CHAPITRE I
Anatomie et Rapports du thymus
I nous est utile de traiter cette question « anatomie et rapports du thymus » si l’on veut comprendre et juger les diverses théories émises pour expliquer,les cas de mort subite pendant l'anesthésie générale. D'ailleurs cette question est à l’ordre du jour et a suscité ces temps-ti plusieurs communications aux sociétés savantes.
Voici d’abord ce qu’écrivait Cruchet en 1901, dans un travail qui mérite de retenir l'attention et où l'auteur résume ses recherches sur 59 thymus d'âge varié «... La couleur du thymus chez le fœtus et le nouveau-né est généralement d’un rose vif, à mesure qu'on s'éloigne de la naissance il devient progressivement gris rosé, puis grisâtre. La consistance thymique est d’une molesse extrême assez cGmparable à celle de la masse encéphalique. Sa forme est essentiellement variable, par suite ses dimensions n’ont rien de fixe. En règle générale chez le nouveau-né, l'épaisseur du thymus est essentiellement égale à la largeur et a 12 millimètres en
moyenne; plus tard elle perd en épaisseur ce qu’elle
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gagne en longueur, sans qu'il y ait entre elles de chiffre proportionnel. La longueur, de 4 à 5 centimètres chez l’enfant naissant, atteint jusqu’à 5 et 8 centimètres en moyenne dans les années suivantes. Le poids, selon nous, serait de 3 à 5 grammes à la naissance pour arriver à 7 ou 8 grammes vers quinze ans. Pour étudier les rapports du thymus on peut distinguer un corps et deux extrémités. Le corps constitue ce qui est désigné par beaucoup d’auteurs sous le nom de portion thoracique ; il est compris dans un dédoubilement de l’aponévrose cervicale, et est en rapport : en z“vant avec la face postérieure du sternum et les articulations sterno-costo-claviculaires, dontle séparent les insertions des sterno-cléidohyoïdiens et slerno-thyroïdiens avec les deux (quelquefois trois) premiers espaces intercostaux. Entre le plan osseux et l'organe on rencontre très souvent, à droite et à gauche de la ligne médiane, une lame de poumon plus ou moins épaisse qui est en rapport avec le thymus. Cette face antérieure est ordinairement convexe, La face postérieure concave répond de bas en haut : au péricarde qui la sépare de l’auricule et de l'oreillette droite, des portions initiales de l’aorte ei de l’artère pulmonaire ; à la portion ascendante de l'aorte. à la veine cave supérieure, au tronc brachiocéphalique veineux gauche dans sa partie horizontale, et au niveau de son embouchure dans la veine cave supérieure. Enfin cette face peut arriver parfois jusqu’à la face antérieure de la trachée, à la naissance des bronches, où elle entre en connexion avec
les ganglions qu'on rencontre fréquemment à cette région. Les faces latérales sont en rapport avec les faces internes des poumons dont les séparent les plèvres médiastines, ainsi qu'avec les nerfs phréniques. (La plupart des auteurs admettent que le phrénique gauche n'entre pas en rapport avec lethymus, c'est là, au contraire, une exception.) Rapports aussi avec les ganglions du voisinage plus fréquents à gauche. L’extrémité supérieure (portion cervicale de certains auteurs) comprend les cornes supérieures droite et gauche : à droite rapport avec tronc brachiocéphalique veineux droit, la veine jugulaire antérieure, la veine jugulaire interne à son origine, avec la partie supérieure du tronc artériel brachio-céphaïique ; il est exceptionnel que la corne supérieure droite atteigne le corps thyroïde. À gauche les rapports sont analogues, mais plus fréquemment observés : la corne supérieure gauche recouvre la portion gauche du tronc brachio-céphalique veineux gauche ainsi que les veines thyroïdes qui viennent s'y jeter ; enire en rapports (de gauche à droite) avec l'artère sous-clavière, le pneumogastrique, la carotide primitive, l'œsophage qui dans beaucoup de cas dépasse nettement la trachée ; et enfin. avec le nerf récurrent et le bord gauche de ia: trachée. L'exirémité inférieure formée par les cornes inférieures qui manquent dans nombre de cas, arrive chez quelques sujels jusqu'au diaphragme ; mais, comme d’ailleurs quelquefois à l’extrémité supérieure, il est rare que Audebert 3
la substance glandulaire descende si bas, il s’agit surtout de tractus fibreux. »
Tout récemment Rieffel et Le Mée, dans une communication à l’Académie des Sciences, ont précisé certains points intéressants des rapports du thymus et des organes voisins. Voici la conclusion de ieurs recherches portant sur 34 dissections de fœtus ou d'enfants de un à treize ans:
« 1° Les deux lobes ne sont pas, comme on la dit souvent, réunis par un isthme ou fusionnés par leurs faces correspondantes : ils sont toujours, au moins chez le nouveau-né, aisément séparables et disposés de telle sorte que le lobe gauche, plus superficiel, recouvre le lobe droit.
« 2° La face postérieure du thymus cervical s’insi. nue assez souvent du côté gauche (11 fois sur 34) dans l’espace trachéo-carotidien par se meitre ouen contact avec le nerf récurrent et l’œsophage ;
«3° Les deux lobes du thymus ne descendent pas en général an même niveau dans la cavité thoracique, tandis que le lobe droit répond le plus souvent au troisième espace intercoslal, le lobe gauche atteint la cinquième côte et (8 fois sur 34) nous l'avons vu se prolonger jusqu’au diaphragme par une languette qui n’esl pas purement capsulaire, comme le veut Piedecoq, mais renferme aussi des éléments glandulaires ;
«4° Sans vouloir discuter iei les théories émises pour expliquer la mort subite des nourissons et de l’enfant, nous désirons particulièrement attirer l’atten-
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tion sur les rapports que certains nerfs contractent avec le thymus. En dehors du récurrent gauche et des deux preumogastriques il y a eu lieu de men- Jionner :
a) Le nerf cardiaque inférieur droit qui, croisant la face antérieure de la crosse aortique est appliqué directement contre la face postérieure de la glande et Joue, sans doute, un rôle dans les syncopes cardiaques d’origine thymique ;
«b) Les nerfs phréniques. D'après l'opinion classi” que le phrénique droit est appliqué sur le bord latéral du thymus tandis que le gauche est plus en arrière : autrement dit la glande serait surtout en rapport avec le tronc nerveux du côté droit.
« Nos dissections infirment cette manière de voir : Le phrénique droit longe en effet la face externe du tronc veineux innominé, puis de la veine cave supérieure, mais un plan plutôt postérieur... Il est pour ainsi dire en retrait par rapport au thymus décrivant une légère courbe à concavité antérieure. Le phrénique gauche tend, au contraire, à se porter en avant poussé vers la crosse par l’artère sous-clavière ;: à ce moment il rencontre le thymus, mais au lieu de rester sur sa face postérieure, comme à droite, il s’accole à sa face latérale gauche près de la face postérieure, laissant parfois son empreinte sous forme d’un sillon plus ou moins marqué. »
Signalons encore l’article de Robinson paru dans Lu Clinique du mois de mars 1909, article qui n’est que la reproduction d’une communication du