peine le roi Marsile a-t-il aperçu
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Baligant^qu'il appelle deux Sarrazâns espagnols. « Soutenez-moi 3 leur dîl-îl, «t place^i'^môi sur mon séant : » puis, prenant de sa iMingaticliè' un de ses gants : « Sire roi amiral, ajouta-t-ÎI,' je tous rends ici tous mes royaumes ; Sarragosâe et tons les hommes qui y sont attachés. Je suis perdu ainsi que tous les miens. » L'amiral répond : «J'en ressens une vive douleur^ mais je ne puis parler longuement avec vous. Charles est bien loin de m'attendre et je n'ai que le temps de recevii^r le gant de vous. » Il dit, et de douleur il pleure en se retirant. Âoi.
199. — Il descend les degrés du palais, monte à cheval et se joint à sa troupe qui pique desdeux, n chevaucha avec tant d'ardeur qu'il était le pre*' mier devant, et les païens se criaient les uns aux autres : «Venez, païens 1 déjà les français, fuient. Aoi.
200. — Dès l'aube du jour, l'empereur Charles est éveillé. Saint Gabriel qui le protège de la part de Dieu, lève sa main, et sur lui fait un signe. Le roi qui a reçu ses armes descend, et tout le reste de l'armée s'arme également, puis oh monte à cheval et on suit en toute hâte les routes et les chemins pour aller voir le merveilleux dommage résultat de la bataille de Roncevaux. Aoi.
201. — Charles est arrivé à Roncevaux et bientôt il pleure sur les morts qu'il y trouve. « Sei-
gneurs, dit*^il aux Fr^oiçais, prenez le pas, car je suis allé en ayant, dans l'espoir de retrouver mon neyeu. J'étais un jow à mie fête annuelle à Âix, où mes Taillants eheTàliers parlaient des grandes et terribles batailles. J'ouïs dire à Roland qu'il ne mourrait jamais dans un royaume étranger pas plus que ses hommes et ses pairs , sans qu'ils eussent la tête tournée vers leur pays, et que le baron finirait vaillamment. A la distance où l'on peut jeter un petit bâton, l'empereur est monté sur une colline, avant tous les autres.
202. — Lorsque l'empereur se mit à chercher son neveu, il vit les herbes et les fleurs des prés tellement teintes du sang de ses barons, qu'il ne put s'empêcher de verser des larmes. Le roi parvenu sous deux arbres reconnaît les coups que Roland avait donnés sur trois perrons, et aperçoit bientôt son neveu gisant sur l'herbe verte : on ne peut s'étonner de la colère qu'en ressentit Charles ; il descend, se lance à pleine course, et prenant Roland entre ses deux bras il s'évanouit sur lui, tant l'angoisse qu'il ressent est forte*