‹ Roland; ou, La chevalerieChapitre 43 sur 49 · BOL4RP · texte numérisé non relu

BOL4RP

Zahir se rendit aux conseils de sa femme. Il prépara tout pour partir, enleva ses tentes, chai^ea ses chameaux, et se mit en route vers la tribu de Saad à laquelle il était allié. Toutefois il ressentit une vivepeioe en se aérant die son firèra^ et parla 'ainsi: «fin voyafea&tpowr m' éloigner' de toi, je tic serai mille ans en mutei, et lei chemin de chaque ih (année aura mîfle>lieueswa..;.. Quand les faveurs .«iqpii me viennent.de toi: équivaudraient à mille !« Êgyptes,) etique dans chaque Egypte il y aurait xiides milliefs> de /Nils,i toutes ces faveurs me se- <« raientindifférentes» Je me contenterai de peu de »i choses^ pourvu que je sois loin de toi. En ton ab- :«)senoe, je réciterai ce distique, qui a plus de Ta- <ii (leur ' qu'un «collier de perles fines : < Quand an « homme est maltraité sur: la terre de sa tribu ^ il « ne lui reste rien à faire que d'en; sortir. » O toi ! « qui m'as si méchamment oflPeoâé, tu ne tarderas «pas à sentir ce que peut la bienfaisante Divinité; « car eUe est ton juge et le mien^ elle qui est ima muable et impérissable^ » .

< Zahin continua de voyager, jusqu'à ce qu'il <e^ atteint k'toibu de Saad où il descendit. Il y fut reçu amkaleinentv eb on renga|;ea à s'y établir. Sa £^nme alors était enoeîate, et il lui dit: «t Si c'est xm filsi qui nous- vient), il sera le bienvenu; mais si c'estiunè fille, cache son sexe et fais croire à tout le monde que nous i avons un^enfieint mâle, afin ^ue ttQon frère o'ait poioliune ooeasionde se réjouir à nos dépens. » Lorsque le temps de la dé*

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lii^ranc^ fut venu , la feouno de Zahir mit au inonde itn€| fille. .Entre eux , ils convinrent de lui donner j^,noin,de Dj^ida^ et publiquement ce}ui de Djou- 1^^^ a^n que Ton crût que c'était un garçon. Pour jpffxewsi doifiner, le change, ils firent des réjouissances et doimèrent des fôtes soir et maUn^ pen^ dant plusieurs, jours.

; Vers le même temps, l'autre frère, Moharib, eut aussi un fils auquel il donna le nom de Khaled (jÊternel). Il dioisit ce nom parce que ses affaires n'avaient pas cessé de bien réussir depuis le départ de son frère*

Bientôt les deux enfants grandirent, et leur renomnjiéese répandit parmi les Arabes. Zahir avait appris à, sa fille à monter à cheval et lui avait en^ aeigné à pratiquer tous les exercices qui conviennent à un guerrier brave et courageux. II la familiarisa avec les travaux les plus durs, avec les plus grands périls. Lorsqu'il allait au combat, il la met* t^t ayep l^s autres Arabes de la tribu, et ain^ con^ foodue avec Içs cavaliers, elle ne tarda pas à se £i^ire distingner parmi les plus vaillants* Ce fut de pet|.e manière, qu'elle parvint à surpasser tous ceux qui l'entouraient, et qu'elle alla jusqu'à attaquer les lions dans leurs cavernes. Enfin son nom devint un sujet d'épouvante, et quand elle avait vaincu un héros, elle ne manquait pas de s'écrier : « Jç suis Djouder, fils de Zahir, le cavalier des tribus. ».

De son côté son cousin Khaled ne se produisait

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pas avec moins de bravoure et d'éclat. Son père ïlloharib, chef sage et habile, avait établi des haM- -tations pour recevoir "èorivenablement les hôtes qui «e présentaient. Tous lés cavaKers y trouvaient Une retrarite. Khaled était; élevé au notiltèit de tous ces guerriers. Gs fat à cette école qui! fortifia son cœur, qu'il apprit Tart de conduire et de montek* les chevaux, jusqu'à ce qu'il devînt un intrépide guerrier et enfin un vaillant héros. Bientôt tous les cavaliers reconnurent que son âme et i^on courage étaient indomptables.

n entendit enfin parler de son cousin -Djouder. Le désir qu'il eut de le voir, de ïe connaître, d*étre témoin de son habileté sur Jes armes, devint extrême. Toutefois iï ne put le satisfaire à cause ûeYéloignement que lâon père montrait pour ce fils de son firèré. Khaled vécut donc avec cette curiosité jusqu'à la mort 'de Moharib^ qui le mit en possession de son rang, de ses biens et de ses terres. E suivit Pexemple de son père en entretenant tous les établissements hospitaliers, eîi protégeant le faible et le malheureux, en donnant des vêtements îi céliri qui était nu. H continua aussi à parcourir les plaines à cheval aveô ses guerriersVet^ de cette TOanière, il entretint et aiigriienta la forice de son corps et sa vaillance. - •

* Au bout de quelques temps, îi rassembla de riches présents} et prenant sa îiière'avèc lui, îl partit pour aller voir son oncle. Il ne s'arrêta nulle part qu^l ne fût arrivé chêSÉ'Zahî^quî, cWatmé de

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le voir, lui fit préférer une demeure magnifique, <;ar Tonde avait i»tendu parlée plus d^uné fois aVec avantage du mérke et de la bravoure de son nevea. Ehaled alla aussi voir son cùumn. Il la salua', la pressa contre son sein et loi donna un baiser entre les deux yeux; croyant que c'était un jeune homme. Il prit le plus grand plaisir à être avec elle et resth dix jouni chez son oncle, pendant lesquels il edt régulièremisnt des engagements et jouta de la lance avec les cavaliers et les guerriers. Quant à sa cou^ sine, dès qu'elle eut vu emnbiea Khaled était beau et vaillant, elle devint pasi^ionnément aiAoureuse de lui. Le sommeil Tabandonna; elle ne put plife prendre de nourriture', et son amour alla en croissant à tel point que, sentant qu'il i^'était complet tement emparé de son cœur , elle > en parla ' à sb mère et lui dit : « O ma mère ! si mon cousin part et que je ne puisse l'accompagner, soïi absence me fera mourir de chagrin. » Sa mèi^ eut pitié d'elle et ne lui fit aucun reproche tàiit elle sentit qu^ils seraient superflus. « l^ida, lui dit-elle, cachet œ que vous sentee et ne vous laisse^ pas aller au cha^grin. Vous n'avez rien fuit contre les convenances, au contraire, car votre cousin est de votre thotii et de votre sangv Gomme lui, vous êtes belle et graeieusé; comme lui, vous êtes brave et habile à mar nier les chevaux. Demain matin, lorsque saf hlère viendra ^vwô nous, je lui exposerai toute ^éetW'aft faire; nous vùus itoarieronë ai^c lui aussitôt, et de plus nous retournerons tous dans notre pays. »

La femme de Zahir attendit patiemment jusqu'au jour suivant, que la mère de Khaled vint. Alors elle lui présenta sa fille, et découvrant la tète de celle-ci elle laissa tomber ses cheveux sur ses épaules. Â la vue de tant de beautés, la mère de Khaled fut singulièrement étonnéeet s'écria : a Eh ! n'est-ce pas là vôtre fils DJouder? — Non, c'est Djaida; la lune est levée ! » Puis elle raconta tout ce qui s'était passé entre elle et son époux, comment et pourquoi elle avait caché le sexe de son enfant, a Belle sœur» , continua la mère de Khaled, encore toute surprise : a parmi toutes les filles de l'Arabie, qui sont devenues célèbres pour leur beauté, je n'en ai jamais vu de plus gracieuse que celleci. Quel est son nom? — Je vous l'ai dit, Djaida, et mon intention particulière en vous faisant part de ce secret est de vous offrir tous ces charmes, car je désire ardemment marier ma fille avec votre fils, et que nous puissions retourner tous dans notre terre natale. » Sur cette proposition , la mère de Khaled donna à l'instant même son consentement, en disant : « La possession de Djaida rendra sans doute mon fils très-heureux, a Elle se leva aussitôt et sortit pour aller trouver Khaled auquel elle fit partdetdutcequ'elleavaitapprisetvu«nemanquant pas de lui parler avec éloge des charmes de Djaida. Par la foi d'une Arabe, dit-elle, jamais, ô mon fils, je n'ai vu ni dans le désert, ni dans aucune ville, une fille qui ressemble à votre cousine; je n'en excepte pas les plus belles. Rien n'est plus parfait

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qu'elle, rien n'ei* plu» gracieux et pluâ aimable^ Hâtes^-YOUQ, moû fils, d'aller trouver, votre oucfle et de lui demanda sa* fille en mariage. Heureux, en effet, sll l'accorde à vos vœux : allez, mon fils, ne perdez pas de temps et qu'elle vous appartienne! »

Lorsque Khaled entendit ces mots, il laissa tomber ses regards vers la ten*e, et après être demeuré quelque temps pensif et sombre : « Mère, dît-il, je ne puis rester plus longtemps ici. Il iaut que je retourne ebez moi au milieu de mes eavalieirs et de mes troupes. Je n'ai pas Tintention dé dire un mot de plus à ma cousine, maintenant que je suis cer^ tain que c'est une personne dont Y&mè et les idées sont chancelantes, dont le caractère et les discours manquent dé soKdîté et de convenance ; car j'ai toujours été accoutumé à vivre au milieu des guerriers où je dépense mon aident et où j'acquiers du renom en combattant. Quant à son amour pour moi, c'est une faiblesse de femme, déjeune fille. » Puis il revêtit ses armes, monta à cheval, dit adieu à son oncle et témoigna l'intention de partir surle-champ. « Que signifié cet empressement? s'écria Zahir. — Je ne puis rester plus longtemps ici. », répondit Khaled ; et mettant son cheval au galop, il s'enfonça dans les vastes solitudes. Sa mère, après avoir raconté à Djaida l'entretien qu'elle avait eu avec son fils, monta sur sa chamelle et se dirigea vers son pays.

L'âme de Djaida ressentit vivement cette indi-

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gnité. EUe en periUt le samaieil et Tappélit. Q»el* qii^ joumnpvèftyeomme son pèrese {i^réparait ayec ses cavaliers^.à aller chercher du butki et à opm^battre les guerriers^ il. regarda Djaida, et yofyaat à. quel point ses traits étaient altérés el; aes. esprite abattus, il ne fit point d'observations, pendant et espérant surtout qu'elle se ren3ettr|ui$ faieptAt.

 peine Zabir él^ait-U à quelque/ dytst^nce d^ ses tentes que Djaida^ q^i se sentait &0i dac^ei? de perdre I9 vie et, dont la disposition d'esprit d'ailleurs était îwupportable, dit à. sa mère : «Mère, )e ines^ns ipourir^ et ce misérable Khaled vit encore I (fe veux,r siiDieu. m'en accorde le pouvoir, lui Êiire, go^kjber de, l'ivresse de la mort, de l'amertume de la punition et de la torture. » Parlant ainsi elle se leva comme i)pe lionne, mit son £^rmure, ^{i^ota son cheval en ajoutant à sa mère qu'elle partait pour I9 chausse. I]^pide.,eUe parcourut sans s'arrêter les rochers et les montagnes, son anxiété augmentant toujours jusqu'au moment où elle fut proche des habitations de son cousin. Déguisée, elle entra dans la tente où l'on recevait les étrangers, seuleipenti$a visière (1) était baissée comme un cavalier du Bijaz. l^^ses^ claves et les serviteurs l'accueillirent» lui. offrirent l'hospitalité, ne manquant pas de se conduire à son égard comme ils avaient cpiutume de le faire ^vee

(4) Le texte arabe indique proprement cette espèce de bandage dont les hommes et surtout les femmes font usage en Orient pour se préserver de la poussière ou par pudeur. Celui dont il' est question icd était sans doute. en inailles de fer. . '

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leurs hjôtes et 1^ plus nobles persoun^ges* I^ nuit Djaida se reposa; mai» le joi^r. suivant, elle se présenta aux e:i^çfc^ ^n combat, défia plusieurs ça-, yaliers et montra imi telle adresse, et tant de bra* Youre, qu'elle produisit un grai^d ^onement sur tous les ^p^étateura. Il n'était pas encore midi qpie tous les cavaliers de son epusin Avaiiant ^té forcé de reconnaître sa supériorité sur.^^x. Kba^d ypulut être témoin de ses prouesses, et ^surpris de, lui voir tant d'adresse, il se présenta pour se me;s^rer avec oUq. Pjaida alla à lui, et tous deux alorSi commen* gant à s'approcher, déployèrent toutes les rèssource& de rqttaque et de la dé&ose jusqu'au momenk où les t^nèiûreft de la nuit sMrvinrent. Lorsqp'ils se s^rèrerit, ni l'un ni l'autre n'avait été blessé^ et l'on,. ne savait qui des deux était vainqueur. Ainsi D^ida» eçi exdtant Fadç^iration des specta*teurs[, diminua, le chagrin qu'ils avaieut de voir leur chef .égalé par un,&i habile adversaire. Khaled ordonna de traiter ce grand chevalier avec tous les soj^.^jqsthonqeufs ui^g^ il se retira

daossatent^^ I^;/^<]R¥fi! gP<)^du cond)att Djaida de* m^ur^, tçoift JRurs. jchcjzj^n^ .cqusin, ; Chaque ujatin ^^ pi;^s^tsuf devant lui et n^ cessait dç le tenirr ^fi^^çs arq^^sjusqu'à la nui^. Sa joie fut -grapide ; toifte.jfois ftUe ne seJ(it pas connaître^ de même que dp sÔJfi/C^^téi Khaled ne fit P9int de recherchée ni np.)ui^dresi?a aucppe question pour savoir qpielje, éj^it et à quelle tribu ellq pouvait appartenir, . , JLe BT^in du quatrième jour,, comme Rhakd, se-

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Ion son usage, courait Ta plàîne Si cheval èlJ^ssàlît près des tentée réservées aux liôtes;'îi vît' DjiHûk montant à cheval: H la salua ;èHeïtiî tendît* sa ]f)'cH' lîlesse. « Noble arabe, dît Khâled/ "je 'désirerais vous adresser une questîôh. ïiisqu'îci f'aî manqué à l'honnêteté avec vous, maïs, je vous en prie, au nom de Dieu qui vous a doâé dé tant' d^avantagié^' et d'une si grande deitérîté dans le manîeiriértt'diéis armes, dites-moi qui vous êtes; et à quëJs^nobles princes vous êtes allié? tiarjeil'aîjgimaîs rencontré votre égal parmi les plus bravedëhevàfiér; ©ît es-lé moi , s'il vous plaît , je mèuns d'eti^îe dèlé'savoit*.'ï>* Djaîdà isoûrît, et levant l^fa visSère-: ^ Ehàled,' ré^-' pondit-elle, je suis une féttitne et'ndh pas un gàei^^ rier. Je suis votre cousîneî)jâîdai(^uî^l^*est offerte à vous, qui Voulait se d6nné^à ^ëùs; riiiiîg vous l'avez refusée en vous enoi^uéîllîssarit ' de voti^ passion pour les aimes. »? Elle dît, tet ftiWfiànt bridé tout à èoup, elle piqua soki cheval et courut à plèiii galop vers sort pays; - ^ ■ ' • •• -

Khaléd tout eonfbs se retîi*a, iiè àà^èhànt que fiiîfe ni ce qu'il deviendrait avec Tiamôui^ pàsiîbnné qui s'était tout h coup développé ett lui.' B se sentit de l'horreur pour toutes ses habitudes 'et ses goûts guerriers qui ravàîent réduit à U triste situation Où il se trouvait; enfin son éloigiïeïnent pour Ifes femmes s'était converti en amour. Il éWvÔya cher-^' cher sa mère, à qui il raconta tout ce qiii* s'était passé. « Mon fiïs,' dît-elle, toutes ceiS cfrbonsfan'ces doivent vous rendre Djaida éhcôï^fepïàs chêi^ : at-

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tendez avec un peu de patience jusqu'à ce que j'aie pu aller la demander à sa mère. » Aussitôt elle monta sur sa chamelle et partit pour le désert sur les traces de Djaida, qui aussitôt son arrivée chez sa mère l'avait instruite de tout ce qui était arrivé. Sitôt que la mère de Khaled fiit arrivée, elle se jeta dans les bras de sa parente, et lui demanda Djaida en mariage pour son fils, car Zahir n'était point encore de retour de son excursion. Quand Djaida apprit de sa mère la requête de Khaled : <x Cela, dit-elle, ne sera jamais, dussé-je boire la coupe de la mort. Ce qui a eu lieu chez lui, je l'ai taAt en la présence de plusieurs héros pour éteindre le feu de mon chagrin et de mon malheur, pour adoucir les angoisses de mon cœur. »

D'après ces paroles, la mère de Khaled, trompée dans son attente, alla retrouver son fils, qui était plongé dans la plus cruelle anxiété. Il se leva brusquement, car son amour s'était encore accru, et s'informa avec inquiétude de tout ce qui concernait sa cousine. Mais dès qu'il sut ce que Djaida avait répondu, son chagrin devint encore plus violent, car ce refus ne fit qu'augmenter sa passion. « Que faut-il faire, 6 ma mère? s'écria-t-il. — Je ne vois aucun moyen d'éviter ce malheur, répondit-elle, si ce n'est de rassembler tous vos cavaliers parmi les sheiks arabes et parmi ceux avec lesquels vous avez des relations d'amitié. Attendez que votre oncle soit de retour de son expédition, et alors, accompagné de vos camarades, allez vers lui et den. 19

mandez-'Iui ça fiUeen mariage, ea présence des guerriers asseml^lés, S'il nie qu'il a une fille, racoptqz-'luitput ce q^i $.'^ .jj^§sé^ et.pre»9ez-Ie jusqu'à c€i.qù,'il %se droii à votre demande^ ^ Ce jCoaseU, et. surtputice f i^ojet, njodérèrent la Couleur ..deK.îi^Bj(),.SU0t({u'il;eut s^ppris que ison oncle était rentré çh^?! îui, îl.CQp^v^qifii^toWs leschiafs de sa faroiVe,i fifljjqiipjs i\ irafiont?i sgs ^lent^res. Tqus furent très-étonnés,.et li^aadi^Kereh, l'im des plus .bravQS cojnp^gnqvp ^ç Khaled, ne pi).t ^'enopéçher de. ^ire ;. «. Gpcfc est .»jie çUiguli^re affaire^. Nous ayops toujoui^S' e^wdii dire que TOtrQ onde av^it . un fils npinm^ JDJQud^, ipais maintenait la vérité est copnu». VouS; êtes donc celui qui avez le plus de droit à la (A^ (i^ ypt^e pnçle. Ilnops convient à tau^idfB nousprés^ter et ^e nous prosterner devant lui^ pour le.priepdç^revcQir au milieu de sa famille^et d^ii^.paf! dpnnpr sa iUle à un étranger. » Khaledi^ sans attendre ds^vantage, prit avec lui cent des pla^ braves cayali^rs qui avaient été. élevés avec Moharib.Qt Zahir depuis leur enfance, et «après s'être muni de présents plus précieux encore que ceux qu'il avait offerts la première fois, il partit , et, marcha jusqu'à ce qu'il fût arrivé à la tribu de Saad* Khaljad ^complimenta d'abord son oncle sur son h^i^nx retour^ mais Zahir fut on ne peul plus étQnnié 4e cettci seconde visite, surtout eo voyant son nev^u.aeopnipagné de tous* I9S chefs de sa famille. L'idée de sa ^fille Ojaida ne lui vint même pas à l'espi^it,^ etil suppoflA)aQulement que Ton se pré-

ANTAR. aai

sentait à lui pour l'engager à rentrer dans son pays natal. Il leur offrit à tous l'hospitalité, leur donna des tentes et les traita avec le plus de magnifieenee qu'il put. Il fit forger des chameaux et des mou* tons, donna une fête, et fournit ses hôtes de tout ce qui était nécessaire et convenable pendant trois jours. Le quatrième, Rhaled se leva, et aprèa avoir remercié son oncle de ses soins, il lui fit la deniande en mariage de sa fille , et le pria de rentrer dans son pays. Zahir nia qu'il eût d'autre enfant que son fils Djouder, mais Khaled lui dit tout ce qu'il savait et lui apprit même tout ce qui s'était passé entre lui et Djaîda. Â ces mots, Zahir se sentit l^onteux, pencha sa tête vers la terre. Il resta ainsi qii^elques moments plongé dans ses réflexions, jusqu'à ce que pensant que cette affaire ne pouvait aller que de mal en pis, il s'adressa à tous ceux qui étaieoQjt présents , et leur dit : « Parents, je ne tarderai pap plus long-temps à vous avouer ce secret; ainsi 9 pour terminer cette affaire, marions-la à son cou^ sin le plutôt possible, car de tous les hommes que je connais il est le plus digne d'elle. » Il offrit sa main à Khaled , qui aussitôt donna la sienne en présence des chefs, qui furent les témoins du contrat. On fixa le douaire à cinq cents chamelles rousses, à l'œil noir, et à mille chameaux, c];iargé6 de ce que l'Yémen produit de plus rare et de plus précieux. La tribu de Saad, au milieu de laquelle Zahir avait vécu, resta tout interdite à la vue de cet événement.

292 bolaud.

Mais quand Zahir vint à demander à sa fille de consentir à cet arrangement , Djaida fut couverte de confusion en apprenant le parti que son père Tenait de prendre. Cependant celui**ci fit si clairement entendre à sa fille qu'il ne voulait pas qu'elle restât sans mari, que Djaida dit enfin : « Mon père, si mon cousin désire de m'obtenir en mai*iage, je n'entrerai pas dans sa tente jusqu'à ce qu'il soit en mesure d'égorger, à la fête de mes noces, un mil* lier de chameaux , de ceux qui appartî^nent à Gheshm, fils de Malik, surnommé le brandisseur de lances, i» Khaled se soumit à cette condition ; mais les sheiks et les guerriers ne quittèrent point Zahir qu'il n'eût rassemblé tout ce qu'il possédait de richesses pour l'emmener avec eux dans leur pays. Ces arrangements ne furent pas plutôt faits que Khaled marcha suivi d'un millier de cavaliers, avec lesquels il vainquit la tribu d'Aamir. Après avoir blessé en trois endroits, le brandisseur de lances et tué un grand nombre de ses héi*os, il pilla leurs biens, et rapporta de leur pays plus de richesses encore que Djaida n'en avait demandé. Chargé de ce butin, il revint toul fier de ses succès. Mais quand il demanda que Ton déterminât le jour de ses noces, Djaida le fit venir près d'elle et lui dit : « Si vous désirez que je devienne votre femme, accomplissez d'abord tout mes souhaits, et exécutez le contrat que je ferai avec vous. Ce que je vous demande, le voici : Je veux que le jour de mon mariage, la fille d'un noble, femme née libre, tienne

AirrAR. 293

h bride de mon chameau ; ce doit élre la fille d'un {Mrince et d'une haute distinction, de manière enfin que je sois honorée au-dessus de toutes les filles d'Arabie. » Khaled consentit et obéit. Le jour même, il partit avec ses cavaliers, traversa les pkines et les vallée, cherchant la terre d'Yémen, jusqu'à ce qu'il parvînt au pays de Hijar et aux collines de sable. En ce lieu , il attaqua la tribu- &mille de Moawich, ûh de Mizal. Il se jeta sur eux comme un torrent de pluie, et, se faisant jour avec son épée au milieu des cavaliers, il fit prisonnière Âmima, fille de Moawich, au moment où elle fiiyait.

Après avoir accompli des faits que les plus anciens héros n'avaient pu mettre à fin ; après avoir dispersé toutes les tribus ; après avoir enlevé les ri^esses de tous les Arabes de cette contrée, il reiv tra dans son pays. Mais il ne voulut pas aller jusque dans ses tentes sans avoir rassemblé les richesses qui étaient éparses dans les déserts et dans les habitations.

Les jeunes filles allèrent au-devant lui en Élisant résonner leurs cymbales et les instruments de musique. Toute la tribu était dans la joie ; et lorsque Khaled approcha de ses foyers, il donna des habits aui^ veuves, aux orphelins, et invita ses amis et ses compagnons à la fête qui se préparait pour ses noces. Tous les Arabes de la contrée vinrent en foule à son mariage. Il leur fit distribiuer de la nourriture et du vin en grande abondance. Mais,

294 rolaud.

tandis que tous ses hôtes se livraient aux diyertîssements et aux festins, Rhaled, accompagné de dix esclayes, se mit à parcourir les Ueux sauvages et marécageux, pour aller attaquer les lions à lui tout seul dans leurs cavernes, pour surprendre les lions et les lionnes avec leurs petits et les rapporter à ses tentes, afin d'en distribuer la chair préparée à tous ceux qui assistaient à la fôte.

Djaida eut connaissance de ce projet. Elle se dé* guisa sous une armure^ monta à cheval, quitta les tentes. Comme il restait encore trois jours de divertissements, elle courut après Rhaled dans le désert, et le rencontra dans une caverne. EUe^sâ jeta sur lui avec Fimpétuosité d'une béte sau^e, et Tattaqua en lui criant avec force : «c Ârabd hdefib cends de ton cheval ; dépouille-toi de ta éefctai^dé mailles et de ton armure, ou si tu tardeé>spfe âââ^ je te passe cette lance au travers de^^poitrkle* af Rhaled était déterminé à lui résiste»! -Ce fot aloiîs qu'ils se livrèrent le plus fhrieu«Hmad>M:f'iIi divfi plus d'une heure, après quoi le guerrieiKapëÉrQui dans les yeux de son adversâlfo ^i^qMicfapBa^ui Teffraya. Il retint son chcrrdl^clet l'i^fooit défenumé de la place du combat: «i -PûP^lâ fait d^u& Ambeç s'écria-t-il, j'exige d&'^ttS''qiie'>VM(Sri»e ds^ quel cavalier du désert vt)us^éb9S^( ^r jc^sens que votre attaque et roà coups seïit intésistiblesi. Eq vérité, vous m^avez empêché d^accdnlplir ce que j'avais entrépris*, et cfe qtae Je désinis viv^ement* de faire. »Âcesmots, Djaida leva sa visière, et laissa voir

sa figure. « Khaled, s'écria-t-elle alors, est-il permis à celle qui vous aime d'attaquer les bétes sauvages, afin que Fon puisse dire affx^fiiles d'Arabie que cette actioii' n'est paillé privilège ëicliièif d'un guerrier? » A ce reproche piquant; Khâled devînt tout honteux. « Par la foi d'un Arabe, réplîqua-t-îl bientôt, personne que vous ne peut me résister; mais est-il quelqu'un dans cette contrée ^ui vous ait défiée, ott êtes-tous venue seulement ici pour me faire voir jusqu'où va votre bravoure? — ^ Par la foi d'une Arabe, ajouta Djaida, je ne suis venue dans ce désert que pottr vous aide^ à chasser les bêtes dauvages; et afin que vos guerriers n'aient aucun reproche à vous faire si 'vous m'avez pris pour votre femme. » A ces mots, Khaled se sentit pénétré d'étonnement et d'admiration, tant Djaida avait n:iantré ^fcsprit et de résélution dans sa conduite. I

Alors tous deux descendirent de cheval et entrèrent dans une caverne. Là, Khaled saisit deux bétes féroces, et Djaida à'empara d'un lion et de deux lionnes. Cette expédition Êiite, ils s'adressèrent des louanges mutuelles, et Djaida se sentit heureuse d'être auprès de Khaled. « Maintenant, £t-elle, je ne vous permettrai dé quitter nos ten« tes qu'après notre mariage. » Et aussitôt elle partit en toute hâte pour se rendre à son habitation particulière.

Khaled alla reprendre les esclaves qu'il avait laissés à quelque distance, en leur ordonnant de

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transporter aux tentes les animaux qu*il avait pris. Ces gens tremblèrent d'épouvante à la vue de ce que Khaled avait fait, et dans leur admiration ils rélevèrent au-dessus de tous les héros.

Cependant les fêtes se continuèrent et tous les assistants reçurent un accueil magnifique. Les fiUes faisaient retentir les cymbales, les esclaves brandissaient leurs épées en Tair, et les fiUes, ainsi que les demoiselles, chantaient jusqu'au soir. Ge ftit au millieu de ces réjouissances que Djaida et Khaled furent mariés. Amima, la fille de Moawicb, tint la bride du chameau de la jeune épouse, dont la gloire fut également célébrée par les femmes et par les hommes. »

Parmi legrand nombre de morceaux curieux que Ton pouvait extraire d'AtUary j'ai choisi l'épisode de Khaled et Djaida, parce qu'il présente une narration complète et que l'on y trouve clairemeot exposés l'indépendance dont les femmes jouissaient autrefois en Orient, ainsi que l'appareil des mœurs chevaleresques des Arabes avant Mahomet. On aurait tort de conclure cependant, d'après la nature tout héroïque de cette histoire détachée, que le roman d'Aniar est toujours monté sur ce ton. Rien au contraire n'est plps varié que les aventures qui s'y trouvent et que le style du narrateur. Depuis les scènes les plus terribles et les plus épiques jusqu'aux peintures de mœurs, plaisantes et

YulgaîreSy touteslescirconstaDces possibles delà vie des Arabes y sont mises en jeu, et concourent à Taction principale du roman. Sans assurer précisément que la tradition du genre de composition A'ArUQT soit parvenue jusqu'au seizième siècle en Italie, par Fintermédiaire d*une foule de canaux très-détournés, il est impossible cependant de ne pas être frappé de l'analogie que cet ancien roman arabe a en effet avec le système de composition et une foule de détails qui se retrouvent dans le Bo^ land furieux de l'Ârioste. Que si Ton veut savoir la marche que Ton aurait à suivre pour reconnaître cette filiation remane^ue, je dirai qu'en lisant les prouesses, les hauts faits et les amours d'Antar, on pense aussitôt aux romances espagnoles du Cid, comme les aventures et le caractère de ce dernier rappellent l'inconcevable bravoure et la résignation héroïque d'Ântar. Mais une ana* lyse sommaire de tout le roman arabe, persuadera sans doute mieux le lecteur que mes conjectures, et c'est à présent le moment de la donner.

n y a trois grandes phases qui partagent la vie d'Antar : la première est comprise depuis sa nais** sauce jusqu'à son mariage avec son amante Ibla; la seconde, depuis ce mariage jusqu'au moment où, devenu poète célèbre, il parvient à suspendre ses poèmes à la Mecque ; et enfin la troisième qui conduit jusqu'à sa mort. Les quatre volumes de la traduction de M. T. Hamilton ne contiennent que la première de ces trois parties, et c'est aussi

la seule dont je puisse donner tin extrbil tant soif peu détaillé. -

Le livre s'ouvre par une histoire abrégèedès premières tribus arabes depuis Ismaêl, fils d,'Âbra-' ham. On y voit leui-s établissements soeeessife, alors que doyennes trop nombreuses pour demeurer dans la vallée de la Mecque, elles se répandirent dans le pays d'Hijaz et jusqu'à l'Yém^H. La division se met bientôt dans ees tribus, à la tôtè de chacune desquelles est un chef. La mieux gouvernée et k plus puissante de toutes, est celle* d'Âbs et d'Adnan, au sort de laquelle la destinée du héros Ântar est cônMammêHt liée dans lé <x)un^ de sa vie. . ;

Le roi Zoheir, chef desÂbsians, était établi dansses domaines, et les* Arabes, ainsi que les rois de ce temps, lui étaient soumis et hii offraient des présents. Enfin FÂrabie était devenue si]$ette des Âbsians, et tous les chefs des atfres lri>us ainsi que les habitants, du désert, reâoHUâenl sa pins* sance et ses déprédations.

C'est dans ces circonstances, et à la suite d'un abus de pouvoir, que plusieurs chefs, au nombre desquels est Shedad, un des fils de Zoheir, s'éloi-^ gnent de la tribu d'Abs pour âHer coiirii* les aven-'' tures, attaquer les tribus, enlever leurs troupeaux et leurs richesses. Ces chefs arrivent près de celle de Djezila qu'ils combattent et pillent. Parmi le

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butia ^ftit uile femtnè^ Àéirja/^d'tmê beauté ëk-^' traardkiâire^ ibère de deuS^ entùttls. Soir' liotiï'èSt^ Zébibft, eeliii âe^'éûû'tïh aine est Djâriî^; m \é^f\m jeune s'appelle Shibotib. Slledâd devient? ^àdsitonémeiit amoureux de céttofettimë'éteède tôtitesa part du butin pour robténir-en partage ^véc ses deux enfants. II reste dailIf'lësfHÂiatn^dVec cette négresse do^lës^^dQd^^fili^^cB^iJt^Icis^ troupeaux BîentôtZébibaèevieât^^titielntiô'^Shëàad et met au naonde urffils ^ 'è'^'ÀMar; J^>' ^* >" • ^ «llnaquitjei^^ifditdàtîàl^cknsfh^^asané comme « un éléphant, Ù*héWéhfAké^y'\4ê yeux chassieux, et là tête g£^rniédë^he¥et^%t?^tèc des traits durs. « Les- éoikïd^de^îsà^'boiiéhe^ pendaient, ses yeux « étaient gonflée; ëe's''6âl 'éKàlent forts, ses pieds c< 'longs/ seë'0t^èil)e'^^4ttitfieases'; -de son regard « dortàientdëèétik^leitJde feu. Du reste, de sa « personne, il i^Ssëttibfeit à Shedad, qui nepou- <i Tait se rassasier «du -plaisir de voir son fils qu'il « nomma- AdBtari'»^'

Cependant cret enfant croissait en force, et son nom ftit biéBtôt^nnu. Alors les compagnons de Shedad voulàrëntlUi en contester la propriété, ce qui donna' liiatière à une dispute dont le roi Zoheir fut instruit. Il demanda qu'Aiitar fùt amené devant lui^ <3e que fit Shedad. Dès que le roi aperçut cet enfant extraordinaire il poussa un cri et lui jeta une portion de chevreuil. Au même mo-^ ment, un chien qui était là se jeta sur cette nourriture, et s'enfuit avec. Mais Ântar furieux, pour*

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suivit ranimai) et l'ayant saisi avec force, il lui ouvrit les mâchoires, lui déchira la gueule jusqu'aux épaules, et en retira ce qui lui appartenait. Le roi Zoheir fort surpris, fit porter Taffaire de-* vantle cadi, qui confirma à Shedad la propriété de Zébiba et des trois enfants de cette femme, Djarir, Shiboub et Ântar.

Shedad établit alors Zébiba pour achever d'élever ses enfants, dont l'emploi était de garder les troupeaux. C'est alors qu'Ântar commence à développer sa force de corps, d'âme et d'esprit» A Fftge de dix ans, il tue un loup qui était venu attaquer les troupeaux confiés à sessoins. Brutal, volontaire et passionné, il montre cependant de bonne heure son amour pour la justice, ainsi que la disposition qu'il a à protéger le &ible, et surtout les femmes. 11 assomme un esclave qui battait une vieille esclave, Tune de ses compagnes; et cette action, mal intei*prétée d'abord, est admirée bientôt par le roi Zoheir, qui distingue Ântar de ses égaux à cause de la noblesse de son caractère. Déjà il attire l'attention des femmes par son courage, et surtout par le noble emploi qu'il en fait. Il arrive même qu'à la suite de cette dernière action qui lui valut la protection particulière du roi Zoheir, les jeunes filles arabes et leurs mères s'empressent autour d'Ântar, pour connaître les détails de sa conduite courageuse et pour le féliciter sur sa magnanimité.

Parmi ces jeunes demoiselles se trouve Ibla, fille

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de Malek, filsdeZoheir. Ibla, beUeeomme la pldne lune, est un peu plus jeune qu'Antar.

Elle avait pour habitude de badiner familière* ment avec lui; car il était son serviteur. « Eh quoi ! lui dit^elle, vous, né si bas, vous avez osé tuerresclave d'un prince 7 Qui pourra maintenant vous protéger contre lui? — Maîtresse, reprit Ântar, j'ai frappé cetesclaveparce qu'il le méritait, car il a insulté une pauvre femme ; il l'a jetée à terre et l'a rendue la risée de tous les serviteurs. — Ta, tu as bien fait, reprit Ibla en souriant; et nous sommes toutes satisfaites que tu te sois tiré sauf de c^tte affaire; car tu sais qu'en raison des services que tu nous rends, nos mères te considèrent comme leur fils, et nous comme un frère. »

Depuis ce moment, Antar, outre ses autres devoirs, eut encore pour fonction de servir les femmes. Alors les dames arabes avaient coutume de boire du lait de chamelle le matin et le soir, et c'était un soin réservé à celui qui les servait que de traire le lait et de le faire rafraîchir au vent pour l'offrir ensuite. Antar s'était déjà acquitté depuis quelque temps de ce devoir, lorsqu'un matin il entra dans la demeure de son onde Malek et y trouva sa tante occupée à peigner sa fille Ibla dont les cheveux, noirs comme les ombres de la nuit, flottaient le long de ses épaules. Antar fut frappé de surprise ; pour Iblà^ dès qu'elle l'eut aperçu, elle s'enfuit et le laissa promenant son regard incertain sur les traces de ses pas.

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l€&€otBmeiiee àse dévjalopper ramour.d'Antar pour la fillade &on;pncIe^ Il voit Ibla brilkr dani las ffitCA^I^tsa passion s'ea acci^ît au point qd'ilse llSlsai*daFià faire son éloge et à témoigner les i^ntiineni^ qu'elle lui inspire^ envers qui excitent à la faW l'admiration de la. multitude^ Tenyie et la colère des chefs. Son père, surtout ne peut lui par^ donner, à lui Ântar né eadave, de porter ses vues sur sa cousine née libre. :i

Antar tueencctreuil esclavequi ayait fait de faux rapports sur lui ; son père le fait fustiger et l'envoie garder les troupeaux dans les pâturages, condition à laquelle notre Jbéros se soumet avec résignation. Là, il se présente pour lui une nouvelle occasion de montrer sa force grodigieuse et son indomptable courage. Un lion vient attaquer les troupeaux confiés à sa garde. Il le tue au moment même où son père Shedad, irrité contre lui, venait accompagné de ses frères pour lui faire un mauvais parti. Mais l'admiration mêlée de crainte retient leurs bras, et le soir, lorsque Antar revient des pâturages, son père et ses oncles le font asseoir près d'eux pour dîner, tandis que tous les autres serviteurs restent debout.

Cependant le roi Zoheir se trouve engagé dans une expédition guerrière contre la tribu de Temim. Tous ses guerriers le suivent, les femmes restent seules. Shedad en confie la protection à Antar, qui en répond sur sa tête. Pendant l'absence des guerriers, Semieh, femme légitime de Shedad,

a ridée de donner une fête sur le bord du lac de Zatoulizard. ïbla y asâiste avec sia mère, Antar est .téw^nàQ,,tQm tes ^divertissements auxquels son amante prend part. Sa pasQÎOQ devient terrible. c( Il hésitait, dit le poète romancier dans son $tyle oriental, s'il violerait la modestie deraihour avec les doigts de sa passion; » mais, à cet instant, on voit s'élever un grand nuage jde poussière, on entend des cris de guerre, et tout à coup paraissent les cavaliers de la tribu de Cathan^ qui s'emparent des femmes àbsianes et en paj[*lîculier dlbla.Ântar, sans armes, court après l'un des cavaliers, l'atteint, lui casse té col en le faisant tomber de cheval, revêt son krmure, 'met les Cathaniensen débouté, saUvè'^lés dames et fait un butin de ving-cinq chevaux. De ce moment, Semieh, femme légitima ^e Shedad, qui jusc[u'alors ài^avait pu souffrir Antar, conçoit pour lui une tendresse véritable.'

Cependant ïe roi Zoheir ne tardé pas à revenir victorieux de son expédition. I^hedaq, également de retoiir^' va aussitôt visiter ses troupeaux, et voyant Antar au milieu de chevaux qui lui sont iûcsillilis, monté sur une belle jument noire .:ad'où nmnbeatsoes animaux, lui demande-t^il, et sur- -Ttoufctotte'îuinent superbe? d Alors Antar, ne ; voulaat'pas divulguer Timprudence qu'avait commise fia^belle-mère Semieh, dit que les Gathaniens ayaiiti laissé ces chevaux deirière eux, il les a pris. Shedad indigné traite Antar de voleur, lui repro-

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che ses mauvaises inclinations, et après lui avoir répété plusieurs fois qu'il n'est bon qu'à exciter la discorde entre les Arabes ^ il le fi^ppe jusqu'au sang avec son fouet.

Alors Semieh; émue à la vue des injustes traitements que son mari fait endurer à son fils, découvre sa tète, laisse tomber ses cheveux sur ses épaules, prend Ântar dans ses bras et raconte tout ce qui s'est passé : comment elle et toutes les femmes de leur tribu doivent l'honneur et la liberté à ce héros. Shedad ne peut s'empêcher d'être attendri en apprenant avec quelle force d'âme son fils a gardé ce secret. Bientôt le roi Zoheir, à qui tous ces événements sont racontés, fait venir Ântar en sa présence, et déclare qu'un homme qui a montré tant de bravoure et de magnanimité doit devenir le premier des hommes parmi ses sembla- Lies. Tous les chefs qui entourent le roi, félicitent Ântar, et l'un de ses amis, comme pour donner à l'assemblée une idée plus complète encore de toutes les qualités éminentes qui distinguent le jeune héros, l'invite à réciter de ses vers.

Après ce morceau de poésie tout à la louange des guerriers et des combats, le roi et toute Fassem- Ûée témoignent la plus grande satisfaction. Z<Adr fidt approcher Ântar, lui donne une robe et loi tiidresseses remerciments. «Le soir, dit le romancier, Ântar s'en alla avec son père l^edad, le 45œur plein de joie des honneurs qui lui avaient

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été prodigués, et son amour pour Ibla s'était encore accru. 9

Malgré les incontestables vertus d'Antar, malgré les grands services qu'il a rendus aux Âbsians, les chefs de celte tribu le considèrent toujours comme un vil esclave et un gardeur de troupeaux. Le commencement de son élévation excite des haines très- vives, fait concevoir des projets sinistres contre lui. Il se forme à son sujet une suite d'intrigues qu!il serait impossible de développer ici, et qui ont pour but la perte, ou au moins l'humiliation de ce héros. Mais chaque entreprise contre sa réputation et ses jours, tourne à son avantage et lui fournit Toccasion de réduire ses ennemis au silence et à l'inaction, par le profit que ses envieux mêmes retirent de la grandeur d'àme et de l'insigne bravoure du héros qu'ils persécutent. A chacun de ces triomphes, l'amour qu'il éprouve pour Ibla et celui qu'elle ressent pour lui vont toujours en croissant.

Après plusieurs grands exploits chevaleresques, Àntar devient possesseur d'un cheval &meux, nommé Abjer; d'une épée incomparable dont le nom estDhamy; et toutes les fois qu'il se présente au combat, ou qu'il en revient victorieux, il commence et finit ses allocutions poétiques, par ces •mots : «( Je suis celui qui aime Ibla.i» A la fin d'une guerre où il a fait des prodiges de valeur, le roi Zoheir Fappelle Alboufauris, surnom qui lui reste et qui signifie : Le père des cavaUers.

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