‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 132 sur 319 · Ibid., ]). M)'i · texte numérisé non relu

Ibid., ]). M)'i

222 I/UNIVEIISITK AVANT lîOLLl.X

sa Iradiiclioii (\t'>^ Hillols ih; (licéroii à ses amis et jiai-liciilirrcmciil à AUicus. C(!U(; ])i'éface imporlanle résume la mélliodo de Porl-Pioyal poUf rondalrc nn rcolier dans les Icllrcs humniiics. Il y est dit ; « En ce (\in conceriie le travail de lï'IrNc. il faut \'y aider et lui rendre l'élude agréable, plus ayréable même que le jeu et les divertissements. »

C'est aller un peu loin dans rapplication d'un précepte juste. Si nous accortlons (pi'il est humain de iw pas laisser un pauvre enfant sans secours en présence de difficultés au-dessus de ses forces, nous pensons d'un autre côté ([u'il est bon de l'babituer à l'efïort et à la peine.

Un obstacle à l'étude attrayante que recommande RoUin était l'emploi des tristes méthodes et des livres mal faits dont ou usait dans l'ancienne Université. A commencer par la lecture qui se faisait en latin, on persistait dans la routine illogique de prononcer séparément les consonnes d'un mot sans les joindre aux voyelles qui naturellement font corps avec elles. Quelle difTiculté pour l'enfant condamné à retenir un assemblage de sons que rien ne justifie! Aussi passait-il des années à apprendre ce qui maintenant ne demande que peu de temps, grâce à la réforme dont Pascal est l'auteur et qui, assez mal accueillie dans le principe, a fini par être généralement adoptée.

Une autre réforme non moins importante à signaler est celle relative à la composition d'une grammaire classique française. Port-Royal y songea. Lancelot essaya même d'en composer une, mais il se heurta contre l'impossibilité de fixer les règles définitives d'une langue qui se modifiait constamment. Toutefois, mettant à profit les travaux de Vaugelas, de Ménage, du P. Bouhours et les observations d'Antoine Arnauld,il publia la Grammaire générale raisonnée de la langue française, qui servit de base aux nombreux ouvrages grammaticaux c[ui se sont succédé depuis deux cents ans. RoUin ne resta pas étranger aux essais de composition d'une grammaire française; il en sentait la nécessité et, en attendant qu'il en parût une (( on l'on ferait entrer, dit-il', les règles les plus importantes et les principales observations de Vaugelas et du P. Bouhours, il conseilla aux maîtres d'expliquer les unes et les autres de vive voix à leurs

Page 1