‹ Roland; ou, La chevalerieChapitre 32 sur 49 · II · texte numérisé non relu

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conduit avec l'escorte de cent sergents. Il y en a 'trente qui doivent étrependus. Qui trahit les autres doit mourir. Aoi.

291. — Malgré les Bavarois, les Allemands, les Poitevins, les Bretonsetles Normands, les Français ont décidé que Guénelon doit mourir dans de merveilleuses tortures. On fait avancer quatre chevaux à chacun desquels on lie le patient parles mains et par les pieds. Les coursiers sont orgueilleux et vifs, et quatre servants les conduisent par devant, auprès d'un if qui croît au milieu de la campagne. Guénelon est destiné à mourir misérablement. Tous ses nerfs sont distendus etses membres arrachés de son coips, son sang coule sur l'herbe verte. Guénelon est mort comme un félon mécréant. Homme qui trahit les autres ne doit jamais avoir à s'en vanter !

292. — Lorsque l'empereur eut accompli sa vengeance, il appela près de lui les évéques de France, de Bavière et d'Allemagne : a En ma maison, leur dit-il, il y a une franche captive (prison-nière, fnais libre de naissance)^ à qui on a proposé tant de bons exemples, et qui a entendu tant de bons sermons, qu'elle veut se jeter dans les bras de Dieu, et demande à être chrétienne, c'est Bramidonie, la veuve du roi Marsile. Baptisez-la pour que Dieu ait son âme. )> Les évéques répondirent : « Faites-la présenter par des marraines choisies parmi les dames du plus haut lignage. » Alors on

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se rend dans les campagnes où sont les bains d'Âix, et là on baptise la reine d'Espagne, devenue chrétienne par conviction, et à qui on donne le nom de Julienne.

295. — Lorsque l'empereur eut fait sa justice et soulagé sa grande colère , enfin quand Bramidonie eut reçu la foi chrétienne , vers le soir , le roi s'était couché dans sa chambre voûtée. Mais tout à coup saint Gabriel est venu lui dire de la part de Dieu : « Charles, rassemble les armées de ton empire; tu dois entrer de force dans la terre d'Èbre, et lu iras porter secours au roi Vivien , dans la cité dlmphe que les païens ont fondée. Leschrétiens tedemandent,ilst'appellent! » L'empereur n'était nullement d'humeur à commencer cette entreprise : « Dieu ! dit-il , que ma vie est laborieuse et pénible ! « Et il pleurait , et il arrachait sa barbe blanche. — Ici finit la Geste que Turold décline.

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