‹ Rôle de la persistance du Thymus dans la Genèse de la Syncope ChloroformiqueChapitre 14 sur 21 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Données de la physiologie et de l'expérimentation dans la question des rapports entre la syncope cardiaque chloroformique et le développement exagéré du thymus

Puisque la clinique permet trois hypothèses possibles pour expliquer la syncope cardiaque au cours de l’anesthésie chloroformique, il convient d'exami-

ner expérimentalement la valeur de chacune d'elles.

A. — L'affaiblissement général de l'individu comme cause de la moindre résistance du cœur aux actions

toxiques

La question de savoir si l’affaiblissement général de l'organisme, habituel dans l’état lymphatique de Paltauf, constitue une prédisposition à la syncope cardiaque, semble comporter «a priori une réponse affirmative. Le raisonnement suivant, en effet, paraît très logique : si l’individu est dans un état profond d’asthénie, son cœur doit participer à l'affaiblissemeut général des autres organes ; donc il résistera

moins à l’action des poisons.

HR

Cet ensemble de déductions n’est pas, pour tous les toxiques, confirmé par la pharmacodynamie. Par exemple, Martin en 1904, a prétendu que l’action déprimante du potassium sur le cœur de la tortue de mer est beaucoup plus intense si l'organe est vigoureux que s’il est affaibli : après une circulation artificielle prolongée effectuée avec le liquide de Ringer, le cœur, épuisé par ce long lavage, résiste à des solutions potassiques qui arrèêteraient ses battements au début de l’expérience de circulation artificielle. Une théorie contraire a d’ailleurs été soutenue par d’autres expérimentateurs. Edgard Zung, en 1908, a affaibli le cœur de grenouille par un lavage longtemps poursuivi, à l’eau salée physiologique, à la liqueur de Ringer ou à celle d’Albanesse : dans ces conditions, les battements de l’organe sont suspendus par des doses de poisons (chlorures de potassium et de baryum, chlorhydrates de muscarine et de pilocarpine, delphinine, vératine, éther, hydrate de chloral) qui demeurent inoffensives sur un cœur plus vigoureux. La nécessité s'impose donc, pour le chloroforme en particulier, de voir si son action est plus intense sur le cœur affaibli que sur le cœur normal,

Pour examiner celte question nous avons opéré sur quatrélapins. Chez deux d’entre eux, nous avons injecté lentement par la veine marginale de l'oreille un demi-centimèêtre cube de chloroforme. Le cœur, dont nous examinons le fonctionnement par palpation de l’organe à travers la paroi thoracique, a continué à battre à péu près normalement. Chez les deux

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