fiOiiAni
lui rencïr^ le9 honneui» deila8épubufe4<Sft%iaO&.) On satisfait à son désir,.et i^aeoips.de C^todiin lui est apporté en grande pompe. « Quand elle revoit SQQ époii^ Hiort» leTÎ^g^rdetla i;çiae^«^])aignede larmes 0,elle $'éprije : « Hé» GuitecUn^qilî étiez de si haute ppbj^se^: si ]^a))oiait0t.a.i|tif^ue puissance au ciel et çiur la- t^re^et ppur^iie pas invoquer encore celui qui ressuscita La^uau, j6.le prie et requiers de vous accorder le paràQQ dç yq« fautes !» — « Ne vous tourm^qtez pafi^^dame, lui dit le comte Salemon, là présent, lorscpi'on a Fespérance de posséder un amant telquelç^^ipeil* leur chevalier du monde qui vous^^efit qffoi^^p^r Charles, c'est unl)el échangea fajr^9ntçeu^ip;[)rt/»
— Dame laissiez ester , dit li cuens Salemon r
Bel échange de mert,qi atant tel giioB' t • «v --f-rf
Gom Karles vos promet de mia^ de sa maisoii;
N'a millor chevalier an nule région fStr. 207 J
Ce à quoi la reine répond : « Sire, que Dieu soit béni. Mes plaintes ne monteraient paâ à lét k^éi& d'un bouton ; aussi convient-il que jd nîe l^ignë comme une femtne en prison et entourée dé tant d'hommes, si on ne lui fait pas grâcë« i (S^. 20iS-
Çharlemagne, impatient de décider Sébile à se convertir, lui accorde tout ce'qui.pi^ul;la:flatterv 11 fait bâtir un tiH^obeau^spl^pdideà Guiteolin, à qui on rend les derniens honneui^, selon les usages de son pays, (5tr. 2080
LA ghauson des saxons. 203
Après "aycâr fait promettre mariage à Sébile et à Baudoio, et av^ir fiancé de nouveau Bérard ejtflér lissau, le roi s'ayapee vers Ja,.viUe capitaje^. Tré^ moigoe^abaudQunéeparles Saxons ; S s'en empare^ et dece. point important^ se propose de pousser vivement la conquête de la Saxe. (&r. 209.)
Préalablement, en présence de tous les barons de sa cour, Charlemagné fait baptiser Sébile par l'archevêque de Rheims, puis il là fait marier en-^ suite avec Baudoin, étemel sur la tète de celui-ci la couronne de Saxe, qui/avait appartenu à Gui* teclin • La joie règne dans> rgnrméè, maisty difr tout à coup le poète, on ne verra pas la lune fournir deux fois son cours, sans que cette joie ne se change en douleur. b(iSin 209.) '
Cependant, le roi profite de ces fêtes pour iÉsiire chrestienner^ baptiser toutes les dames et demojjr selles saxonnes, prisç^nières, ^u^quelles il donnp de ses francs-h9fi;iq[)^ pour ^ppux, puis il se 4ér cide. à faire un voyage en'France. (&r. 210.)
Mais les deux fils de Guîteclin, Fîeramor et Dialas, qui se tiennent ' dans une ville nommée Trape, forment le projet de venger leur père. Baudoin leur envoie im message pour les' engager à se souniettre- Outre la résistance que les deux jeunes gens veulent naturellement opposer, ils y sont encore entraînés par ^n certain Fierabras de Russie^ du lignage des Je^nz. Il a six pieds de
204 BOLAUD.
haut; ses cheveux sont blonds et entrelacés, sa barbe est un peu rousse et son visage couleur chamois. Ce personnage, dont la stature, sans être surnaturelle, fait pressentir, cependant, le Géant, gourmande les deux fils de Guiteclin sur leur indolence et les anime à combattre. On rassemble des troupes, on se propose d'attaquer Charles, et Ton se flatte de l'envoyer régner à Aix-la-Chapelle. (S^r. 211-213.)
Ici commence à se préparer la perte de Bau^ doin. Charlemagne, croyant avoir établi son neveu assez solidement pour qu'il pût résister seul aux Saxons, se propose de faire un voyage en France et se met en route. Mais les deux fils de Guiteclin, animés par l'esprit de vengeance, vont saisir cette occasion pour attaquer celui qu'ils regardent comme l'usurpateur de leurs droits. On se bat; Baudoin, n'écoutant que sa fougue naturelle, montre plus de valeur que de prudence ; tant qu'enfin, après un rude combat qu'il a eu avec Fieramor, les Fi-ançais sont repoussés et forcés de se retirer dans la ville de Trémoigne {l^r. 235), où lui et les siens sont assiégés par l'armée saxonne, commandée par les fils de Guiteclin.
Charlemagne^ qui était déjà à Cologne avec sa cour, ne tarde pas à recevoir un messager qui lui apprend les tristes nouvelles de la Saxe. Il appelle près de lui le duc de Naismes, Bérard de Montdidier et Lohot-le-Frison, à qui il Êiit part du péril
LA GHAirSOir DBS SAXONS. 205
où se trouvent son neveu Baudoin et Sébile. Aus-r sitôt, les barons envoient en Anjou, en Frise^ en Lorraine et dans le Hurepoix, pour l&ver des troupes et se porter en toute hftte sur le Rbin. Charlemagne marche à leur tête. (Sir. 237.)
Cependant Baudoin, enfermé dans Trémoigne, passait des jours et des nuits dans l'anxiété la plus vive. Un lundi matin, qu'il s'était levé plutôt que de eoutume, il était avec Sébile appuyé près d'une fenêtre. Tous deux considéraient, de là, les tentes qui formaient le camp des païens, par qui ils étaient tenus assiégés, et, à la vue de tant d'ennemis qu'ils n'espéraient plus vaincre, Baudoin se laissa aller au découragement. « Beau doux ami, lui dit alors la reine, ne vous effrayez pas ainsi, Charles vous secourra. » À peine avait^elle dit ces mots, que, mettant la tête hors de la fenêtre et apercevant l'armée française, elle s'écria : «Sire, voici votre oncle qui s'avance fièrement avec ses troupes ; voyez-vous l'oriflamme que vous avez portée tant de fois 7 x> — «Dieu créateur 1 dit aussitôt Baudoin, je pourrai donc me venger encore de la gent païenne ! » Puis, descendant avec précipitation les marches de son palais : « Ârmez^vous, chevaliers, s'écrie-t-il à ses gens, Charles est de retour! » (Str. 238.)
Les deux armées ennemies sont en présence sous les murs de Trémoigne, et il se donne bientôt
206 ROLiUCD.
une terrible batalUe à laquelle Charleœagne prend part {Sir.9Ai)vlSMte'to\jiB les Français qui montrent 'le-phis ^d^ai^ur) Bérwd-de Montdidier se fait remarquer encore. Voyant Gteirles^^gereusement engagé aVée lets ennemis, il virat dans la mêlée et abat, d'un seul coup, un Saxon prêt de donner la mort à l'empereur. À ce moment, avec Fîeràmor, vient Fierabras, le seigneur de Russie, se dirigeant contre Bérardj'à qui il porte un coup de lance qui lui traverse la poitrine pires du cœur. Malgré son horrible blessure, Bérard se maintient sur son cheval et trouve encore la forcJe d'adresser ces mots à son ennemi : <c Saxon oiigoéiUeux, que Dieu te niaudiissel tant je^Bais hiaiiltenîant à quel point tu es plein de* méchanceté 'tet»<te fraude. Je ne me défiais pas de toi, c'est par trahison que tu m'as donné 1^ mort; que Dieu tout-^puissant pro- !ége les autres; *câr -|e ne pourrai plus désormais leur être eiï aide. Hà ! Hélîssan, ajoute-t-il, ce lâche païen est cause ^uè^notre amour est détruit, cet amour que naguère je vous avais juré; maintenant, je vous manque de foi. Ah ! si j'eusse vécu, que je l'aurais bien' tenue; et si je vous avais eue pour 'amîè,îé'VousauraiS'priéede m'aîmer encore rfàvanfîigë : mocP âme ëà eût éprotivé tant de joie!» iStr. 246.) ' ' - » - -
Malgré sa blessure, le courageux chevalier se tient encore sur son coursier, faisant les derniers efifôrts pour éloigner ses ennemis. Mais les Saxons,
épouyaatés en quelque sorte par la forée de la Titalité'de Bérard; qui, ma^ré les flots de ^ng qu'il perd, leur oppose encore de la résistance, se jet- UxA sur lui en grand' nombre et parviennent à tuer scmcheval. (&r. a*7;)
Démonté et perdant son sang, Bérard regarde autour de lui et se traîne sous un laurier qu'il aperçoit à sa droite. Se sentant près de mourir : « Dieu, père toèt-^puissant, dit-il; reçois, s'il te plaît, aujowd'hiri; l'Ame de ion chevalier, et protège CharleiQâgne et Son neveu Baudoin couti'e la mort et cMttr^ toot dommage.; protège aussi Hélissan, afin que si elle se marie, elle lé fasse dignement pour kh î * En prononçant ces mots, Bérard se sentit fidbUr.-Il délaça péniblement son heaume, se débarrassa de son écii^;ne conservant à la main que son épéé tiue, à laquelle il dît : « Hà! mon épée, vous^ qui m'étieas si chèfre, quelle douleur pour moi de penser que vous ''allesfc tomber entre les mains des Saîédnô ! » Ptôs de lui était une grosse pieri^. R«fôemMa«t ce qui lui restait de force, Béf^rd s?en approcha et ise mit à la frapper avec son épéfe, dans r^pérance de-^briser son^nne; mais la force lui niettquai^et ileut le désespoir de ne pouvoir la détruire» (Sr. 248.)
Bérard perd toute force avec le reste de son sang^ et déjà il a éprouvé plusieurs défaillances. La mort le pressa. A défaut de prêtre, il s'était
208 roIiAud.
communié avec trois herbes fraîches, au nom de la Trinité, après s'être tourné vers l'Orient. Mais bientôt sa bouche se noircit, ses dents se serrent, son visage devient pâle et son œil s'obscurcit. Les deux bras placés en croix sur sa poitrine, il veut se recommander à Jésus, le roi de majesté; mais la parole lui manque et son esprit s'en est allé. {Str. 249.)
La mort de Bérard porte au plus haut degré la douleur et la colère dans l'armée de Charlemagne, et lui, ainsi que tous ses barons brûlent de venger la perte de leur digne compagnon d'armes. Le neveu de Charles, Baudoin, se montre encore plus impatient que tous les autres; dans sa fureur, il cherche des yeux quelque ennemi, et choisit, pour l'aller trouver, Fieramor, qui caracolait encore fièrement devant les Saxons. Il l'apostrophe , l'injurie 9 lui reproche la mort de Bérard et finit par s'élancer à toute bride sur lui. Mais Fieramor attend son ennemi sans s'émouvoir. Alors commence un afiFreux combat entre eux. Les armures des deux rivaux sont également fracassées, leurs épieux teints d'autant de sang, mais tous deux restent fermes sur leurs arçons. {Str. 251 .}
Cependant Baudoin, ainsi que le Saxon, se sont fait ime blessure à la poitrine, au-dessous de la mamelle; mais ils ne cessent pas de combattre. Les deux guerriers semblent même redoubler
LA chausov des saxors. 209
de fureur, et ils ne laissent ni un clou ni une clavette à leurs armures. — a Païen, s' écrie enfin Baudoin, crois au Dieu qui est né d'une yierge, et nous laisserons le combat. Notre accord serait beau; je te mènerai au roi d'Aix-la-Chapelle, et nous te ferons baptiser toi et tes gens I » « Vassal, répond Fieramor , cesse de parler ainsi , je ne te céderais pas une cenelle (petit fruit de haie). Le sort de ce pays sera décidé par le tranchant de Tépée. Notre sang coule et tous deux nous sommes blessés à la poitrine» Nous sommes à deux de jeu (chacuns de nos a traite à la marrèk), et, si je ne me trompe, ce n'est pas Charlemagne qui aura l'honneur de la partie. » {Str. 253.)
Fieramor continue de parler en i-eprochant aux Français d'avoir causé la mort de cinq cent mille hommes en Saxe, d'avoir tué Quiteclin, et il finit par dire ironiquement à Baudoin qu'il ne fera plus la cour à la reine Sébile. ( Jamais de vos Sébile ne sera jar baisie.) {Str. 254.)
Après ces mots, il n'y a plus d'arrangement possible. Les deux combattants tirent leur épée, la seule arme qui leur reste, et se portent de nouveau des coups terribles. Enfin Baudoin frappe Fieramor entre le col et l'épaule et Tétend mort à terre, a Outre, fils de... , lui dit-il alors, vous ne ferez plus la guerre à l'empereur Charles! nEtil se tourne aussitôt en lançant son cheval au milieu II. 14
210 AOLAND.
d'un gros de SaxoQs qui faisait oûue de reotoilrer. Le corpa tout saoglant>,'inaisineKia«aQt. encore du regard, .Baudoin. voit .9' écarter les! Savons» qui le suivent lentemeot. pour le prendre par demère. Alors le chevaUer fraû{ai$ crie : Mmtjoie 1 dans l'espérance d'être see^niru par Gbarl^nagne» Mais c'est) en vain qu'il .crie; eptouré d'une foule de Saxons, qui le harcelleofa» il en poursuit plusieurs jusqu'à ce quOf accablé par le nombre^ on lui tue son cheval enj^ lai^santfiluirioèine gi»ant à terre, mais.wna que.personiie oserapprocber^ (S^r« ^55.) .Blessé à mort, seul, n'.ayiant pluade cbev al, Baudoin commiepoeà v^s^r des larmes, puisiliadresse une prière à Dieu , dans laquelle ,* après lui avoir offert ses douleurs en échange de celles que Jésus a éprouvées sur la terre, il termine par dire : « Àh ! reine Sébile, qui mérites tant.d'étreprkéey tu vas perdre à ^ibais,\iiujouDd'hui', cebii qui t'aimait tant. Nous avons eu peu de temps à Jouir de notre bonheur ; mais c'est p'ar anibur'pour moi que vous avez reçu le baptême, i Alors lé'coéur lui manqua, et son épée s'échappa de sa main. (Str. 257.)
II sentait)^ fii^vnniryUseimit en pmèrei Eu ce monoe^, iW{Sa:(W9>qiii l'at^aU; apârgn, slapprodia de lijii ay^ç,préqai»|iQn,tet(]e lâidie lui. du tout^coup :f< Ei?t^Q.toi, Bapidoin, que je vois là gisant? toi qui, viens, nou/5 .enlever nos fiefs et nos terres? Âh! tu m'as enlevé plus d'un amî, plus d'un parent! A moi la vengeance, maintenant. Je vais te
LA GHAKSOlf DES SAXOUS. 211
couper la tète , et je pourrai me vanter auprès de mes pairs de t' avoir vaincu en bataille. » À peine Baudoin a-t-il entendu ces mots, que la colère lui fait oublier toutes ses douleuk^. Il rassemble ce qui lui reste dé force, prend son épée qui était sur Therbe , et , d'un seul coup , abat le Saxon. Mais Teffort qu'il a fait est le dernier , et il retombe mort. (Sir. 258.)
La consternation est dans le camp français, lorsque l'on apprend cette nouvelle, et Gharlemagne se laisse aller à une telle douleur, que le duc Naismes, l'homme sage et prudent par excellence, représente au roi qu'il ne lui convicQt pas de se livrer ainsi au chagrin, mais que son devoir est de s'occuper du salut de son armée et de la réussite de son entreprise. — « Naismes, lui répond l'empereur , cette douleur est trop grande pour que je puisse la calmer ni Toub^ier. Ah! fraitre Ganelpn, qui m'as privé de mon bras droit (Roland) ! je commençais cependant à m'âceoutumcr à celte perte; et je ne ci*aîgnaîs plus aucun revers, tant que mon autre neveu Baudoin vivrait I » — «Par mon chef, répond le duc Naismes, qu'on le veuille ou non, il faut bien Supporter ce malheur, et nous devons aller combattre ces Sarrasîlisfélons^ueDietî confonde ! » (S/r. 260-261.)
Enflammé par ces paroles, l'empereur pique aussitôt son cheval et donne la mort à un cheva-
212 ROLiUCD.
lier saxon qui le défiait en se moquant de lui et de la mort de Baudoin. {Str. 262.)
Mais le sage Naismes, qui redoute également les actes de faiblesse et de témérité, engage le roi à se retirer dans sa ville, pour se mettre en sûreté jusqu'à ce que les braves Hurepoix soient arrivés et viennent lui prêter secours, o D'après leur promesse^ ils ne peuvent tarder, ajoute Naismes, et, adjoints à vos troupes , ils trancheront la tète à tous les Saxons. » {Str. 263.)
Toutetoîs, l'empereur a des scrupules. Il craint qu'on ne l'accuse de lâcheté en laissant ainsi son armée. Mais Naismes, poursuivant son idée, représente au roi , qu'après avoir perdu successivement Roland , Gérard et Baudoin , sans parler de tant d'autres braves chevaliers , si le malheur voulait qu'il succombât lui-même les armes à la main , la France serait perdue. {Str. 264.)
Quoiqu'à regret , et non sans peine, Charlemagne consent à se retirer. Mais , avant de suivre ce conseil, on charge plusieurs chevaliers d'aller chercher le corps de Baudoin , afin qu'il ne demeure pas au pouvoir des Saxons, et, pendant que l'on en fait la recherche , la reine Sébile vient près de Charlemagne pour savoir des nouvelles de son époux. La malheureuse reine croit d'abord qu'on veut se jouer d'elle, loraqu'on lui annonce la mort de Baudoin ; mais bientôt le corps du chevalier ne
lui laisse plus aucun doute sur sou infortune , et elle se livre à tout son désespoir. {Str. 265.)
Le duc Naismes arrache Sébile du cadavre de Baudoin, qu'elle couvre de larmes et de baisers, et, pendant toute la nuit suivante, Charlemagne est en proie au plus vif chagrin. {Str. 266.)
Mais voilà que , sur le matin , un Saxon , le roi Dyalas s'approche des portes de la ville où est Charlemagne , et le défie en criant à haute voix : a Où es-tu, vieux guerrier, que je te vainque et que je te fasse renier ta foi? Pourquoi te caches-tu ainsi dans cette ville? Je te le dis, tu ne retourneras jamais en France, à moins qu'on ne t'y porte en l'air et par enchantement ( seul passage jusquid qui fasse allusion à la mogfie). Au contraire, avant la fin de l'année, je serai à Paris, portant une couronne d'or, et tout le pays sera sous mon commandement. J'y enrichirai ceux qui m'auront servi, et l'on y rendra hommage à Mahomet et à Tervagant, dans Saint-Denis. Fais ce que je te commande : sors armé et sur ton cheval, pour combattre corps à corps avec moi, et mesurons-nous sans l'aide d'aucun chevalier d'une part ou d'autre. Si tu peux me vaincre, je te le dis, tu en retireras une grande gloire. » {Str. 267.)
Charlemagne accepte le défi, combat avec Dyalas, et, après l'avoir vaincu, lui impose la condition de recevoir le baptême, ce à quoi le prisonnier se refuse. {Str. 270.)
Cependant le roi donne des ordres pour que les corps de Bécard et de Baudoin soient embaumés^ et il ne cesse d'avoir les< soins les plus touchants pour Sébile , à qui il offre , si ejlç désire se remar rier^ les plus brillants partis de son royaume. Mais rien ne peut adoucir la douleur de la reine, et Çharlemagne lui-même montre encore tant de chagrin en cette occasion, que son mentor, le duc Naismes, est obligé de ^e reprendre de nouveau de ces excès de faiblesse. Quant à la reikie : a Ha malheureuse que je suisl dît-elle dans le désordre de son âme, que je maudis Fheure et le jour où je suis née! J'ai perdu Quîteclîn , j'ai perdu Baudoin, et l'un et l'autre ne m'ont donné que des peines t Vrai Dieu ! que doit-il arriver? Yîvrai-je longuement? Mahomet m'a trahie, et Dieu n'a pas voulu que celui que j'aîmaiiï tant me restât. Que serait-ce si j'en prenais un troisième? Non, je ne me marierai plus, qu'à Dieu Seul. Jour et nuit, je prierai de tout cœur Jésus-Christ pour le salut de mon âme. » {Str. 275-76-77.)
Çharlemagne demande à laver, se met à table et fait placer Sébile à Sa droite. Puis faisant venir le guerrier Dyalas, il le place à sa gauche, ne voulant pas le quitter afin de le décider à recevoir le bap1)émQ. Cependant Charles emploie tous les moyens pour engager Sébile à prendre quelque nourriture; mais celle-ci: « Baudoin, dit-elle, ô noble chevalier, non, je ne pourrais jamais trou-
ver qui que oe «eitqui t'é^ftMt. Hélds tdttt cetap- I^reilqm ni'eii\4r(mii6>'iiH>pëpee^)e'c<Bttt-^et si, compie damé Aide au visage fiéi'y quiniourat pour le comte >Rolaitd «et son ficère Olivier, je «pouvais tout-à-coup cesser de vivre, je^ôèraîs au comblede mes souhaits ! »
Se po/sse. morir, com ctumç Aude au vis fier . , Fist por Reliant le conte et son frère Olivier, Lors eusse à mon chois trestot mon desirrier (\),
Ily aiei uuMsez loug épisode au moyen du* quel,. le po^ta semhkiâvoir voulu prouver que la prudence du iduc Naismes .^oe l'empêchait pas d'être UQ daspliishraves chevaliers de l'armée, et il le métaux prises avec un certain Salerez qu'il finit p^r^aincr^ ejt m^t^rq hm(^U{Str. 282-289.)
Cependant les nobles et vaillants hommes du Hurepoix sont arrivés .9.insi que d^|S Bourguignons, des Lombards et niêmi^ des Âpuliens, à ce que je croîs (Puillier), en sorte que Tarmée ainsi recrutée par ces nouveaux combattants va tenter un dernier effort pour soumettre la Saxe. Ces préparatifs imposants font réfléchir le prisonnier Dyalas sur les suites de la guerre, et changeant tout-àcoup de sentiment^, il s'offre pour aller fiyec l'armée française sj présept^deyairt ses compatriot^^^ et les décider à se soumettre à Cnarlemagne. «Hé
0) ^oyezVes strophes 270-2171 de la chanson de Roland, quii se rapportent k ce que dU ici ta reine Sébîle. ' * '
bien, j'accepte, dit le prudent emperair, vous porterez même mon oriflamme. Si vous réussissez je vous ferai don d'un fief en Saxe. Mais, et croyezen ma parole, dans le cas de trahison, vous serez pendu. » {Str. 290.)
On arme de la manière la plus brillante et à la française, Dyalas qui eût été le plus beau chevalier que l'on eût jamais vu, dit la chanson, a si il eut cru au Seigneur qui est né dune vierge. » Lorsque Charles veut le charger de porter l'oriflamme, Dyalas, avec l'intention de donner un gage de sa sincérité, renonce pour cette première fois à cet honneur, disant « qu'il faut qu'on Tait éprouvé avant de le lui concéder ; et qu'il espère bien qu'avant peu, sa conduite dans les combats sera la preuve de la part non équivoque qu'il prend aux intérêts des Français. « En effet, Dyalas, à la première bataille, déclare aux Saxons » que lui, Dyalas, fils de Guiteelin, renonce à Mahomet, qu'il croit en Jésus-Christ, qu'il s'est lié d'amitié avec Charlemagne et qu'il combat pour lui. » (Str. 291.) A cette déclaration, les Saxons, furieux, se précipitent tous vers Dyalas qu'ils défient. Mais les chevaliers français l'entourent, le défendent; une bataille sanglante se donne, et les Saxons, battus sur tous les points, prennent la fiiite. {Str. 292-295.)
A l'occasion de cette bataille, le poëte Jean Bordiaux interrompt son récit pour dire : « Barons,
LA GHAIfSOU DSS SAXOHS. 217
cette chanson n'est point un tissu de contes, mais bien de la vieille histoire, et Ton ne peut rien rapporter de plus imposant que la victoire remportée par les Hurepoix sous les murs de Trémoigne. Les corps d'armée s'étaient rassemblés dans un bois de sapins ; tout à coup les clairons et les trompettes sonnent et répandent l'effroi. Charles et ses Français se tinrent fermes ainsi que les Lorrains, les Allemands et les Thiois. Quant à la contenance fière des Hurepoix, elle était telle qu'à les voir seulement, on n'aurait pas donné un denier maconais de l'âme des Saxons. Mais, entre tous les barons français et bourguignons, il faut avouer que le courtois Dyalas a remporté le prix. Que vous dîrais-je déplus? Il fut donné tant de coups d'épée, que les païens vaincus et mis en déroute, n'ont pas cessé de fuir pendant l'espace de cinq lieues et demie. » {Str. 294.)
Pour consacrer cette victoire, Charles fit bâtir, sur le champ de bataille, une abbaye, dans laquelle il mit des nones, afin que la reine Sébile pût y demeurer et y pleurer son ami. Quant à Dyalas, après qu'il eut été baptisé par un archevêque, et qu'il eut reçu le nom de Guiteclin le converti, l'empereur de Rome lui donna le royaume de Saxe à gouverner, et fit élever un monument dans la ville de Trémoigne pour consacrer le succès de son entreprise en Saxe. {Str. 296.)
Le poète en terminant sa chanson dit: a Lors-
218 noLAja^. . . k •
que, par jsa force, Feiiaperedr cooquît tant de ter-resy <H doa^a uiie grande preuYiejA^vaa^sagesse; C9r il fut, redouté et cr^ipt jueqWauxjgvaQdeftlar des, et les soudans lui payaient 4çfi tributs. » enfin Jean Bord^ux, qui.ne manquer auouneoocasion de Eure rassortir l'exoellencede json i»érite comme historien, et le peu de confiance, que Ton doit: mettre dans les narrations des trouvères, finit par^ ces deux vers: « Ici finit notre chanson. des Saxons, dont avant moi les trouvères n'ont jamais rien; dit. » (5^. 297.)
c Nostre chançons des Saîsnes fenist a icest tor N'en troverez q'an die avant , nul jugleor. »
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