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se forme leur carnclère, ({u'ils s'iinljitiieiil au travail, à l'obéissance, à l'ordre, et celte pi'cmière éducation se (continuera au collège où ils retrouveront les mêmes bons exemples, la même sollicitude. Le maître (jui a la responsabilité des enfants doit leur tenir lieu de père, pareiitis esse loco;\e soin qu'il prend de leur éducation morale doit être aussi sacré ciue celui de leur éducation intellectuelle. Son influence auprès de la jeunesse est plus considérable qu'on ne pense généralement; c'est à lui, c'est au séjour de la jeunesse dans les collèges qu'il faut faire remonter tout autant qu'à la famille les bons ou les mauvais sentiments dont se pénètrent les jeunes gens, qui plus tard joueront un rôle si considérable dans la société '. »
Ces réflexions amènent naturellement la question toujours brûlante de l'éducation publique et de l'éducation privée. Quelle est la préférable? RoUin n'ose se prononcer ouvertement: l'une et l'autre, dit il, offrent des avantages, mais chacune d'elles a également ses difficultés et ses périls. « Il est certain que, dans une honnête famille, l'enfant que ses parents craignent d'envoyer au collège n'a que de bons exemples, n'entend que de sages discours et n'est pas exposé à ce qui pourrait altérer la jsureté de son âme; mais, d'un autre côté, il est privé des avantages du collège, parmi lesquels on doit compter pour beaucoup l'ordre, la règle, la discipline et la vie frugale qu'on y mène, éloignée des douceurs et des caresses de la maison paternelle qui ne sont propres qu'à amollir les enfants. »
(( Un autre avantage du collège, ajoute-t-il, et l'un des plus grands, est l'émulation : un enfant y profite de ce qu'on dit à lui-même et aux autres ; l'amour de la gloire lui sert d'aiguillon pour le travail; il a honte de céder à ses égaux dans le collège, il y fait des connaissances et des liaisons qui durent souvent autant que la vie; il y prend l'usage du monde; il y forme son caractère, vit dans une parfaite égalité avec tous ses camarades; il se convainc que la fortune et la naissance n'y donnent aucun privilège et que la seule supériorité que l'on reconnaisse est celle du mérite et du savoir-. »
Rien n'est plus vrai pour certains élèves, rien ne l'est moins pour d'autres. L'émulation que Rollin considère avec raison
1. Gréard, Éducation et Imlruclion, t. II, p. 223 et suivantes.