‹ Roland; ou, La chevalerieChapitre 4 sur 49 · Mais le comte Guenelon après avoir bien · texte numérisé non relu

Mais le comte Guenelon après avoir bien

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réfléchi se mit à parler avec sagesse et prudence, comme quelqu'un qui le sait bien faire. « Que le Dieu glorieux que nous devons adorer vous protège ! dit-il d'abord au roi; voici ce que vous mande le seigneur Gharlemagne : que d'abord vous receviez la sainte loi chrétienne, et qu'alors il vous accordera la possession de la moitié de l'Espagne. Que si vous ne voulez pas vous soumettre à cet accord , alors vous serez pris et lié de force , puis mené à sa résidence, à Âix, et condamné là, par jugement, à mourir d'une manière ignominieuse. » Â ces mots le roi Marsile se sentit trèscourroucé ; et avec un javelot orné d'or , il eût frappé Guenelon, si celui-ci ne se fût détourné. Aoi.

35. — Le roi Marsile a changé de couleur, et la hampe de son javelot est tombée. Â la vue de ce qui se passe, Guenelon met la main sur son épée, et l'ayant tirée de deux doigts du fourreau, il dit à son arme : « Vous êtes belle et brillante; tant que je vous porterai à la cour d'un roi, l'empereur de France ne pourra pas dire que je suis mort seul en terre étrangère avant que vous vous soyez mesurée avec les meilleures épées du pays. » Alors les païens disent : « Apaisons ce trouble. »

54. — Les principaux d'entre les Sarrazins prièrent alors Marsile de se rasseoir dans son fauteuil. Le Kalife lui dit: «Vous nous attirez de mauvaises a£Paires. Ignorez -vous que les Français aiment à frapper? Vous auriez dû l'entendre et

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l'écouter. »— «Sire, dit Guenelon, je suis ici pour souffrir. Mais, pour tout Tor que Dieu a &it^ ni pour toutes les ridiesses qui sont en ce pay$, je ne bissj^rais pas de dire, tant que j'en aurai la&culté, CQ . que le puissant Charles mande au > roi Marsile ; {HU* moi, il lui mande qu'il est son floortel ennemi.» Guenelon portait un manteau .de martrç zibeline re* ouvert d'un pâlie d'Alexandrie, n s'en^débarrasse, Jiesi jette à terre, et Blancandrin les. reçoit. Mais le Français ne veut pas abandonner son épée ; et de sa main droite , il la tient par sa poignée d'or. Leç païras disent : «Celui-ci est un noble baron» s» Âoi.

55. — Guenelon s'est approché du roi, et il lui dit : « C'est à tort que vous vous courroucez, car Charles qui tient la France vous demande de recevoir la loi chrétienne. Alors il vous donnera une moitié de TEspagne en fief, et l'autre sera pour son neveu Roland, homme orgueilleux, parcimonieux et avare. Si vous ne voulez pas obtempérer à cet accord, Charles viendra vous assiéger dans Sarragosse ; vous serez pris et lié de vive force , vous serez mené droit à Aix où vous n'aurez ni palefroi, ni coursier, pas même de mule pour chevaucher; vous serez jeté sur un mauvais sommier ; et là par jugement, vous perdrez la tête. Voilà le bref que notre empereur vous envoie. » Et ce disant, il le présente de la main droite au roi païen.

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