‹ Rois et serfsChapitre 56 sur 87 · Cf. ci-dessus, p. 164, n · texte numérisé non relu

Cf. ci-dessus, p. 164, n

3. Un certain nonil)re des serfs affrancliis en Vermandois, vivant à Bruyères, ne devaient au roi tant qu'ils liabitaient cette commune ni mainmorte niformariage (Langlois, Registres perdus, p. 132-133 ; cf. la charte communale de Bruyères, Ordonnances, XI, p. 245, c. 10 et 12). On s'attendrait à les trouver faiblement taxés. Or, en fait, on rencontre chez eux comme ])ourcentage du prix de l'affranchissement à la fortune totale, un des taux les plus forts (10 » o : Oudars Poite et Herscns la Courtoise) et le plus faible (5 "/o : Thierri de .Montaigu pour l'énorme fortune de 1.600 1.).

le connaissons, nous le voyons varier de 5 à 13,04 ^ /q. Il est remarquable que jamais il n'approcha (même de loin) le chiiïre absurde de 33,3 %, que jadis Philippe le Bel avait prétendu imposer aux Toulousains.

Selon un principe assez injuste, mais conforme après tout aux règles auxquelles obéit d'ordinaire l'incidence de l'impôt, les pourcentages les plus faibles se rencontraient aux deux extrémités de l'échelle sociale : chez les pauvres et chez les riches. Les fortunes moyennes se trouvaient être les plus lourdement grevées ^.

Parmi les personnes qui sollicitèrent et obtinrent leur alïranchissement en Vermandois (pour Senlis les textes sont moins explicites) et qui ensuite se munirent de la confirmation royale, un grand nombre n'étaient de condition servile qu'à demi : c'étaient des aubains ou des bâtards. Sur quatorze manumissions octroyées dans ce bailliage par les commissaires et vidimées par le roi, cpiatre au moins ^, peut-être cincj ^, concernaient des aubains ; trois, des hommes ou femmes nés en dehors « du légitime mariage » *. Les lettres remises aux aubains contenaient une clause spéciale : ils recevaient, outre « la franchise et perpétuelle liberté », le droit de « franche résidence dans tout le royaume » ^, concession dont les autres affranchis n'avaient pas besoin, parce qu'elle allait de soi pour eux. Pourquoi ces serfs d'une nature particulière se montraient-ils entre tous avides d'acheter leur liberté ? La condition d'homme de main-

1. Deux fortunes de 40 1. payent 5 % ; une de 46 1. 13,04 % ; de 160 1. 10 % ; de 200 1. 10 o/o également ; de 400 1. 10 °/o ; une autre de 400 1. 6 % seulement ; de 500 1. 6,4 % ; et enfin de 1.600 1. 5 "/o seulement. V. l'Appendice III et Langlois Registres perdus p. 132. Il faut ajouter à ces sommes versées pour l'affranchissement les droits de chancellerie, fixés à 100 s. parisis pour les alïr. 2 à 10, comme le fait connaître l'enquête de 1321. Vraisemblablement ces droits doivent se décomposer ainsi : 60 s. pour la confirmation royale, lettre scellée en cire verte; c'était le tarif normal (cf. 124 n. 1) ; et le reste, soit 40 s., pour la lettre délivrée sous le sceau des commissaires. P. 132 des Registres jirrdns, corriger ligne 14 xl au heu de l, ligne 24 40 1. au lieu de 10 1.

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