‹ Rois et serfsChapitre 46 sur 87 · Chap. XLV, § 1438 ; t. II, p · texte numérisé non relu

Chap. XLV, § 1438 ; t. II, p

2. Cf. Aug. Molinicr, Correspondance adminislralive d'Alphonse de Poitiers iPf'c. inédits), II, in-4, Paris, 1900, p. xx.

les registres de la Chancellerie de France. Voyons ce qu'il y trouvait.

La Chancellerie avait autrefois possédé un formulaire, fournissant à ses notaires des modèles pour toutes sortes d'actes. C'était le recueil compilé, sans doute sous Philippe le Hardi, par maître Jean de Caux ^. Il fut égaré avant 1318 et vraisemblablement vers la fin du règne de Philippe le Bel ^. Nous n'en avons plus que la table ; nous apprenons par elle qu'il ne contenait pas moins de trois types différents de manumissions ^. On aimerait à connaître les préambules choisis par Jean de Caux et à savoir s'ils influèrent sur celui de 1315. Mais, à moins d'une découverte bien imprévue, notre curiosité sur ce point ne sera jamais satisfaite.

Même au temps où l'œuvre de maître Jean existait encore, cet instrument de travail unique ne pouvait suffire à la Chancellerie. 11 ne semble pourtant pas que ses gens aient jamais disposé d'autres formulaires. Mais ils avaient imaginé, pour y suppléer, un curieux système qui a été mis en lumière par M. Langlois *. On sait qu'ils tenaient des registres où ils gardaient copie des pièces expédiées au nom du roi. De quelques-uns de ces registres ils établirent des doubles ; et ils munirent les exemplaires en supplément ainsi obtenus de tables d'un genre spécial. Au lieu d'analyser avec précision les documents contenus dans le volume, elles se bornaient pour chacun d'eux, supprimant tout nom propre, à indiquer sa nature : anoblissement, amortissement, confirmation de rente, etc. Ainsi le notaire qui avait reçu l'ordre de rédiger un acte d'une espèce déterminée, n'avait qu'à les parcourir pour trouver tout de suite un modèle. Elles signalaient même le plus souvent les textes particulièrement dignes d'être imités par des mentions élogieuses : boiia, valde bona, etc.

1. Etudié par M. Ch.-V. Langlois, Notices et extraits des ms., XXXV, ii, p. 794 suiv. Cf. Delaborde, La constitution du Trésor des Chartes, p. xxxiv. On peut aussi citer comme formulaire de la Chancellerie le ms. latin 4763, étudié par M. Ch.- V. Langlois, loc. cit., XXXIV, i, p. 9 et suiv. ; mais, ne contenant guère que des mandements, il ne nous intéresse pas ici.

2. Il fut prêté à Michel de Bourdenai, qui négligea de le rendre. Or Michel tomba en disgrâce aussitôt après la mort de Philippe le Bel (cf. Artonne, Le mouvement de 1314, p. 39) ; il n'avait guère pu puiser dans les Archives royales que sous le règne du souverain dont il possédait la faveur.

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