Arcliivfs do l'IInivcrsili-, carloii
HOLLIN.
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vernement, mais il ne songea jamais à s'agrandir et ce fut presque malgré lui que le nombre de ses collèges augmenta rapidement. On n'en compte pas moins de soixante-treize à la fin du xvin" siècle, et quelques-uns, tels que ceux de Juilly, Nantes, Lyon, Troyes, étaient extrêmement prospères.
La confiance des familles était du reste justifiée par les soins apportés à l'éducation des enfants et par les utiles réformes introduites dans l'enseignement. Une discipline juste et sévère maintenait l'ordre et le travail; on ne reculait pas devant l'usage du fouet pour réprimer des fautes exceptionnelles. Piron fut dans ce cas : il subit l'outrageante correction ', mais comme elle était juste, il n'en conserva pas rancune, et il avoue gaiement dans ses mémoires qu'il trouvait indigne de sa tête de venger les injures faites à son derrière.
Les bâtiments et les soins matériels étaient dans les meilleures conditions partout où l'Oratoire avait des collèges.
Quant à Finstruction, elle était, en ce qui concerne l'emploi du temps, l'organisation des classes, le caractère religieux presque semblable à ce qui se pratiquait chez les Jésuites-. Comme eux, l'Oratoire eut un Ratio studiorum^ élaboré avec, le plus grand soin. L'ordre des classes, les prélections, les concertations, les académies y sont conservés, comme chez les Jésuites, mais il en diffère essentiellement par la méthode et surtout par l'usage du français obligatoire dès les basses classes.
Le latin, par un reste de respect pour une tradition qui avait duré huit cents ans, n'était parlé qu'à partir de la Quatrième et, pour en faciliter l'intelligence et l'usage, le P. Condren avait composé en langue française une méthode latine \ ce qui constituait pour cette époque une audacieuse innovation qu'approuva et suivit Port-Royal. Le latin dut encore céder la place à la langue nationale pour l'histoire et la géographie qui, dès les
\. Carré. l'Enseignement secondaire à Troyes, p. 292.
2. Hamel. Histoire de Vafjbcvje et du collège de Juilly, p. 205.
3. Ratio studiorum a magistris et professoribus congregationis Oratorii domini Jesu ohservanda, in-12. Vitré, 1643.
4. Nouvelle méthode en langue française à l'usage de l'académie de Juilly pour apprendre avec facilité les principes de la langue latine, où sont expliqués les genres, la syntaxe et la quantité dans un ordre clair et précis tout ensemble. (Hamel, p. 216.)
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premières années de l'établissement de l'Oratoire à Juilly, eut un professeur spécial'. Il donnait, dit le P. Adry, ses leçons en français dans la chambre des grands - et l'histoire de France en était toujours l'objet. Dans les autres chambres, de la Sixième à la Seconde, il remettait au |)réfet dos études des cahiers dictés d'histoire que devaient étudier les élèves^. A Troyes on faisait usage d'une petite histoire de France avec (in'ures de rois depuis l^haramond juscjuau règne de Henri III, puljliée en 1609 chez Oudot, à Troyes*.
Ce i)elit livre rappelle riiistoire in-lS de Mme de Saint- OiK'ii (jui, on IS.'Î^. inaugura dans nos écoles ronsoignoment de l'hisloiro do Fiance et (jui, on attendant un ouvrage plus complot, a ])on(laiil longtemps été en usage.
Les Mathémati((ucs, la Physique, la Géographie, n'étaient [>as plus néglig(''os à l'Oratoii'o ((uo l'histoire de France; dos hommes de talent avaient alors oiivei'l à ces sciences de nouvelles voies et des professeurs ('uiinents tels que Lelong, Mézièros, Poisson, Duhamel, les onsoignaiont à l'Oratoire ^
De même pour la |ihilosophie; Descartes, malgré la défense du roi, n'y avait pas de i)lus chaud partisan. Le P. Thomassin, lin (les maîtres les plus autorisés de la Congrégation, s'alTranchissant des formules surannées de la Sorbonne, adopta les idées nouvelles et substitua Taulorilé de la raison à celle d'Arisl(.le''.
La liedierrhe de la vâ'ilf'; de Malobranch(\ le plus c{''lèbre dos pliilosophos oralorieiis, aida puissarninenl au siici-ès de celte n'Iorme en nioiilraiil 1 accdiil de la (tliilosophie cartésienne avec la l'oligioii.
Le Carlésiaiiisiiie n'étail pas le seul gi'ief de l'Ltal coiilre 11 M'a trtiro. Il était, et avec raison, su-^peel île .lansi'iiisnio. DuuuoI, le 1*. (jiiesnel, aiileiir du iiiallieiiiciix li\i-i' ipii pfoxiHpia la
1. Coiii[i;iyr(', llisluirc de ii-dutiiiion m Franri', I. 1, |). JJI.
i. P. Adry, Xoticr sur .luilly, p. i;i.
:i. I,r l'iiints Ci/llicus, (lu 1». licrtliaiill, YMirvf]t' c/iroii'ili)(/ii/iir, ilii pn-siilc'iil llciiaiill, r( li's lii\-triir/iuns sur l'Ilisfoim de France, par Lf llnm»is. Ions oiivrai^'i's ailopti-s à l'Oralniro, allcslcnl l'impitrlanci' i|ii"i>ii y aUadiail a l'iiisloin^ nalionak". I.i's classes l'taitMil oriiiMis de cartes ^co^'rapliiiiiics ([lie l'on coiisiillait piMul.inl la r('MTi''alioM. iCarrc, p. Ids.)
l. (larrt-, |). 'Vl.
:.. Haiiii-I. liislnirr <lr rdlihnije ri du rull'',je drjuill;/. p. i>2n.
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bulle Unigenitus, et par suilc la ruine de Port Royal, étaient oratoriens et jansénistes avérés ; Soanem, le martyr de la vérité, était un ancien oratorien. Tout plaidait contre eux. Cependant tout finit par s'apaiser. L'Oratoire ne perdit pas la considération des familles et ce fut après les Jésuites la congrégation enseignante la plus prospère.
II est vrai que les professeurs n'y étaient pas comme dans l'Université de piètres maîtres es arts pris au hasard, sans expérience et sans aptitude éprouvée. On était, à l'Oratoire, très difficile pour le choix des professeurs. Les jeunes oratoriens se destinant à l'enseignement étaient astreints dans la province de Paris à une année de noviciat à la maison de Notre Dame des Vertus, où ils éprouvaient leur vocation par la prière, l'étude et la pratique de la discipline ecclésiastique. Au bout de ce temps, les plus pieux et les plus capables étaient envoyés dans les collèges de la congrégation pour y enseigner pendant dix on douze ans et rendre ainsi service à l'Église et aux lettres. Ils débutaient par la chaire de Sixième, professaient cette classe deux années de suite, passaient le même nombre d'années dans les autres classes et dans chacune d'elles ils étaient assujettis à des études spéciales '.
Deux fois par semaine des conférences avaient lieu sous la direction du supérieur ; chacun lui soumettait ses réflexions, les difficultés qu'il rencontrait, et en provoquait la solution -.
L'emploi du temps et toutes les mesures propres à entretenir l'ordre, la piété et l'amour du travail étaient consignés dans le Ratio studiorum, dont nous avons déjà parlé. Le cardinal de Richelieu le trouva tellement sage et pratique qu'il en adopta les principes, et les reproduisit dans le plan d'études qu'il rédigea lui-même pour le collège de Richelieu qu'il voulait fonder dans la localité de ce nom.
Accueilli avec la même faveur par Port-Royal, il fut appliqué et perfectionné dans ses écoles dès leur ouverture en 1643 ^
L'Oratoire ayant été fondé avant Port-Royal ne put à l'origine se servir des ouvrages de Lancelot, de Nicole et de (îuyot; les grammaires latines de Donat et de Despautère continuèrent