SANS
O8s. II. — Cons... Paul, âgé de 33 ans, électricien.
Entre à l’Hôtel-Dieu le 10 février 1934 pour état fébrile et on apprend que depuis un mois il a une légère dyspnée, des sueurs nocturnes, et une température qui oscille entre 38°8 et 39°. La toux d’abord sèche, s’est accompagnée depuis 8 jours d’une abondante expectoration très fétide. Une radiographie faite immédiatement montre dans la région juxta-hilaire droite une condensation importante entourant deux espaces clairs superposés, avec niveau liquide horizontal. L'examen des crachats montre l’existence d’une flore microbienne très abondante, complexe, sans caractéristique.
Immédiatement soumis au traitement médical : chlorydrate d’émétine, Rhodarsan intraveineux, alcool! à 10 pendant une dizaine de jours, rien n’y fait, l’état général devient de plus en plus précaire, il tousse et crache de plus en plus, la fièvre augmente et la courbe de température fait de fréquents clochers entre 39° et 40°. On décide de le soumettre au drainage bronchoscopique ; le 7 mars, il reçoit sa première séance, toute la muqueuse trachéo-bronchique est œdématiée, recouverte de pus épais et fétide; par place, quelques ulcérations qui saignent au moindre contact; la bronche souche droite a son calibre extrêmement rétréci. Après adrénalisation et cocainisation, on ne peut retirer que quelques grammes de pus très fétide.
Une nouvelle aspiration est pratiquée le 19 février et le 28 mars. Pendant toute cette période, le traitement médical est continué de front. Malgré cela, le malade faiblit de plus en plus et le 17 février on décide d’intervenir sous anesthésie locale, le malade meurt 5 jours après.
O8s. III. —— Cab. Charles, 30 ans, modeleur.
Il entre à l’Hôtel-Dieu en 1935, le 4 février, pour une otorrhée chronique ancienne gauche qui s’est réchauffée depuis quelques jours. Il souffre beaucoup, a une température élevée (39°) et, dans la nuit du 4 février, il a un grand frisson et un point de côté à la base gauche. Opéré le lendemain, sa cavité d’évidement évolue normalement, tandis que l'attention est de plus en plus attirée par des phénomènes pulmonaires, qui semblent être la cause de son mauvais état général.
Le 25 février, une radiographie montre une opacité importante de la plage droite; dans cette opacité uniforme, on reconnaît un niveau liquide dans la partie moyenne du poumon.
Une ponction pleurale ramène un liquide trouble, il contient des polynucléaires très nombreux, mais on ne trouve aucune bactérie, tant à l’examen direct qu’à la culture. Malgré tous les traitements médicaux variés, l’état généréal reste très altéré, il maigrit, la température reste aux environs de 38°5, 39°.
Le 25 mars, il fait une petite vomique, et il continue depuis à cracher assez abondamment du pus épais, d’odeur plutôt fade, qui contient du pneumocoque.
Une radiographie le 1* avril montre, entre la 6° et la 7° côte, un niveau liquide très net para-hilaire.
Ce jour-là même, on commence la broncho-aspiration, la muqueuse trachéo-bronchique est normale, sauf la bronche droite qui est infiltrée, ce qui réduit très sensiblement l’orifice bronchique.
Après adrénalisation et cocaïnisation on obtient aisément une trentaine de grammes de pus (ce prélèvement servira de point de départ à un auto-vaccin qui sera injecté en même temps que seront continuées les aspirations).