‹ Rôle de la persistance du Thymus dans la Genèse de la Syncope ChloroformiqueChapitre 4 sur 21 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Faits cliniques montrant qu'il peut y avoir rapport de cause à effet entre l'hypertrophie du thymus et la mort au cours de l’anesthésie générale

Lors de l’importante discussion qui eut'lieu en 1902 à la Société de Chirurgie, sur les dangers du chloroforme, M. Broca, incidemment, signala qu'il venait d’avoir dans son service un cas dé mort chez un enfant anesthésié au bromure d’éthyle et au chloroforme ; Brouardel ayant trouvé à l’autopsie un cœur gras et un gros thymus, M. Broca pensait que cette mort pouvait être attribuée à l'hypertrophie du thymus, s’appuyant en.cela sur ur mémoire de Laqueur, qui quelques mois auparavant, avait signalé la mort d’un garçon de quatorze ans pendant l’anesthésie et chez lequel on avait trouvé un thymus persistant et hypertrophié. A la réunion suivante, de celte Société savante, à l’occasion du fait cité par Broca, M. Mignon en rapporta un autre personnel : il s'agissait d’un jeune homme de vingt-deux ans, mort à la fin de l’anesthésie pendant laquelle on l’avait opéré d’une hernie inguinale gau-

che, chez cet individu l’autopsie avait montré un thymus volumineux ayant 10 centimètres de long, 3 centimètres de large, pesant 35 grammes et dont l’extrémité inférieure recouvrait complètement la crosse de l’aorte. Ce n’est qu'après avoir connu la communication de Broca et le mémoire de Laqueur que M. Mignon avait établi une corrélation entre cette mort sous l’anesthésie et l’hypertrophie du thymus, bien que « Bonnet (de Lyon) dès 18y9 dans une revue générale sur les relations entre le thymus et la mort subite, ail consacré un court chapitre à la syncope chloroformique ».

Ces deux faits signalés à la Société de Chirurgie passèrent inaperçus dans la discussion sur les dangers de la chloroformisation, de même qu'on n'avait pas attaché assez d'importance à un rapport de M. Picqué, lu en 1895 à cette même Société, sur un mémoire du professeur Bayer (de Prague) et qui attribuait la mort d’un enfant de douze ans, survenue pendant la chloroformisation, à la persistance d’un gros thymus (voir observations).

Cette question en restait là lorsqu’en 1907 un très instructif article de M. Lapointe attira de nouveau l’attention du monde médical français sur ces faits : ce chirurgien rapportait deux cas personnels sur ce même sujet (voir observations) ce qui portait à quatre le nombre des cas arrivés en France.

Cependantles chirurgiens étrangers avaient attachéplus d'importance à cette constatation de la persistance ou de l’hypertrophie du thymus chez des

Page 1