‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 11 sur 319 · Opuscules, t. I. p · texte numérisé non relu

Opuscules, t. I. p

SON l'I'vE.MIEK r.ECÏORAT (169i-16%j

Mo<lcste forlime «le liolliii. — Son élection comme Hecleur. — Cérémonie lie son installation. — Ses discours. — Son mandement sur la discifjline. — Réformes qu'il contient. — Mort de sa mère. — Inspection des collèges. — Leur triste situation. — Abus des bourses. — Indisci- |iline des boursiers. — Mandement sur la récitation des versets de l'Ecriture Sainte. — Ennemis de lloUin. — Ce que rajiporlait le Rectorat.

La fortiiMP de Rollin était modeste quand il quitta le collège du IM('ssi.s; elle sélevait à peine, nous dit Crévier, à (iOO ou 7(10 livres de rente, équivalant de nos jours à .'UJOO francs environ. Elle lui sufdsail néanmoins, et jamais il n'ambitionna •l'en avoir une plus considérable. 11 siui^eait déjà à écrire pour les jeunes gens une H'isloire ancienne, non sèche et abrégée comtnc celles (|ui existaient à son é[io([ue, mais uiu^ histoire riche en faits inti-i'cssants (lu'ij cmprunlcrait aux auleiu's anciens, et qui lui permettraient d'en tirer ^\\'<. i-éllcxioiis morales, cl de donner des conseils utili's à ses jeunes lecteurs. In pareil ouvrage n'existait pas, c'était une lai-iiue dans l'enscii;iieiiieii( : Uni lin. |i;ir ses i mineuses lectures et <,i prodigieuse nuMiioire, ('tait plus ipie tout autre en ('-tat ^V^ la renqdir.

Il s'y pri'parait depuis longtenq)s et se rt'jouiss.iit de s'y livrer eu repos, (pi.'iiid l'I iiiNcrsiie. desii'euse d avoir à >;a tète uu lionune dont li' uiiiile el.iii déjà universellement reconnu, l'appela au Hecloial eu KiD'i. Nous avons la relation de son ('•lectiou, et uuus la l'eprodui-nu-^ eu eutii'i", cuuinie un document

24 VIK liK ItOLLIN

(|lli iHiiis iii'-llilil ilr> follll.ili h'S oliscrvi'cs en crllc (•ifi'Mli-lîilicc. (I \a' C) octoliir ll)'.>'i, lisoiis-iioiis dans .loiird.'iiii. les jirifn'ipîiiix |M'rs(iiiiiaK<'^ '!<■ I'riiiv('rsit('' se licMivt'iciil n'-iinis aux Mallmriiis |tuur ri-lrclimi du licclciir i|iii dc\ait succéder h l'diii'cliol '. I.»'S liilraiils (•(aiciil, jioiir la iialinii de France. M. l)('n\s Hillaid, aiicirii iirofcsscnr di' l{li(''|iiri<|iif aux (iras siiis; |i(Mii' la naliiiii de l'icanlir. .Iran Lcn^Ict. professcni- (riuinianih's au cnllcf^e .Ma/.arin; pour la nalinn de Nurinandic, Jean l>()ir('T, lic('nci('' en llK-oloy-ic ; pour la nation d'Alli'inaî^nc. Jacipics Min'|ihii', iicrniit' rn liiuil. Ils ])nH('n'nt scruM'ul, selon l'usage, cl se fornit'icnl en conclave. L'Inlraul de la nation de France vint annoncer (|ue rélection s'était j)ort(''e sur Hollin. Six jours a[)rès, les Procureurs et les Doyens fin-enf convoqués une seconde fois pour la cén-monie de rinstallati<jn du iiecteur. Puis Edme Pourchot iiril la parole. « Vous avez, dit il en s'adressant aux Doyens et aux l'rocureurs des Nations, le Uec teur que vous avez dû désirer : un homme dune inlé^nité parfaite, d'une loyauté incorruptible, aussi distingué par les qualités supérieures de son esprit et la maturité de son juiicment que par la douceur de son commerce, orateur de premier ordre. é,i;al aux membres de Ffuivei-sité les plus éniinents (piClle ait l)roduils. particulièrement cher aux ministres et à la Cour, jouissant auprès d'eux du crédit le plus étendu : j'ai nommé M. Charles Rollin, professeur d'Éloquence au Collège Royal. Sou nom seul est une recommandation. Il vous appartient maintenant de le mettre au courant des affaires de ITniversité '-. »

Les dernières phrases de Pourchot donnent à penser que l'élection de Hollin, tout en s'appuyunt sur son mérite comme professeur, orateur, homme de bien, ne laisse pas cependant d'avoir été iniluencée par la faveur dont il jouissait auprès des ministres et à la Cour (il n'était pas encore ouvertement Janséniste).

Rollin arriva donc au Rectorat dans les conditions les meilleures; il justifia du reste, par son dévouement, son activité,

1. Edme Pourchot, né à Poissy, professeur aux Grassins et au collège Ma/.arin, .s'était acquis une juste considération et avait pour ainsi dire inauguré une ère nouvelle où l'Université retrouva sa gloire passée,

SUN PREMIER RECTORAT 2o

sa consciencieuse et sage administration, les espérances et la confiance de l'Université.

La dignité qui venait de lui être conférée n'était pas exempte de soucis et de fatigue. Outre le gouvernement d'une grande corporation, où la jalousie, d'incessantes réclamations, des querelles sans nombre rendaient fort agitée la vie du chef de l'L'niversité, il était encore obligé de prononcer des panégyriques sans fin à l'adresse du l'.oi. des Princes, des hommes puissants; de céh'brer les liauls faits accomplis pendant son Jiectorat; de complimenter, à certaines époques, l'archevêque de Paris, le Présidrnt du Parlement; de présider le Iriljunal de l'L'iiiversité ainsi que les comices, ce qui donnait toujours lieu à des discours ; de rédiger les mandements ou circulaires concernant l'administration ; de faire l'inspection des collèges, etc., etc. Trois mois ne suffisaient guère pour introduire d'heureuses innovations et supprimer les abus de la routine; aussi les rectorats trimestriels laissaient-ils ITiiiversité s'imniobiUser dans ses anciens crromenls.

(iràceaux huit éleclions successives (|iii le cdiiservèrent dans ses frjuctions, llullin montra ce ([ui^ peut faire un chef i)our le bien de ses administrés. Il n'avait <(ue trente trois ans (piaiid il lui ('lii llecleiir ; (''('lail un gi'aiid linnin'iir ; il ne le rechereliail ce|)endanl pas; il (dail si heureux de se doiinei- à l'étude (|u'il envisageait avec elfroi les tracas (pu l'attendaient : (( .Vo/) s'nir dolort' (inimi maximo, dit-il dans son discours il'inslallalion. cofjcf/'ir ndinijucrc nplimnm iitalrnm i/u.r }iie pucnini alurnit, t/ii;i', si non inar/nis opihus, (il rrrlr pra'rlaris nd rcctr suavilrr (/iir v'ivendiua nrtibus instruxrrut. Liber ifjitur iandem aliqunndn, fl niilii jam reliclus uni, inimn-si mr tolum penitus in jucundnni Icctionem veterum tilriusque linffu.r aiiclnnnn, avideijw ri tpinsi lnni/(nn silim c.vplcri' cupims, <irripni li/iros ijiios disi rictus pu hlir.is citfis, et ipsa of/icii rr/ifiionf inipiditus. ri.r pi'vstrinjjere Icvilcr ft t/uasi drUharc /lolwrinii, etc. ' n Avec {|uelle joie nous le voyons s'abandonnei- à sa passion |>our les belles-lettres! Inli'r rjusuiodi prirntnni r.irrritnlidni'ut miln/nit prrlus inm'tfiliili ijinidiD ri rolupliilr prvfusnui ' ncr diilrilius slndioruin illerrhris jKiti-rdI si(liirii)-i.

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