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de notre littérature nationale. Il a été un des plus influents promoteurs de l'introduction du français dans les classes; il a bataillé pour que l'histoire et surtout l'histoire de France fît enfin partie du pro^i-amme des études et que la géographie en devînt l'auxiliaire indispensahlc.
Toutes ces réformes et ces innovations étaient connues de Rollin, mais elles étaient trop radicales [)our qu'il en pioposât l'adoption complète dans son traité et pour que l'Université les mît en pratique. Elles influèrent néanmoins sur l'enseignement au xviir siècle, qui s'améliora insensiblement, se dégagea peu à peu des anciennes méthodes; et ce qui prouve leur mérite, c'est qu'au moment où il fut question de reconstituer l'enseignement sur de nouvelles bases, le président Rolland, Coustel et Caradeuc de la Chalotais s'inspirèrent de ce qu'avait proposé Fleury.
Locke régénérateur de la race anglaise par une éducation utilitaire rejetant toutes les délicatesses. — Méthode hydrotliérapiquc innovée par lui, bien avant relie de l'abbé Kncipp. — Faveur i]ire!lo trouve en France. — lloUin s'en inspire. — Latin rejeté comme inutik- dans les collèges, à peine toléré pour la noblesse et les riches. — Ktudes se bnrnant à ce qui intéresse les besoins de la vie. — Peu de musique, de danse, de iioésie. — Pas de rhétori(iue, mais beaucoup de lectures plus utiles que les règles. — Pas de philosophie scolastique, mais élude de l'histoire, de la géographie et surtout étuile et pratique de l'agri- < idturc, la première de toutes les connaissances, même pour la noblesse. — Knfance élevée â se gouverner elle-même iself fjovernment). — Ui'vuiulion que ce système a opérée dans la pédagogie.
Xciif ans aprrs la piililicatioii du Traité du choir d^s rhidrs un Anglais, .loliii Locke', reproduisait dans ses Qurlqnrs p/'nscn^ sur l'rdiiriilifiii une taraude partie des réformes iiidiqiu'es jiar Kleury, mais modifiées eoiiformémeut à l'esprit et au caraclt-re cinglais, (losle, en l(»!)."j, (it de cet ouvrage uii(> tradudioii ipii se répandit promptemeiit en Fraueeet inilua d'une maiiit-re sen sihlr sur l'i-ducalion à ccltt' (■|»o([ue.
Ainsi (jnc DiiLTiiel. Mnu'v cl Ions Ii>s aulcuis lic systèmes
1. John Locke, né en 1632 i\ Wrington, près de Hrislol, dans le c<mUé de SomuuTSi't, mourut en 1701 à Oates, dans le comlé d'Kssex. C'est un des pins célèbres philosophes anglais. Lu dehors de son fameux ouvragi- : lùssdi sur l'ciilcndemrnl /iiimuin oii il réfute la théorie des idées innées, il composa pour l'éducalioii du jeune comte de Shaftesbur> les >Jitelt/ucs pensves dont nous donnons une apprécialitui siucincle.
Itoi.l.lN. li
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pédagogiques au xvir' ot au xviii" siècle, Locke ne s'adresse qu'aux enfants de qualité. Toutefois, un grand nombre de ses pensées sont applicables aux élèves de toutes les classes de la soci(''té, et HoUin les reproduisit bien souvent dans son Trailé des liludes.
Fidèle aux principes d'éducation de son époque, Locke a pour i^remier soin de pénétrer son élève de sentiments moraux basés sur la religion. L'instruction ne vient qu'au second rang, après la vertu, la i)rudence et les bonnes manières (jui doivent distinguer tout vrai gentilbomme. La croyance en Dion et le respect de l'Etre suprême l'amènent à In \orlu sans lai|uclle, dit Locke, il ne saurait être heureux dans ce monde et dans l'autre. La prudence, qu'il nomme aussi sagesse, n'est pas hors de la portée des enfants ', car dès l'âge le plus tendre, s'ils sont bien dirigés, Locke assure qn'ils apprennent par leur propre expérience à discerner ce qui leur est utile, avantageux et ce qui leur est nuisible; ils se préparent ainsi à bien conduire leurs petites affaires, à gouverner leur raison. C'est l'apprentissage du self (jovernment, l'idéal de toute existence anglaise, indépendante, mais respectueuse des devoirs qui lui incombent, et fidèle à les remplir.
Le côté pratique et utilitaire de ce système ressort de cet exposé de principes, mais tout en étant louable dans une certaine mesure, il nous paraît excessif. Ne dépasse-t-il pas ce que peut l'enfant, dont la raison n'est pas encore assez mûre pour savoir se diriger sûrement?
Locke ne le pense pas; il est vrai que le caractère anglais, beaucoup plus sérieux que le nôtre, se prête de bonne heure à user sagement de la liberté, et à se gouverner. Toujours est- il que ce système d'éducation, si différent de la contrainte dans laquelle était tenue la jeunesse au xvnr siècle, fut le signal d'une sorte de révolution pédagogique. Jean-Jacques Rousseau s'en inspira dans son Emile.
Avec les sentiments d'honneur qull s efforce d'inculquer à son élève, avec la liberté qu'il lui laisse, et la tendresse qu'il lui témoigne, on comprend la répugnance du philosophe anglais à admettre les châtiments corporels tels qu'ils étaient et tels
qu'ils sont encore en usage en Angleterre. Il s'élève presque avec indignation contre les punitions violentes qui n'engendrent, dit-il, que la servilité et Laversion des devoirs que le maître est intéresse à faire aimer. Pour développer l'intelligence de l'enfant, Locke veut une àme saine dans un corpssain; il n'est pas le premier qui ait posé ce principe, mais il est un de ceux qui en ont le mieux poursuivi l'application. Comme moyen d'atteindre i^i)i\ but. il insiste sur l'endurcissement physique de rcnfaut pai- les jeux atlilétiques, la paume, le ballon, le canotage, la course, le crocket. Ces conseils ont eu l'heureuse fortune de changer en Angleterre l'éducation, qui dans ce pays était comme chez nous presque entièrement consacrée à l'étude du latin et du grec. « Laissez votre enfant, dit-il aux gens du monde, vivre en plein air, comme ceux des bons fermiers; pas de vêtements étroits; qu'il s'aguerrisse au chaud, au froid ; qu'il joue pendant le jour, la tête nue, qu'il dorme sans bonnet ; qu'il se lave à l'eau froide; que sa nourriture soit saine, mais non délicate; pas de sucre, de vin, de liqueur; interdiction des pèches, des prunes, du raisin. Je demande que mon petit homme n'ait autre chose que du pain pour son déjeuner. ))
En mettant de côté les exagérations de ces préceptes hygiéniques et en les observant dans une juste mesure, il est certaia que l'enfant devient robuste, qu'il jouit d'une solide santé et qu'il csl .Klmirablcment préj)aré à recevoir une instruction avaiil loiil iililc et praticiue. Elle consistera non point comme autrefois dans riHiidc unique du latin et du grec, mais dans l'acipiisilion île connaissances a|>proi)riées à l'usage de la vie.
Le l;ilin n'est pas absolument rejeté par Locke, il l'admel Cdinnir roiiiplément de l'éducation d'un genlilhonime, mais il le condamne pour tout autre (|u'un jeune homme de qualité. « Y a t il l'ieii de plus absurde, dit-il', que de voir un [tère di'iM'iisrr son argent et le temps de son lijs ponr lui faire ;qiprenili'e la langue des iiomains, alors (in'il le destine au eomnieree on ;i une autre jirofession où il n'anra jamais à faire iis.'ige (In l.iiin ? Ne \ /niili'.iil il pas niicnx qu'il .Mpp|-it ce qui est indispensable dans toutes les professions, à savoii' : une bonne écriture, l'ai-t de bien régler ses comptes? » Kt il poursuit :