‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 121 sur 319 · Klcnry. |). 1:i;l · texte numérisé non relu

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y mît, le latin était incapable de rendre, par des expressions qui leur fussent propres, les idées et les découvertes nouvelles. Do là ces circonlocutions interminables et ces néologismes grotesques qui froissent le bon sens et provoquent le rire.

Chaque langue a besoin de s'enrichir de mots nouveaux correspondant à ce que l'actualité enfante constamment. Il en a été ainsi de tout temps. Le latin, lui aussi, a été à ses différentes époques une langue d'actualité, n'ayant aucun secret pour les contemporains et que nous ne connaissons qu'imparfaitement malgré tous nos travaux ; c'est ce qu'avoue Fleury, (( Pouvonsnous, dit-il, nous flatter de saisir toutes les finesses, les nuances des auteurs latins? Combien y a-t-il de mots dans Caton et dans les autres auteurs que personne n'entend plus? Dans les discours mômes que nous croyons entendre le mieux, il y a des finesses impossibles à reconnaître comme celles que remarque Aulu-Gclle dans certains endroits de Cicéron et de Virgile. S'il est presque impossible d'apprendre dans la dernière perfec tipn même les langues vivantes, que peut-on espérer de celles qui ne subsistent plus que dans les livres *? ))

La conclusion de ces remarques, c'est que le latin dans l'enseignement doit faire place au français, qui, par sa richesse, sa clarté et son élégance, était au xvni*' siècle la plus belle des langues modernes. Son étude n'était guère difficile, grâce à la méthode de Fleury qui se réduisait à la pratique, à la fréquentation de gens parlant correctement, et à la connaissance des règles les plus simples et les plus générales. « Les enfants, dit il, s'assimilent admirablement ce qu'ils entendent. Plus tard, quand viendra le temps d'études sérieuses, ils se rendront compte des difficultés qui dans le principe leur paraissaient insurmontables. »

Après la grammaire, étudiée aussi sommairement que nous venons de le voir, vient l'arithmétique non savante, se bornant aux quatre premières règles, et puis V Economique. (( On s'étonnera sans doute, dit Fleury -, que je compte l'Economique entre les études, et même entre les plus nécessaires; mais voici ce que je veux dire : L'étude de la jeunesse doit con-

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