‹ Rois, prêtres et castesChapitre 7 sur 29 · L. J iXT X -i A» - -* -^ il · texte numérisé non relu

L. J iXT X -i A» - -* -^ il

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sur la terre d:,iîi*éir= i.::;iiL ii-iii jé v.ut. Lil-îni**:

et la matière ne pexr^^i r-^n xi : ji i^î^x ij* >i r-'^sont de tous les l:e:ix xr-n^e ie ^: i^ -ai le-iL :,-i. Ur, si la forme ert i^î':;i^^Jile îe »^ ZL','i i^^

d'après les éléments où Tàme la jette, pourquoi cette àrne, ce principe de vie individualisé, cet individu enfin ne passerait-il pas d'un point à un autre? Admettez ceci, il n'existe plus de barrière entre les globes, et la raison nous dit qu'il n'en existe pas.

En effet, si nous reconnaissons un plan, une organisation et un ensemble dans la création, si la vie est partout, on peut y pénétrer; si les mondes qui nous entourent sont peuplés, et ils doivent l'être, car ofi la matière est stable, l'âme s'y porte, est-il ' probable qu'il y ait une séparation éternelle entre leurs habitants, qu'aucune communication ne soit possible avant ou après la vie du corps, et que les parties de ce grand tout restent isolées î

On dira que la distance ne permet pas de supposer ce rapprochement, et rend inadmissible l'idée d'une communication. La distance et le temps ne sont rien dans l'immensité, dans l'éternité, et ce sont des divisions que nous avons adoptées pour mettre ces grandes choses en rapport avec notre petitesse. On ne peut mesurer ni compter comme obstacle ce qui n'a ni terme ni mesure. Quand de cette immensité, de cette éternité vous aurez déduit cent millions de lieues ou d'années ou mille fois davantage, il n'y aura pas un point de moins ; c'est un cercle qui tourne toujours.

Il y a trois mille six cents milliards de lieues de la terre à Sinus, ce qui est moins qu'une ligne en comparaison de Téloignement de Sirius à d'autres astres ; et pourtant de ces mondes à l'âme, il n'y a point de véritable séparation.

Mais ce temps, cette distance qui ne sont pour elle, existent réellement pour le corps qui, fût-il même celui de la plus parfaite des créatures, est borné dans sa puissance et sa durée.

Faisons donc ici la différence du corps qui meurt à l'âme qui ne meurt pas : si l'un et l'autre sont substance, le premier appartient à la masse, il est grossier comme elle, et toujours attiré vers elle par son poids. L'autre, purement individuelle, est comme la pensée, comme la divinité même, légère, infractionnable, éternelle. Sans doute si nous établissons nos calculs sur des moyens humains, si nous mesurons la distance et le temps aux mouvements des ressorts imparfaits de nos membres de chair et de sang, il faudra des siècles pour arriver dans le soleil ; cependant ses rayons nous parviennent en huit minutes, et la pensée nous y transporte en une seconde ; or, la pensée est un contact, une étincelle électrique si Ton veut. On peut donc croire que l'âme ou la vie marche plus vite encore, et qu'en moins d'une seconde, elle peut, comme le re-

gard qui émane d'elle, s'élancer dans les profondeurs de l'espace.

Ce qui est un éloignement incommensurable et infranchissable pour un corps terrestre ou pour un fragment de la matière locale, n'est donc jamais un obstacle pour l'âme ; et jje ne doute pas que l'être, quel qu'il soit, dès qu'il est dépouillé du corps présent ou des membres spéciaux au globe où il fonctionne, ne puisse passer immédiatement dans un autre ; car il est impossible, comme nous l'avons déjà remarqué, qu'il n'existe pas une chaîne et une voie de communication entre les mondes comme entre les individus.

Toutes les combinaisons de l'intelligence, de cette intelligence miroir de l'immensité ou sa contrepartie, et pour l'action de laquelle l'espace tout entier est nécessaire, doivent trouver tôt ou tard un point où elles se déyeloppent.

Chaque planète, chaque constellation, chaque division céleste a sa série de degrés ascendants et rétrogrades, et l'âme peut ainsi s'élever ou descendre sans changer d'éléments ; mais cette série a un terme que cette âme ne peut localement dépasser, parce que la matière qui l'entoure ne se prête pas à plus de perfection.

On sent que sur notre terre un homme ne pour-

ET LES Cl>TE^ S

rait s'élever beaoconp an-ceî=Tif ôf ! i, nin» b. place etlesmatériauxlui eus: a^rt-sn i :.tin oobc lorsqu'il a acquis ce degré rrr'énfTr' f'im-'lii . n- n ? qu'il puisse trouver aussi aa aiittâ; jur-iTL-'ir uoi» lequel cette faculté suriiTimia; : n. i~c ■a. m. m. plutôt qui est lui, pui;^ s'î-iTZjin iz -.t l'ur*. ir. l'âme ne le peut qu'eu 5^ ~~iz.z frf i.-^".-im.;nt» * sa hauteur, c'est-à-dire on corç'* i Ix x-;-»':?-» lij son intelligence; et elle n'arrive là qa'aa m-rj a îVièmenta convenables; il est donc des m:aii;9 p-wr toutes les proportions de l'àme, quelle que s. .-. la grandeur.

Mais outre ces mondes, échelons de la n<:ir-:he ascendante, il doit en exister d'autres d'une mal)«re sinon semblable, du moins très-rappro:!!*;-; de (»1I«

où nous vivons, et con^équemment habit'^^ ; - ;

êtres aux mêmes degrés. Alors, entre c^

d'éléments égaux, ne pent-îl s'o^rrr g3 -

d'individus ou au moins de g^nr.^ t .-t.-* /trr-fie-tr

on peut le croire.

Ces catégories de mond* d^ :i.ru^ :ti -. '^.-j it^r^

pareils, doivent d'aiili^ri, s-.'-j.jil^ î-,'w ^j num*

augmenter on dimiiLiW kl iii'ii.-.'^ : i- va^^ti

changer de pla.39, b5 ti-^'j^AS ji e i.ui* Nés à desÉp-j-^ai i-i-yrt^i e: iiii-= :■ -i--? ---îi^

rents, ils serM.! aiiifciL jûui ut lu--:^;- i; — ^c:

peuplés.

La tradition et les observations contemporaines, viennent encore ici à notre aide, et s'il est vrai que Ton ait vu de nos jours des globes se former, s'il en est de plus nouveaux que la terre, il est probable qu'il en existe de plus vieux, et dont les habitants remontent à d'autres temps.

Quand la vie ou l'action, car le germe individuel est de toute éternité, a commencé dans la matière, il n'est pas à supposer que ce commencement ait eu lieu dans notre globe qui est un des plus petits, peut-être un des moins propres au développement des êtres, et qui certainement n'en est pas le berceau, ni même un des anciens gîtes ; c'est donc probablement d'un globe plus vaste, plus fini ou seulement plus âgé, que la vie a pu arriver sur la terre.

Et parmi ces globes plus parfaits ou plus anciens , c'est vraisemblablement encore de l'un des moins éloignés, que cette vie où ces germes vivants sont parvenus jusqu'à nous ; car bien que l'espace ne soit jamais une barrière pour Tâme, néanmoins cette âme étant unie à un germe, à un principe de corps ou d'élément, il est naturel de penser que les points les moins éloignés de notre planète doivent avoir avec elle des rapports plus actifs, plus sensibles. Le soleil, par exemple, a sur la surface terrestre une influence positive, visible même, et certainement

plus directe et plus puissante que celle des étoiles. Aussi est-ce le soleil ou ses rayons que nous y considérerons, comme un des principes conducteurs des germes.

Nous allons nous arrêter un instant sur cette influence matérielle et génératrice de la lumière. Prise ici comme symptôme de la vie, comme l'effet qui précède l'arrivée de Têtre et peut-être qui le transporte lui-même, la lumière et l'examen des sensations qu'elle éveille tiennent donc essentiellement à notre sujet.

Il est évident, déjà nous l'avons fait remarquer, que la lumière a son contact ; la preuve en est qu'elle frappe et même qu'elle blesse. Elle a aussi un cours, une marche, que l'on a assez calculés.

Son absence rend partout la matière stérile ; partout elle jette les êtres dans un état de torpeur et d'engourdissement. C'est dans tous les climats le retour du jour qui réveille la nature, et ranime les germes assoupis.

Il existe probablement des astres où l'être vit entouré d'une lumière près de laquelle la clarté terrestre ne serait qu'obcurité.

Les globes où la lumière est le plus intense doivent offrir les individus les plus vifs, les plus actifs, peut-être les plus intelligents, les plus rapprochés

de la divinité. Par la même raison, les astres les plus obscurs renfermeront les espèces les plus obtuses,.qui néanmoins doivent, comme les autres, tendre vers un point plus éclatant. La clarté attire toujours Tœil et même l'âme, si ce n'est pas Tâme qui l'attire ; et le goût de la lumière partout inné sur la terre, doit aussi être commun aux créatures de tons les mondes, et à Dieu lui-même, qui en est la source.

Le nourrisson dont les yeux sont encore fermés, les tourne vers la lumière qu'il pressent.

La première sensation qu'il éprouve, c'est la lumière qui la lui procure ; elle adoucit même ses douleurs. Pleure-t-il, présentez-lui un flambeau, il se tait, il oublie ses maux; stupéfait, il regarde, il admire, il semble avoir rencontré quelque chose qu'il prévoyait, qu'il attendait, qu' il cherchait. Et cet amour de la lumière, il le conservera toute sa vie ; il l'avait enfant, il l'aura vieillard; et si son premier regard a été tourné vers le jour, c'est vers le jour encore que se lèvera le dernier.

Dans la force de l'âge, dans l'homme fait, ce besoin d'éclat devient souvent passion, ou au moins ce qui l'excite, et par fois la cause. C'est ce penchant pour ce qui brille, qui nous porte à estimer et à convoiter les pierreries, les métaux brillants, les vêtements éclatants.

ET LIS CASriS^

Ce g*3it {M^ir La i^j^zuers fî p>ir ic-^ cr ; ii plendil, n'est p^LS sçéîil i I"^::=-n-r : lirj i-Ai?>3T: d'animaax, cest ime Têniiilr ipt.iic:f--r, -l* £r^rs de désir corie^ox qiî i-rs ;r;za irr^ v: i.* l-r» ; --^çs» ; c'est un charme zziQ':j^ to'^ ^ri-m^ :;i'-^ n-: z.»^«vent que céder, Thame q:ii iis iài^ii^-e *: lr> e»traîne.

Les oiseaux, Irt? z-iL-lî»:!^ r.e E:i.i.z-ri.î ^«.maif d'arriver quani ti-^s ârar ofr^a li- liuLiJ dhi^f ri»*-»scarité; aacun o:-?:i:le, a.:>r.-ix* priir i.c j^ retient.

Voyez on pipiilc-n ToCer an:.:ir d •ld't t*>u2^^. : L approche, il s> bril-r; i:iS ::rs îl d^rri^: f-j^r k danger, car il le prêv:;::. ii le ::"a:le, û le s^lO, el pourtant il y rerien; ri^T.re; lin a:ir&.: l'^r^ij'xVï^r loi fait braver la ni ^rt.

Parmi les sran^is ar.fT^tzi^x, c^*-a.>î?. anT'-'it^. quadrupèdes, les e^r^r^ies i-Es plsj :z.ir ttiit». r-^«sentent^ comme les pl:iî br:î:e5, r»e i^-iz:- irf-r rmême besoin; ils n'y résiiîczî pai daTijiu.-r. *: malgré leor expéEiea:!^, IL» s'y ia--*9r:i.: zr^Sri.-* «a^» cesse.

Cette soif delà lajaière est aLi^i z^-z i-^ :c.t . : -x-

tingnibles qu'éproave T^kre; elLe I iuz ♦.i^'n t".*-

la crainte, oublier ladcaleur* et ^erir» u^î^, i i . .>» stinct de sa propre coo^errUiiia : it :** *-:"::L-iiîa: est généraL

Celui qui éloigne de l'obscurité ne l'est pas moins. Partout les ténèbres inspirent à Thomme, comme à l'animal une sorte d'horreur ou de dégoût, et les laisse dans un état d'apathie et d'insensibilité voisin de la mort ; il semble qu'avec le jour la passion s'éteint, que le besoin même sommeille et la grande majorité des animaux cesse de manger et d'agir dès que le soleil est couché.

Si quelques races ne sortent qu'alors, si elles craignent un éclat trop vif, si d'autres évitent le jour, c'est que les insectes dont elles vivent ne se laissent surprendre que la nuit, et qu'elles-mêmes redoutent les ennemis qui profitent de la lumière pour les poursuivre. Ou bien c'est encore par suite de la faiblesse d'un organe et par une cause analogue à celle qui nous empêche de regarder fixement le soleil, et nous fait chercher l'ombre quand ses rayons et sa chaleur nous incommodent.

Mettez ces mêmes animaux dans une obscurité complète ; comme tous les autres, ils seront tristes et immobiles. Les oiseaux de nuit, eux aussi, resteront alors inactifs. Quand ils voltigent, quand ils s'ébattent, c'est qu'il n'y a pas absence totale de clarté ; et, dans ce demi-jour, peut-être cherchentils une lumière relative, et aiment-ils un éclat proportionné à leur conformation.

Cet exemple des oiseaux de nuit ne prouve donc

rien contre la nécessité de la lumière pour tout ce qui existe.

La plante ne l'éprouve pas moins que l'animal. Renfermée dans une grotte obscure, elle tournera ses branches du côté ou pénétrera un rayon, et, sans ce rayon, elle mourrait.

D'après des effets si multipliés et qui tous confirment une même cause, on pourrait croire que ce besoin de jour, dont aucun être n'est exempt, vient d'un rapport, d'une sorte d'affinité entre la lumière et la vie ; et encore entre cette vie et Dieu centre de la lumière et type de l'existence, ou l'Être vivant par excellence.

Tous les peuples de la terre joignent l'idée de la divinité à celle d'un grand éclat : Dieu et obscurité leur ont toujours paru incompatibles. Et si l'antiquité a fait une divinité de la nuit, c'était une puissance secondaire et souvent malfaisante. Aux yeux de l'homme émerveillé, la lumière qui vivifie l'univers doit émaner directement du Créateur, et le culte rendu au soleil comme à l'image la plus frappante de Dieu s'explique aisément.

Cependant, si l'absence du jour rend tout stérile, la lumière seule ne suffirait pas pour faire éclore et agir les êtres. Pour développer les germes qui som-

meilleat dans les éléments, il faut 'encore que cette lumière ait une chaleur proportionnée, ou qu'Uexiate un feu interne indépendant de sa lueur.

Cette chaleur interne ou externe, ou la réunion de l'une et de l'autre est indispensable pour éveiller la sensation morale qui amène le mouTenaent physique; et s'il y a encore des parties de l'espace où la chaleur n'ait pas pénétré, il est probable que rien n'y vit, ou que tout y reste immobile comme dqos l'obscurité absolue, et qu'alors le mouvement ne se manifeste qu'à l'instant ofi le calorique qu'à précédé le jour commence à se faire sentir. Ainsi donc, bien que la chaleur unie à la lumière ne noit pas la cause première de l'action, elle contribue certainement à la développer.

Ce que nous avons dit de la lumière, nous pourrions le répéter de la chaleur dont les eftets et leur application sont, en quelques points, si intimement liés à ceux du jour, qu'ils semblent identiques.

De même que ce qui est obscur, tout ce qui est froid demeure dans un état torpide et passif. Un sol glacé ne produit rien. Un fruit, une graine, une plante gelés, s'ils ne meurent pas, resteront au même point sans gagner ni perdre, tant qu'ils seront à cette température; c'est en vain qu'on y cherchera les traces d'une sensation, d'une végétation, d'une animation ; on ne les y trouvera pas.

L>T£iL «

C'est égalemexu sans rés^zM^ ^:^ iir^ i;^ sc^ sans chaleur on déposera d» g^m-îs férosis, £5 po:îrront s'y coaserra" peiAiisi i^i siad-es, ciAis ii n'y

édoroQt pas.

Néanmoins, ■; :irl 21' xz xeme. z-rlz::;'f-::rrrzi4z:r que soit cette stéiililé ca ctn.i inn^cILié i=s o^rps, elle diminuera arec riii&c:2.2âé da £r>;d ; a^ premirr rayon, au premier sczifii: lièie, Ir::r dliii:l:-a annoncera l'approche d:i aoojTrziez.; qui birL.^*» se développant par des vibraû:'i^ si^c-orssÎYes, :7v>l:ra avec* une rapidité égaie à celle de l'acâon du calorique.

Cette activité peut acquérir, p-Âr le contact direct du feu, une violence ertr^e ; u n'y a plus alors de matières inertes, et vous les voyez toutes en fermen. tation, puis enébullition ; pics la chaleur est intense, plus l'agitation est viDlente.

Ce qui est applicalile aux éléments en masse, semble en quelque sorte pouvoir l'être aux fractions de ces éléments dont les corps vivants sont composés, et influer sur les besoins, les désirs et les passions, en éveillant leur activité.

n est peu d'effet physique, et même peu d'œuvres de la vie, il n'en est peut-être aucun où la chaleur n'entre pour une fraction au moins. Les couleurs, la saveur, toutes les odeurs tirent quelque chose du feu* Ce qui n'est pas directement ou indirectement

exposé à son action, ou ne Ta pas été, n'a ni coloris, ni goût, ni parfum ; on croirait que ces qualités émanent du soleil, et que seul il peut les répandre sur la terre et ses habitants.

La chaleur, comme la lumière, porte donc avec elle non-seulement une substance propre à former ou à modifier les corps, substance qui donne aux fleurs et aux fruits leur parfum et leur goût, aux oiseaux, aux insectes, aux poissons leurs nuances éclatantes ; mais encore cette chaleur ou cette lumière peut transporter avec elle des matières fécondantes ou fécondées, des germes entiers, des larves, des embryons peut-être, et les déposer sur tous les points où elle touche, et ensuite aider à leur développeinent, à leur croissance, puis enfin à leurs mouvements et à leur activité.

Le feu ou la chaleur est donc de tous les éléments celui qui tient le plus près à la base et au principe de rame, sans pourtant produire son individualité qui est incréée dans tous les êtres. Il ne donne pas la vie, mais il est nécessaire à son action, il semble contribuer à activer et à épurer la matière, à développer les sensations, et jusqu'à un certain point L'intelligence ; on croirait presque qu'il en marque les degrés, et qu'à 'mesure que la lumière et la chaleur se retirent, le sang se glace et l'imagination

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isolerons par tous les moyens que Tart pourra nous procurer, et que nous parviendrons ainsi à entourer d'un horizon sans lueur et sans chaleur, ce corps demeurera indéfiniment dans le même état.

Mais qu'un mouvement s'opère dans sa position, que le soleil le touche d'un de ses rayons, si ce rayon apporte avec lui une parcelle de calorique, ce fragment, ce corps inerte où aucun principe d'existence, aucun germe n'apparaissait, commence à fermenter, à se décomposer. Bientôt sur cette place isolée, dans ce cercle infranchissable, là où, sauf cette chaleur et 'cette lumière, rien n'a pu pénétrer du dehors, la vie va se montrer sous mille et mille formes : de petits végétaux, des animalcules, des vers, des insectes sortiront de toutes les parties de ce corps en fermentation.

Ce mouvement croissant de la vie ne s'arrêtera pas là ; du terreau que laisseront leurs débris, s'élèveront d'autres corps, des plantes, des arbres, des animaux plus forts.

Et ces produits nouveaux ne seront pas des formes nouvelles , mais des créatures d'espèces semblables à celles qui existent ailleurs dans un même climat, et si bien de leur race qu'elles pourront procréer ensemble des rejetons susceptibles eux-mêmes de se perpétuer.

Nous poserons alors cette double question : ou les

germes de ces êtres étaient dans ces débris mêmes d'où la chaleur et la lumière les ont fait surgir, ou, s'ils n'y étaient pas, ils y ont été apportés d'ailleurs par cette lumière et cette chaleur. Or, si ces deux substances nous arrivent d'un autre globe, c'est donc, si ces germes ne se trouvaient pas dans l'espace intermédiaire, et s'ils n'ont pas été rencontrés en route et entraînés par elles, c'est dis-je, d'un autre globe que ces germes viennent; car ils ne peuvent être la création de cette lumière, ni de cette chaleur, qui n'étant qu'une matière sans vie et sans intelligence, ne saurait produire ce qui a l'un et l'autre. Par conséquent, ni la lumière, ni la chaleur, n'ont créé les germes, elles ont seulement contribué à les faire apparaître y soit en les transportant, soit en les éveillant.

Nous le répétons, car la distinction est importante : ou les germes de ces créatures, de ces insectes, de ces végétaux, séjournaient dans ces corps avant leur décomposition ; ou ces mêmes germes étaient dans l'air, dans la lumière, ou dans la vapeur chaude qui y était jointe.

Dans cette dernière supposition, s'ils n'émanent pas de notre globe, il faut bien admettre qu'ils proviennent de l'espace et de quelque région fixe, solide, terre ou mer habitée par des individus de leur

aature, et l'on peat croire qu'ils traversent notre atmosphère attirés par la force d'absorption de la planète, oa lancés sur elle par une impulsion extérieure, par une sorte de projection du soleil oa un effet identiqae.

Si le soleil a cette paissance, on peat encore en dédoire que toas les astres visibles oa ceux dont la i:larté nous frappe, doivent aussi l'avoir, qnoiqu'à des degrés inégaux ; et les êtres provenant de di0érents globes pourraient, avec une âme de même substance, car il n'en est qu'une pour l'âme, avoir des germes de matières diverses; ou pour m' exprimer plas exactement, avoir dans le germe, quelque chose de local et d'élémentaire qui varierait selon le globe dont ces germes procéderaient. Alors ils se développeraient sur le ndtre, dans an des climats ou des éléments analogues à celui où ils auraient vécu.

C'est ainsi que toutes les créatures naîtraient corporellement et se coostitaeraîent des organes en rapport avec leur existence précédente, et avec leur degré de force et d'intelligence.

De même les germes que renferme la (erre pourraient être transportés sur d'autres planètes, par le renvoi des rayons et an moyen de la réverbération. Cet échange de lumière serait une des voies de communication d'un astre à un autre.

tière, pair-q-'il zSj & z.>z^lz z- rri-i,;:. =^ , - - :.~ ^

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Ou bien ni'Zs j zz.: 4'A tiz,i:L^ Ît::^?. {.:; -.tr le passage d":re= iv — 4z;^ ^^'^'-^, t-'-- :-ir ^z. ^frî des élémecu I>:-aix.

Ou encore q^'îl? j:r:T;T:ize:i: 1":^:: *:;:r* rl-^: et qu'ils arrÎTent eatriiiéî par :;ze î:i'-§u:^?: :i-izi= ou lumineuse q^e c-r; s'-.'-^^ i^r^rL^: ;::r Is t^rri.

On se décidera entre r<3 ti',1: iz^r:is, n-il^ il en probable qu'an d'eux est la Tenté.

Ensuite quelle que soit la proTenac:» de ces germes, de ces atonies, n'oublions pas que leur croissance n'est jamais subite. Legenneyiâible.oaceque nous nommons graine, racine, œuf, i'j:\j.^. n:., n'est lui-même qo'un point avancé du d-./.fpcment de l'être dont les premiers actes, ..mme le réveil oa le conunencemeat, s'il en a un^ nous sont

absolument inconnus. 11 n'est pas dans l'univers une seule chose matérielle ou intellectuelle, pas un seul être surtout dont nous voyions la naissance ; et lorsqu'à nos yeux la vie apparaît, non-seulement elle n'est ni à son début ni à son premier âge, mais elle •a probablement déjà une grande ancienneté. Nous apercevons une des faces de Sfi croissance, un de ses degrés ou de ses moyens et nullement son point de départ.

Ainsi chaque germe ne se manifeste et ne produit un être, qui lui-même ne sera que le premier plan ou l'ébauche d'un autre être, qu'après une longue suite d'essais insaisissables pour nous, ou que nous touchons sans les apprécier, et sans concevoir leur enchaînement ou les rapports qu'ils peuvent avoir entre eux.

Ce sujet, si frôle de corps et d'instinct, est peutêtre le type ou le début d^un colosse de force et d'intelligence.

Toutes les espèces, toutes les formes, les plus grandes comme les plus petites, tous les individus de ces espèces, débutent par être peu apparents, invisibles même ; nul n'est né avec sa taille^ sa raison ou la vigueur de l'âge mûr. La création terrestre ne peut donc, dès son principe, avoir été ce qu'elle est maintenant; elle a grandi progressivement, sinon elle aurait été immobile ou morte depuis son com-

mencement; et par ce qui se passe sous nos yeux, par ce mouvement de la nature entière, nous savons que cette inxmobilité n'est pas.

Si cette création n'a pas été stagnante, il niest pas plus probable qu'elle ait été rétrograde ; les débris des individus que nous offre la petite portion du sol que nous avons explorée, nous prouvent matérielle- *ment que les plus anciens sont aussi les moins complexes ou les moins perfectionnés, et que dans tous les degrés, l'ébauche précède l'œuvre.

La formation des êtres actuellement sur la terre peut ainsi être divisée en quatre âges ou époques :

1° L'âge des végétaux;

2° Celui des testacés, crustacés, poissons, reptiles, larves, insectes ;

3^ Celui des quadrupèdes, des oiseaux;

4^ Celui des hommes.

Ces divisions sont établies moins sur l'extérieur de la forme que sur ses ressorts internes ou les organes directs de l'intelligence ; car si l'on jugeait les formes par la superficie, celles d'un insecte, d'une fourmi, seraient aussi parfaites, aussi aptes à l'œuvre que celle d'uçi homme.

Indiquons en peu de mots comment nous concevons ce début da l'animalité et de la population de la terre.

Le premier signe de vie qui y a paru a été peutêtre une petite mousse, un petit lichen qui s'est attaché au point le moins brûlant ou le moins glacé, ou le plus humide du rocher, ou au fond de la première goutte d'eau qui a pu maintenir son immobilité.

Ce premier principe de végétation, dans sa chétive existence a crû, a fleuri, a fructifié ; puis il a vieilli, s'est flétri et a passé ; et la première tige, en se décomposant, a laissé le premier grain d'humus qui a de terre commencé la masse végétale qui couvre le globe.

Cette parcelle de terreau a activé la croissance d'une mousse un peu plus forte, qui elle-même, tombée en poussière, a servi d'élément à un brin d'herbe.

Une tige plus grande lui a succédé, puis un arbrisseau, et enfin des arbres.

Cet âge est celui des plantes, car la vie ou l'individualité n'avait pas encore assez d'énergie, ni assez de volonté, pour constituer des formes plus agissantes.

Le développement de ces végétaux, de l'espèce grossière jusqu'à ceux d'une organisation plus fine, plus délicate, plus complexe ou plus sensible, a dû, en se perfectionnant de race en race, traverser un grand nombre de siècles.

Lorsque la vitalité ou le mouTement âes plantes fut arrivé à son point le plus élevé, lorsque leur forme fut insufBsante pour leur degré de vie ou d'intelligence ; quand cette intelligence exigea un autre instrument, un autre corps plus en harmonie avec leurs besoins et leur volonté, le passage de l'état végétal à l'état animal s'opéra, et les premiers animaux parurent. Que furent-ils! Les siècles les couvrent; mais si nous en jugeons par les empreintes laissées sur les couches primitives ou les plus profondes que nous avons pu étudier, ces premières créatures actives furent des mollusques, des némazoaires, des conferves, de ces êtres à animalité douteuse, qui pour la forme touchent encore au végétal, et qui pourtant, si on les examine avec soin dans les mares ou cours d'eau qu'ils habitent, y sont détachés du fond où ne les retiennent ni tiges, ni racines, ni aucun de ces liens qui y fixent les plantes et les y enchaînent.

Ces productions, plus visiblement encore que les plantes, ont une force qui leur est prupi'i.', miu individualité qu'elles manifestent par dr's noies spontanés, suite d'un besoin, d'une craint^!, d'un désir, action faible, mais action pourtant, ;iiliijii qui démontre une volonté et une sorte de iiljre arliitrô : elles peuvent changer de place, et ellii.s ijn chiingoi

102 liES ROIS, LES PRÊTAES

Or, pour vouloir et pouvoir, pour faire un mouvement qu'on peut ne pas faire, un mouvement qui a une cause et un but que Ton connaît, que l'on adopte, il faut une combinaison à âoi, un degré de réflexion et de persévérance, c'est-à-dire deux pensées et une sensation au moins.

On sourira à ces mots de pensée, de sensation appliqués à des êtres si imparfaits ; mais s'ils vivent ils sentent, donc ils pensent.

En supposant que cette vie puisse être en eux avant la pensée, sans cette pensée, sans cette sensation, ils ne pourraient la conserver même un jour, car à chaque pas que fait l'individu terrestre, la vie ou la mort est devant lui ; elle dépend de la direction qu'il donne à son intention et aux mouvements qui la réalisent. Tout est pour lui une voie ou un obstacle, une aide ou un préjudice, un port de salut ou un abîme : déjà donc, s'il doit désirer l'un et craindre l'autre, il lui faut hésiter et choisir, et nécessairement il hésite et choisit puisqu'il vit.

A quelque degré que soient les créatures soumises à ces épreuves qui à chaque instant éveillent en elles la réflexion et un calcul, fortes ou faibles, elles se perfectionnent par leur propre expérience ; et leurs voies s'étendent à mesure que leur intelligence s'ouvre, et que leurs organef* s'améliorent.

Plus l'être est avancé, plus il est sensible, plus la douleur, plus le plaisir ont de mordant sur lui; alors aussi plus le sentim eut de ses besoins et même de ses fantaisies lui inspire la volonté et les moyens d'y pourvoir.

Obligé de chercher sa nourriture et d'attaquer S!i proie; contraint de se défendre centre celui qui cherche la sienne ; poussé par la fièvre géuératric^ ou l'efFervescence de la matière à se reproduira, mais libre de s'y soustraire; partagé entre l'instinct passé ou obtus, et l'instinct progressif et présent, c'est-à-dire entre ce qu'il était, cequ'ilestouce qu'il peut être, dans ce conflit de la volonté et de la chair, parce frottement de la pensée sur les choses, ses'facultés jatellectuelles s'aiguisent, et son être s'épure en se fortifiant.

Ces premiers essais de la vie, ces premiers pas de la création ou de l'organisation' des corps avaient probablement lieu sous leseaui, caries parties de la masse terrestre que les eaux couvraient, ont dû être habitables, lorsque les portions Jt:meurées à découvert étaient encore ou brûlantes oli glacées.

i. Ceat toujonra ainsi que nous entendons le uit,l iTêalit'n. Nous arons déjà fait otaerver qu'il n'j a pas de cieiitiou [.ropramenl dite, puisque rien n'est fait de rien; créer m- p.!Ut Joar *t« qu'une modification heureuse de la matière : c"=;l metti* en ordre, c'est arranger, c'est organiser cette matière ; il a'v a pas d'autre création possible.

i04 LES ROIS, LES PRÊTRES

Pendant que des êtres s'organisaient dans la mer, la même action s'opérait sur la terre, et des formes d'un degré égal, quoique différentes en apparence, se constituaient dans les deux éléments.

Si l'on suppose que tous les animaux viennent originairement de l'océan, et que le globe tout entier a été couvert d'eau, il j^faut. croire que cette eau en se retirant, a laissé à sec une grande quantité d'animaux marins. La plupart périrent; mais dans le nombre, par suite d'un concours de circonstances favorables, quelques-uns, peut-être même des races entières, purent s'identifier avec leur nouvelle position : voici sur quoi je fonde cette assertion.

Les éléments, base de chaque globe, y ont précédé les êtres; à moins qu'on admette que les êtres y sont venus avec eux. Dans tous les cas, les éléments n'ont pas été établis sur les êtres et d'après leurs besoins, mais, les êtres se sont formés et organisés d'après les éléments. Partout, ainsi qu'on peut le remarquer, la forme de la créature est en rapport avec sa [position, c'est-à-dire avec le lieu qu'elle habite.

Si les éléments variaient de nature, les êtres se modifieraient en conséquence.

Depuis que le globe terrestre est peuplé, soit qu'il ait changé de place, soit que le soleil ou les

ET LES Castes. i «j

astres qui l'environnent aient eux-mêmes fait «n mouvement, les êtres ont dû y éprouver uu troubla un dérangement dont les effets et leurs conséquenc^^s ont varié selon les localités et les espèces.

Si la nature des éléments n'a pas été entièrem y.\i

renouvelée, si elle est restée en rapport avec 1 s

formes existantes, ces formes n'out subi qu'une me-

dification partielle. Et de génération en gt'néralioa

la nécessité de nouv^-lles habtiudos et les cfr')rts

continus qui s'en sont suivis ont pu rendre Thabi-

tant d'un élément propre à un autre élément, e.i

appropriant ses organes à sa nouvelle dem- ure. Cest ainsi que l'être né dans la mer a pu, lors(iuj

cette mer s'est, retirée, deveLir le type, le père ou le moule d'une esjtr^i terrestre : et encore aujourd'hui presque tcus îes ammaux vivant sur la terre ont leurs ana^ir^e? dacs les eaux.

Cedd'a-HrïLrs î-e j.izyAi aisément. De la terre i lamerilny a jils de 'i::T-rrrnje absolue, puisque Von voit ir:s ar::l.\.r5 .ui vivent alternativement dans Tio r^î iia* TiLiitre é.ézienî, et nui p».'uvent s*: passer, jei^it:::! im îtsf^ez ]:lj tenips, de l'un ou de l'autre.

Qaa:i: lin iJxerFlié ie fJsiiLîs, certains individus les afr^/iiei.1 ^i»:!?. Ta njuvement du globe qui auraiî jelé I± zii-TZ eu midi, ou la mer sur la terre.

aurait pu briser beaucoup de formes ou de types d'espèces, mais non les briser toutes; et les races restantes, quoique modifiées, seraient encore les mêmes.

Mais cette destruction des formes eût-elle été universelle, cet accident subit eût-il détruit tous les végétaux, tous les animaux du globe, si les éléments dans leur substance, les saisons dans leur révolution, la température dans son application, étaient restés et demeuraient encore ce qu'ils sont, ou redevenaient ce qu'ils ont été, il est à croire qu'après un nombre de siècles la terre serait de nouveau couverte de plantes, d'insectes, d'oiseaux, de mammifères de mêmes classes, et de formes, sinon pareilles, du moins très-rapprochées.

Et ceci a déjà eu lieu : à chaque pas nous en trouvons la preuve dans ces amas d'ossements et de corps fossiles ; tout annonce que les formes de l'origne du globe ont été, à certaines époques, frappées de mort dans leur totalité. Mais en même temps leurs débris, comparés avecce qui vit aujourd'hui, nous démontrent que toutes ces races ont reparu avec des figures et des membres semblables, ou voisins des types éteints ; et si l'on ne voit pas parmi eux des restes d'hommes ou d'autres classes élevées, c'est qu^elles n'existaient pas encore.

0!2îf?Tr de:: cr-L-irr- 2- c- rr '< : •'- i^ fonnes a^? ^i:i::r:i Trn-^-^^i ^- ^ ;.. . -..:-

orc^ane? te- uii'- ^'. ti^3 airr**--.. "\v »•-- •'•::•::- cl globe, i 2'éT»:»ru£ oi I l -nnin^^'^L'»*- i f- j- :•; tT. n'étaient ut^f c! uu^ ^5=£ii?t: iL-r-iir- :.: f i:-* -.a. ments d'&-':'i:rL'i.ul.

RemarqT:::^^ : -r les s-bstances où séjournent le» corps font rar e:iiyr?rt d'un moule ou d*uip» ppMncs et contribuent à leur mécanisme extérieur ou k l'ur contertxire.

L'on peut donc, à l'aspect des lo^alil-;s '-♦. '!-<< r:. «^ tières qui les composent, mesurer]u-':u i ^r-, -r-. \ point la taille, la figure et la destinai*.:'.:. 'î * -^û^ tures qui les ont habités, et ré?iprYj ■;•'':.' r/^

Ainsi, puisque les animaux d-r» pr- rr. -r- './.^ -;,. la population terrestre, avaler/. 'î^^ rV/.-r- ; - .: :.-. ircher, des nageoires pour m;: -.t. c'e-/. ^i-î 1- t"rr»a était ferme, c'est que Veaa était f.jiie et r.^a glacée.

S'ils avaient des yeuxpo'jr voir, un n-z pour ^^'ntir, une bouche pour respirer, des oreil^'^^ pour entendre, c'e?t que la ÎQTiiiêre, l'air, les r>rp<î o'iorants . existaient eomine de nctre teir.pa, et qu'ils étaient palpables, respirablr?, et:.

Mais à, dan.^ une révolution de la machine ter-

restre, l'essence même des éléments eût changé ; si ces éléments fussent devenus autres; s'il n'y eût plus eu ni air, ni eau, ni terre, mais une matière toute différente en base et en principe, non-seulement les ôtres pourvus d'organes en rapport avec les éléments détruits, ne pouvant vivre dans les nouveaux, eussent disparu; mais dans ce renouvellement absolu, rien d'analogue aux races anéanties n'eût pu les remplacer.

Dans ce cas, le globe serait-il resté à jamais inhabité? Non, et si ces éléments eussent pris une fixité, un ordre quelconque, enfin une position habitable, les êtres y auraient reparu sous une forme appropriée à cette nature nouvelle ; car, regardons comme chose certaine que l'individualité du plus petit être comme du plus grand est indestructible, et que les révolutions de notre globe, celles de l'univers entier, l'anéantissement même de ces globes, et le bouleversement de tout ordre, ne peut diminuer en rien la masse de la matière, ni réduire d'une seule le nombre des créatures. La mort rompt l'enveloppe et rien autre.

Je dirai plus : cette confusion de toute chose, ce brisement violent de la forme et de son point d'appui, ne pourraient faire rétrogader la marche intellectuelle d'un seul individu. Elle l'interrompra sans doute, mais ainsi arrêté, cet individu demeurera au point

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iiO LES ROIS, LES PRÊTRES

n'étaient pas connues, et qui, peut-être, ne l'étaient dans aucune partie du globe ; or, comment y sontelles venues?

Ces apparitions d'êtres de même forme ou de formes diverses sur des points éloignés, sans communication, sans rapport perceptible, sont-elles l'effet d'une création subite ou de la préexistence des germes dont quelque circonstance locale avait retardé le développement?

N'est-ce qu'une modification partielle que le chaud, la sécheresse, l'humidité, la nourriture, ont apportée à la surface ou à l'extérieur des genres î

Ou est-ce bien réellement la transition d'une forme à une autre, le passage d'un degré d'âme à un autre degré ?

Rappelons ce que nous avons dit à ce sujet :

Lorsque nous avons fait la remarque que les espèces dont on trouve les restes le plus profondément enfouis, celles que nous considérons comme primitives, tout en se rapprochant des races actuelles dans l'ensemble de leur organisation, présentaient néanmoins quelques points de dissemblance, nous avons ajouté qu'une modification dans les éléments ou dans rintelligence avait pu amener cette variation dans la forme.

Cependant, si les fondements de notre planète

ET LES CASTES. iil

sont une portion notable d'un ou de plusieurs astres plus anciens, il est possible que ces empreintes de créatures, dont on ne trouve pas aujourd'hui les analogues, viennent de cet antique monde.

Si Ton adopte cette version, on peut croire aussi que quelques-uns de ces habitants d'un globe brisé ont pu arriver vivants dans la région qui sert de base au nôtre ; ou bien Ton admettra, comme nous l'avons fait, que leur germe se trouvait dans cette portion ajoutée. Alors le développement de ces germes préexistants expliquerait la naissance des mômes espèces sur des points sans contact.

Nous avons également parlé de végétaux et d'animaux surgissant d'un récif isolé, où. serait déposé un cadavre, un débris, enfin un corps ayant vécu. Que ces germes soient demeurés dans ce corps qui luimême se nourrissait d'ôtres et de germes, c'est possible; mais n'y eussent-ils pas existé, et môme aucun corps mort ou vivant n'eût-il été jeté sur ce rocher, on n'y aurait pas moins, après un certain temps, trouvé des êtres, parce qu'il n'est pas une seule portion de la terre, peut-être môme de l'univers, si cette région n'est pas glacée et obscure, oh l'on ne puisse en rencontrer; mais nulle part on ne démontre d'une manière satisfaisante comment ils y sont arrivés.

Nous avons vu que les plantes, les insectes pouvaient y avoir été apportés par l'air, la lumière, la vapeur chaude, parce que beaucoup de ces êtres dans leurs graines, leurs œufs, leurs nymphes, sont petits et légers ; et même que certains d'entre eux, quoique entièrement développés et au terme de leur croissance, sont encore si mobiles que le moindre souflBle, en les soulevant, leur fera traverser l'océan ou au moins dès distances assez considérables. Mais les animaux que la tempête même ne pourrait transporter comment s'y trouvent-ils? Gomment ceux qui ont horreur de l'eau ont-ils gagné des îles éloignées de toute terre? Comment ceux qui n'ont pas d'ailes ont-ils escaladé des pics inabordables ? Us y étaient donc avant que ces îles fussent détachées du continent? Mais toutes les îles ne sont pas des fractions de continents.

Que ces animaux y aient été conduits par les hommes, cela est moins probable encore ; beaucoup de terres peuplées de grands quadrupèdes n'étaient pas connues des hommes, et tout annonce qu'elles n' avaient jamais pu l'être.

Sans doute la plupart des espèces qui habitent ces lies, y sont nouvelles, et l'on n'en trouve les ossements qu'à la surface.

On doit même ajouter que ces terres elles-mêmes sont peu anciennes, et que d'après leur âge présumé

ET LES CASTES. ilS

on peut, jusqu'à un certain point, calculer d'avaDc^ le nombre et la classe des familles qu'on y rencontrera; et aussi, d'après leur étendue, la taille des individus de ces familles. Mais cela n'explique pas encore comment ces ôtres de grande ou de petite taille naissent semblables et de mœurs et de formes, dans des localités si distantes les unes des autres et sans communication entre elles.

S'il est prouvé que ces communications n'existent pas, si elles sont impossibles, on sent qu'alors le poids, la dimension du sujet ne change rien à la question; et l'apparition d'une chenille dans une Ile qui sort de la mer, est aussi inexplicable que celle d'un éléphant, d'un boa, d'un renard ou d'un lion, dans un continent où il n'en a jamais existé. Cepsnjlant il faut bien assigner une époque à ce principe; il faut que l'espèce ait commencé par un premier individu, ou plutôt par an premier couple.

Si c'est une cause locale qui les enfante; si la même cause peut produire des effets semblables dans des lieux séparés ; si le serpent est la succession du ver, le renard l'embryon d'ua lioD, et le lioQ celui d'un orang ou d'un éléphant, etc., de la progression intelligente de ce dernier ou de tout autre quadrupède pourra D^tre l'homme. Alors

on en conclurait aussi que l'homme a pu, sans antécédents humains, paraître à des époques di- Terses sur plusieurs points de la terre et par la seule conséquence des rapports de la forme avec l'instinct, derinstin:^t avec la localité, et des progrès de cet instinct jusqu'à la raison.

(7est ainsi qu'on expliquerait les variétés de la race humaine, le nègre, le tartare, le blanc, dont le caractères distincts semblent dire qu'amenés par la même impulsion, formés par une progression égale, ils n'ont point eu la même origine élémentaire ou les mêmes circonstances matérielles de développement.

Mais pour adopter ceci, H faudrait reconnaître en même temps la possibilité d'une métamorphose, la dérivation et presque la génération d'une forme par une forme différente ; et l'on me dira que c'est contraire à tous les systèmes, à toutes les^croyances, que jamais un genre ne peut devenir un autre genre, qu'il y a entre chacun une ligne de démarcation et une barrière infranchissable.

Je réponds: elle est infiranchissable entre des degrés de croissance qui ne se touchent point, car pour monter aux échelons culminants d'une échelle ou à son sommet, il faut bien passer par ceux qui les précèdent. Mais pour toutes les espèces, il y a

des effets communs, résultats de causes égales. Les êtres de toute nature ont des besoins, des désirs, des passions semblables, et pour les satisfaire des organes dont les fonctions sont les mêmes. Toutes les races, . quoique notre orgueil le nie, ont un air de famille, et je n'en excepte pas môme les végétaux ; on croirait qu'entre eux et les animaux il y a des rapports de filiation ou au moins d'adoption; tel arbre, telle herbe, abrite constamment la même larve, le même insecte; non-seulement il le nourrit, mais il semble qu'il l'enfante et que la vie de l'un touche à celle de l'autre.

Il y a ainsi une liaison entre chaque règne, un enchaînement de formes et de progrès ; toutes les espèces et toutes les créatures, depuis la plante jusqu'à l'homme, sont unies par un rapprochement insensible de faits, de résultats qui se suivent et s'enlacent sans interruption aucune.

Si nous n'apercevons pas tous les anneaux de la chaîne, c'est que la vue humaine est bornée, c'est que la plupart des phases de la création échappent encore à nos calculs; mais tous les jours nous en découvrons quelques chaînons nouveaux qui nous ramènent au principe de cette filière sans terme.

Nous nous résumons :

dl6 LES ROIS, LES PRÊTRES

Laraisonet rexpérience nous disent que des globes faisant partie d'un même système, régis par une force commune, ne peuvent être entièrement étrangers les uns aux autres.

La vie peut donc se communiquer d'un globe à un globe.

Le goût de la lumière étant inné dans l'homme, dans l'animal, même dans le végétal, et la lumière, comme la chaleur, étant nécessaire à la vie, il y a probablement un rapport entre elle et la lumière,

La lumière et la chaleur peuvent servir à l'émission et au transport des germes, et les déposer dans tous lés lieux où elles pénètrent.

La vie ou les germes qui la contiennent seraient ainsi transportés, par la lumière et le feu, sur tous les points solides ou organisés de l'immensité.

Les principes vivants qui peuplent la terre viendraient donc du soleil, ou d'autres astres plus éloignés, qui, à l'aide de leurs rayons, les apportent sur la terre.

Ces germes peuvent encore avoir traversé l'espace avec les matériaux bases d'un globe formé des débris d'un autre. Alors les êtres assoupis dans la matière, se réveillent successivement, quand les conditions nécessaires pour leur action se trouvent réunies.

ET LES CASTES. ii7

C'est par suite de cette cause que de nouvelles crétures apparaissent journellement sur la terre, non par une création spontanée ou une naissance sans précédents, mais par leur réveil et par la manifestation de leurs organes ou de leurs facultés jusqu'à ce moment enfouis et immobiles.

La croissance des germes est lente, et leurs développements se manifestent sous diverses formes que nous avons appelés règnes, genres, espèces, etc.

Il n'y a qu'une nature d'être sur la terre, puisqu'il n'y a qu'une nature d'âme.

Les végétaux, les animaux, les hommes, ne sont qu'une seule famille, que les mômes individus à des époques différentes de leur formation et de leur croissance, ou de leur décroissance. L'animal, s'il n'est l'homme abruti et déchu, est l'homme fœtus, l'homme enfant.

L'époque des végétaux et celle des animaux sont donc sur la terre les diverses périodes de la création de l'homme ou de sa recrudescence.

Si cette création n'avait pas été progressive , si les végétaux, les animaux et les hommes avaient tous paru en même temps, nous trouverions pêlemêle les débris des végétaux, des animaux et des hommes.

Considéré d'une manière absolue, le problème du nombre des êtres est encore un de ceux qui demeurent au-dessus de la portée humaine, et qu'on ne peut espérer de résoudre. Aussi ne voulons-nous pas le tenter et notre intention n'est-elle que de soumettre au lecteur quelques réflexions et quelques doutes sur ce sujet.

Quant aux autres propositions , les réponses que nous indiquerons seront développées plus tard, et nous ne ferons qu'effleurer ici ce qui est relatif à la forme, à son ensemble, à ses parties, ainsi qu'à la manière dont elle s'est constituée et modifiée.

Rappelant quelques-uns des points précédentsi nous demandons :

« Les végétaux étant des êtres, tous ceux d^un même globe proviennent ils d'un seul germe ?

Ce premier germe a-t-il été posé sur un point unique, et tout ce qui vit sur la terre en tire-t-il son origine?

Ou des germes multipliés ont-ils été placés simultanément sur plusieurs parties de la surface ?

Dans ce cas, ces germes étaient- ils semblables, ou de genres divers ?

Des embryons nouveaux sont-ils créés journellement, ou ceux qui nous apparaissent sont-ils une réapparition des premiers?

ET LES CASTES. il»

Ou bien les êtres et leurs germes so:lî-iI^ ina^éés? Vivants de toute éternité, mais assoTiTJÎs, oi.î-£5 îîirgi successivement?

Dans ce cas le nombre en «ngmeiitr-i-îl? Ou peut-il être réduit par leur anéantissiPiiir::! partiel ou par leur réunion pour former des iniiTiiiis plus forts ?

Enfin, s'il est démontré qu'un i^tre quel qu'il soit, qu'une plante, même la plus simple, ne puisse n^itre sur la terre sans un germe préxistaLt ou appjrl*r d'un autre globe, on demande comment ce ^ena*était préexistant, ou comment ii était dans :^t autre globe ? »

L'une de c'est questions, ravant-demière, a déjà été résolue négativement. Nous avons dit que l'individualité ou l'âme ne devait ni naître, ni mourir; de même que deux individus n'en pouvaient jamais devenir un seul, et qu'un seul n'en pouvait former deux.

Passant aux autres demandes : si l'on admet que les germes de toutes les créatures terrestres ont été posés au même moment et avec les bases de notre planète, et que le nombre en est limité, il faut croire aussi que les formes ouïes espèces plus parfaites, se constituent à mesure que les plus grossières disparaissent, et que les végétaux de premier ordre, aug-

mentent en raison de la destruction de ceux d'un ordre inférieur.

Car une conséquence égale, à proportion que les

reptiles ou les poissons ont été moins nombreux, les

quadrupèdes l'auraient été plus, et ceux-ci auraient

• successivement diminué à mesure que les hommes

ont paru.

Mais, de là il résulterait aussi que les espèces primitives auraient dû cesser entièrement, et qu'un jour les races perfectionnées devraient exister seules ? Or, l'expérience nous prouve que cela n'est pas et ne peut pas être, parce que la transformation se fait individuellement et non par classe ; et, comme la croissance de chaque être suit la progression de sa volonté et de ses actes, là où les uns croissent, les autres peuvent décroître.

Sans contredit il est des types de formes qui s'éteignent, et, lorsqu'il n'y en avait qu'un petit nombre, celui des sujets qu*ils comprenaient était beaucoup plus considérable qu'il ne l'est proportionnellement aujourd'hui ; cependant quelque fortes en nombre que deviennent les classes avancées, il reste toujours des individus des classes inférieures.

Ensuite celles-ci peuvent, ainsi que cela est arrivé sur la terre, se trouver numériquement rédui-

tes, Maisleurmultitude première pourraitreparallre, si les catégories supérieures rétrogradaieat; c'est-i\dire si la vie par le silence de la volonté ou son mauvais emploi, par le sommeil de la raison ou son usage vicieux restait stagnante, puis, devenant rétrograde, s'affaiblissait et redescendait à sa débilité primitive.

Nous ne nous dissimulons pas que la plus ^rran'l-? objection qu'on pourra faire à ce système de population du globe, et de la croissance progressive dla forme la plus simple à la plus complexe, est lo peu de rapport àa nombre des espèces perf?ctiuanées ou seulement des grandes espèces aux petites. « Comment, dira-t on, tous ces animaux informes ou microscopiques, ces milliers d'atomes animés qui remplissent la terre, l'air, la mer, l^-s eaux, arriveraient à l'état humain, ou aune forme tenant I-? même rang dans l'échelle de l'univers! »

Sans doute tous peuvent y arriver et mont-tr i'. J•: haut,maistousn'yarriventpa3.Prob ibl'.in^nt m '::.■■ il n'en parvient qu'une très-petite portion, pir o ■■;■:•si la faculté de vouloir est dans l'univers ili'.é :■ créatures, la plupart n'en font pas usa^-e.

Qu'on nous pardonne de répondre en :ore îji : ir

des considérations morales, quand OQ altenJai: 'î.*

"^es physiques. Mais, parmi c*lles-ci m'm.-. :i

n'en est pas une, si l'on veut y réfléchir, qui n'éraane de l'intelligence ; et toute démonstration ou tout effet, quelque matériel qu'il semble, n'est au fond que la maoïfestation ou la conséquence d'une

Nous le redisons : l'être est libre, sinon il ne serait pas un être. S'il peut avancer, il peut également ne pas le faire, et demeurer indéfiniment au même point.

Alors quelque faible qu'il soit, s'il se complaît dans sa faiblesse, s'il est heureux, si sa félicité est dans ce derai-sommeil, s'il conserve son innocence dans cette félicité, s'il ne fait rien pour pu sortir, pourquoi en sortirait-il î II n'a point mérilé de tomber plus bas, ni de s'élever davantage; il ne veut ni l'un ni l'autre, il doit donc rester où il est.

Or, cet état de stagnation volontaire, cette espèce d'inertie qui nous fait tenir à notre position présente, même quand nous la sentons incomplète, difficile, mauvaise, est la suite d'une disposition presque générale dans toutes les classes terrestres. Dites au plus misérable des humains, au plus disgracié des êtres, que vous allez renouveler sa forme et lui donner celle d'un autre ; vainement cet autre aéra plus fort, plus beau que lui ; malgré cette évidence, quelque profit qu'il y rencontre, retenu par je ne sais quel doute, quelle terreur, quel amour de

ET LES CASTES. Ii3

soi, il trouvera, en se reconnaissaut le dernier de tous, un avantage à rester lui; et serait-ce pour devenir le premier, il hésitera et peut-être vous refusera. Alors comment s'étonner si tant de créatures demeurent indéfiniment dans les classes infimes ?

Si nous voulons par quelque autre rapprochement nous représenter la disproportion qui doit, par cette seule cause, la volonté, exister entre les êtres du bas de l'échelle et ceux des degrés plus élevés, nous interrogerons ce qui se passe dans les échelons qui nous avoisinent et dans le nôtre même.

Parmi les animaux domestiques que nous connaissons le mieux, sur cent, sur raille, vous n'en trouverez pas un dont l'instinct l'emporte d'une manière marquée sur celui de ses semblables, quoiqu'il n'y en ait réellement pas deux qui aient identiquement le même instinct c'est-à-dire qui, dans une même position, possèdent une môme dose d'intelligence.

Dans une nation de trente millions d'âmes, il se rencontre à peine, dans un siècle, un homme vraiment supérieur, un être de génie. Hé bien I ces trente millions d'individus ont pourtant les mômes sens, les mêmes organes, les mêmes bases de volonté, peut-être les mêmes passions; il n'en est pas un, s'il se comprend lui-même, s'il n'est pas resté en-

fant, ou idiot, ou insensé, qui ne voulût avoir du génie, ou la supériorité qu'il donne. Mais aussi, dans cette multitude, il n'en sera peut-être pas deux qui persévéreront dans cette volonté, et s'astreindront à faire ce qu'il faut pour réaliser ce qu'ils veulent; parce qu'il est très-peu de personnes, même parmi les plus raisonnables, qui sacrifient un bienêtre présent à un espoir éloigné : et qu'il en est moins encore, quelle que soit leur conviction, qui apprécient une amélioration, et un progrès au delà de la terre.

Si cette soif de supériorité morale ne semble pas aussi générale que je l'indique, qu'on applique le même raisonnement au désir de la beauté. Il n'est aucun être qui ne veuille paraître le plus beau de tous, si déjà il ne croit l'être, et nul ne fera ce qu'il faut pour le devenir.

Si les hommes, au point élevé où ils sont, restent si apathiques sur leur sort futur, si la jouissance du moment, toute pâle qu'elle soit, comparativement au désir qui la précède ou à celui qui la suit, les satisfait et les arrête, que ne doit-il pas arriver dans les races grossières qui, prévoyant moins l'avenir, jouissent d'autant plus du présent I

D'après ceci, on doit concevoir comment, malgré la faculté qu'elles ont de croître, tant de créatures

ET LES CJkSTE>.

tant d* espèces ne croissent pis. E: ^flisf comme on vient de le dire, p îr^e q:iV-If> plaisent dans leur po?iî::a et :-'TlIrs r pas faire usage de la liberté d"fz>:r:lr. C-r la douleur, le besoin, une ^rne ^ ItI :•:::;- V contraint, en excitant leurs arr^'Ji? e: 1sance de vouloir, en leur drnnanî z:z.±z. — d'énergie.

Peut-être même est-ce cette dzzlr:^ zzL leur âme pour la première f:îs, eî !'& sommeil qui sans elle aurafî j - 'tre é:rn.rl

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Dans les classes de délut c !: la îi-iIriT ^^. î-r**la destruction peu prévue eî p sr y'z.h^zz'-'L'^^i. .-^ttie, les êtres, en grande n:a;:r-:é. îi-V-^i.: :i^i*f— niment vivre, mourir et renifire sr^f rj.f* n* •::.* forme. Mais ce qui peut dar^r ffs zil'^irLi fti siècles, peut aussi cessera chaq::e i:i.?:.ii:. ;: i^^^zi"! suffit d'un désir ou d'une action de r-:r=^. rrir '* mettre dans une autre situation.

La faculté de cette volonté et de cette œaire eii^ tant, la possibilité de l'exécution doit se pré-enter tôt où tard ; et nous ne reculons pas devant cette idée, que tous les individus de la création, quelque bruts et exigus qu'Es semblent, peuvent pa^^ser par tous les degrés de force et de puissance, et tronv-r moyen d'exercer l'un et l'autre.

Mais l'espace leur manquera?

Comment leur manquera-t-il? Supposons que cette volonté de croître vienne en même temps à tous les êtres : supposons leur multitude mille et mille fois plus considérable qu'elle ne Test; supposons que l'eau, l'air, la terre, en soient remplis, qu'ils se montrent enfin aussi nombreux dans notre planète que les grains de sable, et qu'il en soit ainsi dans tous les globes de l'univers, à ce peuple immense, à ces milliards d'êtres, l'immensité n'est-elle pas ouverte? Ne peut-elle les contenir tous, fussent-ils, non des atomes, mais des géants?

Et la matière elle-même leur taillirait-elle pour l'œuvre? Non encore; caria matière aussi n'a pas plus de bornes que cet infini. Elle y varie sans doute de forme et d'essence, et chaque région de l'espace peut avoir des éléments qui lui soient propres. Mais dans cette immensité, nonobstant cette variation, la substance de l'œuvre est partout.

Sans donner ce qui suit comme fait constant, ne serait-il pas possible qu'il existât des globes qui par la nature bornée de leurs éléments, ne comporteraient qu'une série très-limitée de degrés d'intelligence, et qui serviraient de demeures à des germes ou à des âmes sortant de leur sommeil, ou même à des êtres retombés à leur état originel et de débilité

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