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A quoi propos Rollin a-t-il composé le Traité des Études^. — Son grand incrilc d'èlrc écrit en français. — Son succès prodigieux. — Désintéressement de Rollin. — Ce (ju'il s'est proposé. • — Comment, avec ses idées religieuses, il admet dans les éludes les chefs-d'œuvre profanes. — Comment il eu fait des moyens de sanctification. — Traité des Études, véritable encyclopédie des lettres, des sciences et des arts. — Rollin se montre-t-il capable de les traiter en connaissance de cause?
()ji sait que ce fut à la suile de son remarqiialjle discours sur l'Instruction Gratuite (1719) que Rollin, vivement sollicité par l'Université, accepta de développer le plan et les ri'formes qu'il avait exposés.
Le Trmté des hlnclfs, f[u'il composa à cet eiïet, fut un i;raiid bienfait pour l'LIniversité, (jui, jus([u'alors attardée dans la rouline, avait grand besoin de se régénérer. Les réformes introduites par l*ort Koyal dans ses Petites Ecoles avaient liicu pénétré dans f|uelf[ues collèges, tels que le Plessis, Navarre, les QuatreNations, et siwtout Béarnais, habilement dirigés par des hommes de mérite tels que Duricux, Binet, drangier, HoUin, Coffin; mais ces réformes ne s'étaient {)as répandues dans tout le corps enseignant, et, pour les propager et en activer le succès, il fallait un niailrr d'un saNoir cl d'une expérience incontcsti's, (pii traçât la voie à suivre, par l'cxiMiiple de son enseignement et par ses écrits.
Bollin, par son Traité ries Eludas, répondit à ce bcsnin. Le premier mérite de son ouvrage, (>t ce n'est pas I(> moindie, est d'être écrit en français, chose rare à son ('poipip.
(( Il eût ét('' de mou intiTrl, dil llollin, ^\c le composer
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en laliii, cl j'aurais pu mieux réussir (!ii écrivaul dans une langue à l'élude de latiuelie j'ai employé une paiiie de ma vie, cl (lonl j'ai beaucoup |)lus d'usag'e que de la laii^'-ue française. Mais il m'a paru (pi'en cédant à mon goût j'aurais été à rencontre du but (pie je me suis proposé. Les jeunes gens n'ont pas assez de connaissance du latin pour l'entendre aussi facilement que la langue de leur pays, et l'on ne doit pas se borner à former des hommes éloquents en latin, mais porter ses vues plus loin en songeant à ceux cjui doivent un jour faire usage de l'éloquence et des belles lettres françaises ^ »
De nombreux ouvrages de pédagogie avaient précédé celui de Rollin ^ mais presque tous étaient en latin et n'avaient en vue que les princes, les grands et les gens de qualité; aucun ne s'occupait d'éducation convenant à toutes les classes. Kollin combla cette lacune en publiant ses Observations sur ht numièrc d'enseigner et d'étudier les belles-lettres jjar rapport à Vesprit et au cœur^. Le succès fut prodigieux. A peine les deux premiers volumes avaient-ils paru qu'une seconde édition fut nécessaire dans la môme année, et de nombreuses traductions en langues étrangères répandirent en Europe les sages directions que le traité renfermait.
Tout autre que Rollin se serait enrichi, mais les soucis de la fortune le préoccupaient si peu que, loin d'y songer, il pria les lecteurs d'indemniser la V^'' Esticnne, son éditeur, pour quelques pages de supplément.
Son seul but en s'adressant aux jeunes gens était de les rendre (( bons chrétiens, bons fils, bons pères et bons citoyens ». Quelque mépris qu'il eût pour le paganisme, l'étude des chefs d'œuvre de l'antiquité païenne lui parut cependant indispensable pour la culture de l'intelligence; il s'en servit, mais en les christianisant à l'exemple de Port-Royal et d'autres éducateurs du xvn" siècle. Par ce moyen ingénieux, loin d'être un