‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 119 sur 319 · FliMiry, p. SI · texte numérisé non relu

FliMiry, p. SI

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ne doit nommer études, ajoutc-t-il quelques lignes plus loin, que l'application aux connaissances qui sont utiles dans la vie ^ »

Quelles sont-elles? D'abord l'étude de la vertu, « Tous les hommes, dit Fleury ^, ne sont pas obligés d'avoir de l'esprit, d'être savants ou habiles dans les affaires, mais il n'}' a personne, de quelque condition que ce soit, qui ne soit obligé à bien vivre. La religion, ses préceptes et les moyens de s'en pénétrer, de les apprendre, constituent cette première étude qui embrasse la morale chrétienne. Les soins du corps sont encore une partie très importante de l'éducation. Je voudrais que dès les premières années on inspirât aux enfants la sobriété, la propreté; qu'on les exerçât à marcher longtemps, à se tenir longtemps debout, à porter des fardeaux, à tirer des poulies, à courir, à sauter, nager, monter à cheval, faire des armes. Jouer à la paume et ainsi de suite selon les âges, les conditions et les professions auxquelles ils se destinent ^ »

Tous ces exercices, dans la pensée de Fleury, s'adressent aux enfants riches pour lesquels il écrit. Ils n'étaient guère pratiqués dans les collèges et Fleury, le déplore : « Ce qui les fait tant mépriser aujourd'hui, dit-il, c'est qu'ils ne servent ni à acquérir des honneurs, ni à gagner de l'argent, et qu'ils ne s'accordent pas avec le sommeil, la bonne chère et la paresse, en quoi la plupart des gens font consister le bonheur. »

Passant ensuite aux études réservées aux gens de qualité, il

successivement sous-précepteur du prince de Conti (1672), puis précepteur du comte de Vermandois (1680), sous-précepteur des petits-fils de Louis XIV, les ducs de Bourgogne, d'Anjou, de Berry (1689). Louis XIV le nomma enfin son confesseur. Ces importantes fonctions lui permirent de connaître à fond l'aristocratie, ses vices, sa triste éducation et d'indiquer les réformes à introduire. Ses principales œuvres furent : VlUstoire ecclésiastique, en 20 volumes (1691), les Mœurs des Israélites, des Chrétiens, le Grand Catéchisme historique, tous ouvrages souvent réimprimés, et, comme œuvre pédagogique, le Traité du choix et de la méthode des études. Cet ouvrage, composé en 1673 pour l'éducation du prince de Conti, subit plusieurs modifications en 1677. L'auteur y travaillait encore en 1684; mais, apprenant que les copies de l'exemplaire de 1677, le moins correct des deux, se multipliaient, il y mit la dernière main en 1688 et le publia en deux volumes in-12. RoUin, comme nous le verrons, y fit de nombreux emprunts.

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