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même ce nom fut restitué à son fils, à cause de sa chasteté. Car celui-*cî demeura vierge volontairement, jusqu'à sa mort, ainsi que l'histoire le dil. Ainsi fut recouvrée fleur pour fleur, car si la fleur de virginité fut perdue, depuis, la fleur de chevalerie a été restaurée par l'union de la fille du roi Perlés et de Lancelot. Et si, en cette occasion , la virginité reçut une atteinte, ce tort fut ensuite racheté, amendé par la vie chaste de Galaad, car il rendit son âme pure et intacte quand il trépassa de ce siècle, et le péché de concupiscence, auquel il devait le jour, fut anéanti.
«Mais je retourne à Lancelot du Lac, qui passa toute la nuit avec la demoiselle. Quand le jour fut venu, le chevalier s'éveilla tout àcoup, regarda au* tour de lui, mais ne vit aucune clarté, car toutes les fenêtres de la chambre étaient si bien fermées que les rayons du soleil ne pouvaient y pénétrer. Étonné et cherchant où il pouvait être , en étendant les bras, il rencontra la demoiselle à qui il demanda qui elle était, car il avait repris ses sens, et les effets du breuvage avaient cessé depuis qu'il avait connus charnellement la demoiselle. Alors elle lui dit: « Sire, je suis la fille du roi de la terre étrangère. » A peine ces mots eurent-ils été prononcés que Lancelot, s'aperçut qu'il avait été abusé. Tout contrarié, il saute à bas du lit, prend sa chemise, se chausse, s'habille, et revêt ses armes. Quand il fut armé il rentra dans la cham-
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bre où il avait couché, cmvrit les fenâtres , et en apercevant celle par <)uî il avait été déçu, il en devint gi. triste et si colère. qu'il &illit ^i perdre le sens. Bientôt Fidée de se v«)ger lui vint, et tirant son épéeen s'apj[)rocfa&int dekr'demcnsene: — ^ « Vous vous êtes moqvée trop cruellement de moi, lui dit-il, vous mourrëkE ; car je i^ veui&ipas que vous trompiez ainsi d'autres; chevaliers. » Alors: il leva son arme; mais la demoiselle^ à l'aspect de la :mor^ lui cria misériconde, -à mans jointe, en lui disant : « Àbliranc chevalier, ne me tuez pas, au nom de la pitié que Dieu eut de Marie-Madelaine! « Lancelot, tout pensif, s'arrêta et vit laf plus belle personne qu'il eût jamais reneonti'éeu jLa colère le fkisatt tellement trembler, qu^à peine s'il pouvait porter son épée^ Incertasi, il se consultait pour* savoir s'il la tuerait ou s'S lui laisserait la vie, tafndisique la demoiselle ne cessait p£(s dô lui crier merci. Nue en chemise, et à genotix, Lancelot la regardait; il contemplait son visage/ sa bouche et tous ses traits où il aperçut tant, dh beauté, qu'il dit : « Demoiselle je m'en irai tout vaîxiôu; et en fafômme qui n'ose se venger de vous,' car je serais trop déloyal^et trop cruel, si je délruîisaii de telles^ beautés. Pardonnez-moi donc^ j'ai' tiré mon ^ée tîontre vous; n'en aecuséis qiiè mon dépit et itia colère. — ^^ « Sire, ditelle, je vous pardonne comrtie j'espère <iue vous me pai*doniierez de vous avoir causé du éourroux. » Lancelot bcttoia le pardon, remît son épée
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dans le fourreau^ recommanda la demoiselle à Dieu, et partit. » (2* partie^ feuillet 85 et suiv.)
Malgré réloignement que j'ai pour toute citation qui rbque de blesser les justes susceptibilités du lecteiir^'j-ai cru /{u'il était 'indi6pensâd)le;ide faire connaître ce chapitre de l'histoire de Lan6&lot du Ijac, parce qu'on y trouvé clairement pré* sente le principe fondamental du véritable Ro* man de chevalerie^, c'est-à-dire le mélange des passions les plus, grossières avec le mysticisme le plus raàné. ^n réunissaht à' la suite Tune de Taufre^ les. diff(^rentes scènes que j'ai rapportées, telles que la première entrevue des àèux héros , leur liaison intime/ déterminée par les ignobles conseils du roi 6allehaùt,et le quadrille aitioureux qui en résulte; et si on joint encore les rendez-vous nocturnes des deux principaux amants à kamalot dans le palais où se trouve Arthur lui inème, puis les inquiétudes que donne'à Genièvre, pour Tavenir de Lancelot, le mauvais succès de Gauvain auprès du Saînt-Graal; et qu'enfin on arrive à cette étrange entrevue d^ la fîl|e du,.|*oi Perlés avec le chev^dier Lapcçlot, de laqy^lÏQ doit résulter la ^aiasancQ du véritable GaUiad^ descendant de Joseph d'Arimathie $t pr/édeiit^Qé à:maUre k ^ Tar ventiin^.du Srâ4 Vase; «n r4issfiii4>Iapt tous^ces élémewts^disrjerOii.ale {premier et le dern^rmpt de touteiji les.compQsiitions cheva^çresques;, dans le$quelles:. les /exploits guerriers qui font tant de
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bruit et tiennent tant de place, ne sont, en réalité, que des accessoires.
Mais, avant de revenir sur le biais fâcheux que ces inventions bizarres ont fait prendre , dès le douzième siècle, à tous les esprits en Europe, il faut achever de les faire connaître, et dans cette intention je produirai encore quelques extraits de la fin du livre de Lancelot.
Par suite d'une quantité innombrable d'aventure que je supprime, Lancelot se trouve retenu prisonnier par Morgane, sœur du roi Arthur et tant soit peu fée. Pour adoucir les rigueurs ou plutôt Tennui de sa captivité, le chevalier s'était occupé à peindre sur les murs, toutes les circonstances de sa vie qui se rattachaient à sa liaison amoureuse avec la reine Genièvre. Au moment de sa délivrance, l'imprudent artiste-chevalier, oublie ses peintures sans penser que malgré le voile allégorique sous lequel il croît les avoir cachées, rien n'est si facile que d'en saisir le sens.
Lancelot a bientôt repris le cours de sa destinée guerrière et aventureuse , et après une nouvelle série d'événements, le roi Arthur se trouve conduit dans la forêt au milieu de laquelle sa sœur habite. Dans le château de Morgane, l'époux de Genièvre ne tarde pas, en visitant la chambre qui a été occupée par Lancelot, de voir les peintures du prisonnier, ce qui excite d'autant plus sa curio-
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site, que l'infortuné prince se doute aussitôt du malheur qui lui est arrivé. Alors il presse sa sœur de lui donner l'expUcation de ces compositions, et malgré tous les refus que fait d'abord Moi^ne de s'expliquer, elle est obligée de dire à son frère que Lancelot aime la reine, et elle finit même par lui raconter tous les détails de cette liaison, depuis la complaisance avec laquelle Gallehaut a rapproché les deux amants jusqu'aux rendezvous de Kamalot. La jalousie de Morgane envers la reine à qui elle ne pardonnait pas d'être aimée de Lancelot, pour lequel elle avait un goût très-vif, lui fait dire tout ce qu'elle sait de ce qui s'est passé entre les deux amants, en sorte qu* Arthur ne peut plus douter de son sort.
A la suite de ces indiscrétions, des chagrins cuisants viennent assaillir la reine. D'abord elle apprend que Lancelot à combattu pour une demoiselle dont il portait une manche, pendant un tournois, ce qui lui cause une telle jalousie qu'elle refuse de revoir son amant. Bientôt, après, dans un repas, où un domestique avait préparé un fruit empoisonné, pour Êiire mourir un guerrier à qui il en voulait, la reine offre par hasard ce fruit à un chevalier de la Table ronde, lequel tombe mort à ses côtés. Le frère du défunt intente un procès en trahison contre la reine, et Arthur, déjà assez mal disposé à l'égard de sa femme, depuis le secret qu'il a appris chez Morgane, moitié II 17
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jgle ts^éy looitié 4e force, est obligé délaisser la jusiJ0e suivre 0op::coots* .U àceorde donc quarante jeurs àiGa^DÎèvreipoiir trouver u» chevalier opii loi Mrve ;d'&voeat ^ veaant la défendre eontre le frère du mort, k dé&ut de quoi, elle est eondainuée à perdre la vie, .'1 / ' ■ ' '- . '
' Laabélot; qui, dans son chagrin d'avoir été re* jette de sa bellp, était allé s'exposer à de nouveaux cbmbats, apprend tout à coup les terribles nouvbllesde ki cour de Kamalot; et s'y rend en toute bâtei Aucun chavalier ne s'était présenté pour répondre de 3'innocence de la reine^<âônt les intrigues amoureuses commençaient à être mal vues, et qui d'ailleurs était regardée comme vraiment coupable de Tempoisonnementdu chevalier. Quant àiLancelot,' à peine arrivé, et sans s'enquérir d'aucun détaHv ii^è présente comme cbampion de la reine^iculbuteile frère du mort dans lé combat, et laitproclaïqer.Fàinocencede'Saiehère Genièvre.
y: toi Alors, dit le rùmanci^, si, jusque-là. Lancelot avait akaéiGemèvre, elleiuitttevintiijautantplus obère, et.la reine éCait.dans le même cas à Fégard jde son amant. Aussi lui et elle se comportaient-ils ^loUement ensemble, que leur commerce ne Ait plus, un secret pour personne à la co'ur;<kuvain et aesfrèires ne purent d'empêcher d'en parler sérieuseinent ensemble , et ce fût au nûlieu d'un entretien de ce genre, que le roi Arthur qui, malgré
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tout ee qu'il avait appris chez sa sœur Moi^ane, se flattait encore qu'il n'en était peut-être rien, vint demander à ses cheiiraliers quel était le sujet qui donnait tant de vivaeité à leurs discours. On imagine facilement rembarras où se trouvèrent Gauvain et ses frereà en cette occasion, et comment chacun d'eux usa d'adresse pour éviter de répondre« Mais, persistant toujours d'autant plus dansses questioi»^ le roi esgea impérieusement qu'on lui dit, ce qu'il fut fort penaud et très-courroucé de sa* vxw. Passant alors suintement d'une tranquillité tant soit peu niaise à une fureur imprévoyante, il exige de Gauvain et des^ frères qu'ils se mettent aux aguetsipoup^suiprendre lès amants ensemble. Â^[ravatti> kiphis jeune des.fbèrea de Gauvain, se chaargêd^'Celtd.coamiissioB :et puRvieut en effet à aonbuti^ Ma^lofsqbe Lahoefet iE^aent pris dans la ehaiïibMçde ^la reiiaie^ U s'namie>. ovvrela porte, tue leiîh^afiet^lepIiisiéDQiélrairequiae proposait de l'ai^èter, et ûnifrime une telle terreur aux autres, qu'on le laisse échapper. Quant à la reine, surprise en flagrant délit, on la condamne à être brûlée vive^ Mais Lanœlot est averti de ee jugement. Ilvàssemdbfe tous ceux, de sea compagnons sur lesquels ^il. peut ^comptar^ attaqpie l'escorte qui conduit la reine au sufq^^lice^ et enlève Genièvre pour aller la déposer dans un:d)âAeau fort. Arthur s'empresse d'enyoyar:^ tons les ports de mer Tordre de ne^pas laisser embarquer la reine et Lancelot, pais il se met enn^arehepoûr aller dPaire la guerre
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à celui qui a séduit et enlevé sa femme. La campagne est longue et pénible, les revers et les succès sont longtemps partagés, mais enfin, dans une bataille décisive pendant la quelle Arthur est demonté, Lancelot, vainqueur, profite de son avantage pour aller assister le roi qu'il aide à remonter sur son cheval d'où il était tombé!
Cette victoire et la courtoisie dont Lancelot a usé à la fin du combat amènent une espèce de trêve pendant laquelle la nouvelle de la séparation d'Arthur et de sa femme parvient jusqu'aux oreilles du Pape. Selon le roman , il paraîtrait que les rapports qu'on avait faits de cet événement au pontife tendaient à disculper la reine, carie saint Père, après avoir consulté les évéques, menace Arthur d'interdire son royaume, jusqu'à ce qu'il ait repris Genièvre comme une noble et honnête femme. Cette injonction donne à réfléchir au roi, qui se décide enfin à redemander sa femme à Lancelot qui la retient toujours avec lui.
Lorsque la demande du roi parvient à son heureux rival et à Genièvre, il se passe, dans le château où le couple fugitif se trouve avec les chevaliers de leur parti, l'une des plus étranges scènes du roman. On agite en conseil, la question de savoir s'il est plus avantageux aux deux amants de rester ensemble, ou bien que la reine retourne avec son époux. Genièvre est partagée entre la
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crainte d'être séparée de son amant et le désa* grément de perdre décidément] le titre d'honnèté femme ; en sorte que, tout en écoutant les raisons pour et contre , et quoiqu'elle ne dise rien , elle est vivement émue. La plupart des com* pagnons de Lancelot engagent le chevalier à en* lever la reine et à passer en Gaule où il vivra avec elle dans ses états, faisant valoir pour raison principale, qu'an bout de quelques mois de séparation, nil'un ni l'autre de lui et d'elle, ne pourra endurer les rigueurs d'une absence définitive. Quant à Lancelot, qui compte sur les ressources qu'il peut tirer de sa valeur, et en qui l'espérance n'est point éteinte, il est d'un avis différent. Il veut conserver tout à la fois à celle qu'il aime, les apparences de l'honneur et le titre de reine. En conséquence il se décide à rendre Genièvre à son royal époux.
Cette remise se fait en grande pompe, et l'amant traite avec l'époux, de puissance à puissance. Arthur entouré de ses chevaliers, s'avance à moitié chemin ; Lancelot en fait autant de son côté ; et quand les deux rivaux sont près de se rencontrer, Lancelot met pied à terre, prend la bride du cheval sur lequel était monté Genièvre, et dit au roi: «Sire, si je l'avais aimée de folle amour, ainsi qu'on vous Ta fait entendre, je ne vous l'aurais jamais rendue , et par aucune force, vous n'auriez pu la ravoir. »
Après ce mensonge et cet arrangement qui ne
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contente que médiocrement Arthur^ et lorsque Lancelot a quitté l'Angleterre , le roi, excité par ses barons à se venger du séducteur de sa femme , se décide à aller lui faire la guerre en Gaule , jus* que dans ses États. Arthur près de quitter son royaume en confie la régence à l'un de ses neveux, Mordred, qui tenté par l'occasion ne tarde pas à s'emparer des États de son oncle, ainsi que de sa tante elle-même , la reine Genièvre, dont il est amoureux. Par suite de ce grave événement, Ar* thur est forcé d'abandonner la guerre qu'il faisait en Gaule à Lancelot, pour retourner en toute hâte dans la Grande-Bretagne et combattre un nouveau rival qu'il tue, mais après en avoir reçului-méme une blessure qui lui fait perdre la vie.
Quant aux deux héros du roman , avant cette terrible catastrophe précédée, comme dans toute cette composition, d'une suite interminable d'aventures épîsodîques, ils ont des retours alternatifs de tendresse et de repentir ; et les rechûtes sont trèsfréquentes jusqu'à ce que les années s' amassant sur la tête de ces deux fidèles amants, les forcent de réfléchir sur l'irrégularité de leur conduite passée. Dans plus d'un de leurs fréquents entretiens, où l'amour tient encore une grande place, ils se parlent du saint-Graal et de la fougue de leurs passions, reconnaissant que leurs fautes mutuelles ont été cause que Lancelot prédestiné par le satig qui coule dans ses veines, et doué d'ailleurs si heu-
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reusement du ciel, n'a cependant pas pu se rendre digne de mettreàfin Vaventure du Samt^GraaL Enfin, Genièvre, après la ihoM de son époux, rencon^ tre un prêtre à qui elle confesse tous ses péchés; tandis que de son côté, Lancelotdu Lac va chez un religieux qui, après lui avoir fait reconnaître tout ce que les actes de sa vie mondaine lui ont fait per^ dre, en le rendani indigne de la vue du saint Vase, il l'engage à faire pénitence. Genièvre entre dans un couvent et devient nonne, Lancelot du Lac se &it ermite, et déjà son fils, Galaad, a commencé les grands travaux qui doivent le conduire à terminer heureusement sa sainte entreprise. (S* partie, passim).
A Taidedes extraits que je viens de donner , et auxquels on peut facilement ajquter, par la pensée, les aventures bizarres et des combats sans nombre dont sont toujours surchargés les lîVres de chevalerie, il sera assez facile de se former Une idée jui^e de ce qui en fait réellement le fond, c'està-dire î Vamoui* comUfté avec le mysticismey dont le i*ésultat positif a été de faire marcher ensèmible; à force d'art et de mensonges, 'le libërtiiiage avéé larelîgfon:' "/ '•■ ' ' ' \ ;' "•^^'•••''-» "- '•
L'Église a toujours désapprouyé ces compqsi^ tiens; et cependant dans les temps même où elle a eu lepltis de pouvoir (10180^1500) les* ro-
mans de chevalerie, et notamment Lancelot du Lac, et Tristan de Léonois, dans lesquels le mysticisme et l'obscénité sont mêlés avec le plus dadresse et de talent, n'ont pas cessé d'être lus avec avidité, dans toute l'Europe. Les relations fausses et immorales d'Arthur, de Genièvre et de Lancelot, dans le premier ouvrage, et celles également choquantes, sous l'influence des quelles agissent Tristan, Yseult et le roi Marc dans le second, avaient pris, dès le treizième siècle, un caractère de légitimité] dans toutes les imaginations], comme le prouvent la facilité avecjaquelle on admettait les cours d'amour^ ainsi que le respect puéril que tous les gens de haute classe, avaient ^uv cette jurisprudence imaginaire.
Ces compositions romanesques ont donc eu le double inconvénient de fausser les esprits et de déterminer la corruption des mœurs.
En outre, ils ont porté atteinte à l'exercice du sens commun, d'abord en dénaturant, peu à peu, les grandes idées et les grandes institutions politiques de Charlemagne, pour les travestir en fables ridicules, et ensuite en substituant aux vérités simples et touchantes de la religion chrétienne, des niaiseries mystiques, comme celle du Saint- Graal, qui séduisirent les esprits superficiels, toujours si nombreux.
La perversion de l'esprit est ce qui amène le