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quelque temps dans cette pratique, dit le bon Recteur, mais l'expérience m'a fait connaître qu'elle était moins utile aux jeunes gens. Le principal but qu'on se propose dans l'éducation, c'est de les préparer aux emplois fiu'ils doivent un jour exercer : instruire, plaider, faire le rapport d.'une affaire, dire son avis dans une compagnie. Or tout cela se fait en français. D'ailleurs croit-on qu'il soit facile de s'exercer en latin? Quelle gène, quelle contrainte pour un écolier! Et puis nous est-il permis de négliger le soin de notre langue dont nous devons faire usage tous les jours, et de donner toute notre application à des langues mortes et étrangères*? » On ne saurait plaider plus victorieusement la cause du français.
La première innovation dont liollin fut probablement le promoteur, ce fut de choisir, comme sujets des Exercices publics, des auteurs "français, au lieu de continuer à prendre des auteurs latins, comme cela s'était fait jusqu'alors. Uullin raconte la chose comme extraordinaire, tout en s'en réjouissant, et n'ose citer le collège où a eu lieu cette grave infraction à la routine. « On vient, dit-il, tout récemment de faire dans un collège (presque à coup sûr c'est celui de Beauvais) l'essai d'un nouvel exercice qui a eu du succès et qui, espère t on, aura des suites avantageuses; il regarde la langue française. On a fait lire aux deux fds de AL Flcury, procureur général, des remarques en français extraites de plusieurs livres qui traitent de cette matière et dont ils ont fait l'application à plusieurs endroits tirés de l'histoire de Théodose par AL Fléchier. Ils y ont fait observer, comme cela se pratique en expliquant un auteur latin, ce qui s'y trouve de plus beau et de plus remarquable, soit pour les pensées, soit pour les expressions, soit pour les principes et la conduite de la vie. Cette interi'ng;>lion a [)aru être fort du goût du public, cl a fait désirer (pTcIle fût mise dans la suite en usage. N'est-il pas raisonnable en l'ITet de cultiver avec (|U('l(|ue soin l'élude île notre langue propre et iialnrcllc, pcndaiil (|m' nous donnons lanl de temps à l'cilc des langues aiu'iennes et ('trangèrcs ■ ? ))