l’œuvre 15 : sur les harmoniques diaphanes des altos et violons divisés monte peu à peu un thème de discrète poésie que développe la voix tendrement expressive et voilée du cor ; de ces langeurs harmonieuses, expression d’une sensibilité délicate, se dégage, vapeur de
1. P. 5. — Les deux phrases qui débutent et commentent « \oici la nuit » constituent le thème des Voix de la Nuit, se reproduisant à chaque fois que la nuit du jardin, cadre de l’action, sera évoquée (voir principalement p. 21 et suiv., 29 et suiv., 34, 160 et suiv.)
2. P. 18. — Cet épisode emprunte le thème des Voix de la Nuit (p. 21 ).
3. P. 23. — Il y reparaît le thème des Voix de la Nuit (p. 2 3-2 4 ) et celui de Faust.
4. P. 25. -- Sitôt qu’est prononcé pour la première fois le nom de Marguerite (p. 26), apparaît un thème plaintif et tendre : le thème de Marguerite ; il est accompagné du thème de Faust (qui est encore rappelé p. 27 et 29). Ce motif de Marguerite se retrouve principalement p. 45 et suiv., 54 et suiv.T 76, 85 et suiv , 1 1 4 , 119, 1 43, ioo, i58 et