LEA À RUE
Il subsiste suffisamment de causes d'infection de cet organe pour penser qu’une typhlite localisée du fond cæcal puisse provoquer des contractions anormales du cæcum.
Que des ascaris aient été retrouvés dans une observation de M. Lafitte, alors que ces parasites n’ont pas été trouvés dans la zone enflammée resséquée, prouverait simplement que ces parasites ont seulement joué un rôle traumatisant de la muqueuse et ont ainsi favorisé l’invagination cæcale.
Cest donc dans cette lésion en cupuie, dont la coloration plus rosée, piquetée de points rouges, la consistance cartilagineuse, l’épaississement pouvant atteindre 1 centimètre et tranchant nettement sur le reste du cæcum, que réside le point de départ d’une invagination cæcale.
Une lésion inflammatoire bien localisée, infiltrant un segment de paroi intestinale en l’absence de toute tumeur peut donc jouer à elle seule un rôle actif dans le mécanisme de l'invagination.
Si l’on veut bien penser à la configuration anatomique du cæcum, il devient parfaitement clair qu’une stagnation du bas-fond peut entretenir une typhlite localisée du fond cæcal.
Les contractions normales de l’organe et celles déterminées par une irritation extrinsèque, telles que les contractions spasmodiques provoquées le long de la muqueuse intestinale par l’irritation vermineuse, tendent à provoquer l’invagination de cette plaque de typhlite.
Observations
Nous empruntons au D" Lafitte, de Niort, les quelques observations suivantes, rapportées par M. Brechot à la Société nationale de Chirurgie, lors de la séance du 31 mai 1933.
L'intérêt considérable de ces observations réside dans le fait qu’elles démontrent, non seulement qu’une banale lésion inflammatoire de typhlite peut être cause d’une invagination, mais encore certaines de ces observations telles que les cinq dernières perimettent de saisir sur le vif le mécanisme
de cette invagination avant qu’elle ne soit installée.
OBSERVATION I (Docteur Lafitte).
M. Norbert J..., âgé de 10 ans (1933) nous est envoyé le 9 avril 1933 pour une douleur abdominale sans température.
Cette douleur est généralisée à tout l’abdomen. L’enfant a vomi, il n’a pas de fièvre, selles normales. Les parents signalent que l’enfant a des vers (oxyures).
L’examen montre quelque chose de vague, sans locali-
sation nette ; on met l’enfant en observation. On porte
NOR es
momentanément le diagnostic d’entéro-colite, diagnostic d'attente qui ne nous satisfait pas complètement. On garde l’enfant quatre jours auprès de nous, puis on le renvoie à son médecin.
Le 22 avril, l’enfant revient à nouveau et l’on apprend que, pendant le temps où il est resté chez lui, il avait continué à souffrir et que ses selles, d’ailleurs assez molles, avaient été une fois striées de sang. Toujours pas de fièvre et aucun vomissement.
L'examen montre un abdomen dur, non ballonné ; rien à la percussion. Il est peu sensible dans la région périombilicale ; la paroi abdominale étant assez mince, on a ia sensation de percevoir une résistance profonde.
On porte alors le diagnostic d’invagination et on fait un lavement baryté. Le baryte s’arrête à l’union du transverse moyen et du gauche : l’image affecte l’aspect d’une pince de homard. Malgré la pression développée, on ne peut repérer la tête de l’invagination de plus de trois centimètres.
Anesthésie générale au chloroforme. Incision paraombilicale.
Découverte du boudin d’invagination qui est refoulé par pression progressive. Ce boudin est dévaginé complètement et, au passage, on est obligé de couper une petite bride, réunissant deux parties du côlon au niveau de l’angle hépatique.
Cette invagination avait comme point de départ une dépression située à la face externe du cæcum, de la dimensicn d’une pièce de deux francs, épaisse, rouge, et située à quatre centimètres environ de l’appendice. Ce
A. Deniaud 3