‹ Rois et serfsChapitre 7 sur 87 · V. ci-dessous, p · texte numérisé non relu

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tiones) par où les anciens hommes de corps s'engageaient à des versements déterminés i.

Aussi bien, pourquoi demander nos exemples aux seigneuries ecclésiastiques ? Les archives royales nous en offrent d'aussi nets. Nous verrons tout à l'heure saint Louis, affranchissant le village de Yilleneuve-le-Roi, taire dans la charte de liberté le prix que nous fait connaître un fragment de compte. Le même silence qui, au temps de saint Louis, ne prouve rien ne saurait non plus rien prouver sous Louis VI et Louis VIL Mais aucun document ne permet de contrôler les diplômes de ces deux rois. A s'en tenir strictement aux textes, il faudra donc répondre à la question que je posais plus haut : nous ignorons absolument si les gens de l'Orléanais, de Bourges et de Dun ont conclu un marché ou reçu un cadeau.

Mais faut-il s'interdire tout appel aux vraisemblances historiques ? Les charges servîtes rapportaient, malgré leurs défauts, un revenu notable. D'autre part, le gouvernement royal était justement soucieux de ses intérêts. L'entourage des Capétiens se composait d'hommes d'État, non de mystiques. Il est infiniment peu probable que ces hommes raisonnables et qui savaient la valeur de l'argent aient de gaieté de cœur sacrifié des droits lucratifs sans réclamer et obtenir une large compensation. Croire aux affranchissements gratuits, ce serait prendre des financiers pour des philanthropes.

§ 3. — Les affranchissements sous saint Louis.

Louis VII et Philippe Auguste avaient aboli le servage dans des villes. A quelques-unes de leurs chartes de liberté, il est vrai, les populations des campagnes avaient participé, mais seulement comme liées aux populations urbaines voisines. Sous saint Louis les grandes manumissions rurales tirent leur apparition.

1. Bibliothèque Sainte-Geneviève, ms. 351, fol. 99 à 102 et 356, p. 324. Même procédé employé par l'évêque de Paris Guérard, Carlulaire de N.-D. de Paris, ni, p. 342, n" Lxvi. Peut-être l'était-il aussi par le chapitre ; mais les lettres se sont perdues. Les livres de comptes de Sainte-Geneviève mentionnent d'ailleurs à plusieurs reprises le i)rix des aflranchissements.

LES AFFRANCHISSEMENTS ROYAUX 6t

A notre connaissance, elles se sont étendues à quatre régions différentes : les environs de Paris, — la Beauce, — la châtellenie de Pierrefonds (vallée de l'Aisne et plateaux au sud de cette rivière), — le Laonnois.

Près de Paris, ou, plus précisément, dans le pays immédiatement au sud de cette ville, saint Louis affranchit, de 1246 à 1263, les serfs royaux habitant Villeneuve-le-Roi, Thiais ^ le Val 2, Arcueil, Granchet ^, Orly, Paray, Issy, Meudon, Fleury, Valenton et un autre lieu appelé Villeneuve qui est vraisemblablement Villeneuve-Saint-Georges. Cette hste. est déjà longue ; elle n'est peut-être pas complète. Sur ces faits, nous sommes très mal renseignés. Les registres de la Chancellerie nous ont transmis le texte de deux seulement parmi les lettres de manumission qui furent alors accordées ; l'une concerne les habitants de Villeneuve-le-Roi, au nombre de 326, enfants non compris *, l'autre, quelques-uns des serfs de Paray, qui semblent avoir reçu leur liberté par plusieurs actes successifs^. Les autres « franchises " ne nous sont connues que par le rôle des baiUiages de France de la Toussaint 1256, où leurs produits figurent parmi les recettes du prévôt-bailli de Paris; ce document a péri, comme tant d'autres de son espèce, mais Brussel en avait pris un extrait, qu'il a reproduit dans une note de son Xouvel examen de V usage général des fiefs, où nous pouvons le lire^. Ainsi le hasard d'une citation nous a conservé les noms de onze villages du Parisis, déhvrés de la servitude par saint Louis ; d'autres heux voisins ont pu obtenir le même privilège sans que leurs noms soient venus jusqu'à nous.

Pour la Beauce, nous sommes plus mal partagés encore. Un arrêt rendu au Parlement des octaves de la Toussaint 1262 mentionne la liberté octroyée sans doute peu de temps auparavant par le roi à ses hommes de Janville '. C'est tout ce que

1. Dans le compte cité ci-dessous n.G. Thiell... ; identification douteuse.

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