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1(> (lil formcllcincnt dans son //isloire de V Univeiailr (T. \\\, p. 0;') et ()G) : (( On ne sY'lail pas encore avisé de [jonsor fpie la langue l'ranraise mérilàl d'ùlre ('■ludiéc, ni que celte étude entrât dans le |)laii de l'éducation. Celait une erreur générale dont aujourd'Jiiii on est l)ien revenu. Aussi la grammaire française s'estelle heureusement introduite dans quelques-uns de nos collèges, et nos poètes et nos auteurs français tiennent compagnie dans les hautes classes à Cicéron et à Virgile : c'était une addition nécessaire et sans laquelle le plan de l'instruction de la jeunesse était imparfait, mais je ne i)uis m'empècher d'observer qu'il ne faut pas que le français, nouvel hôte, empiète trop de terrain sur l'ancien propriétaire. En vain alléguerait-on qu'il ne fait que rentrer dans son domaine, que le pays lui appartient, que le latin est un étranger. Le latin est la langue des savants, il est une langue universelle qui fait la communication de toutes les parties de l'Europe, il est la source de tout notre savoir, et ce n'est que par l'influence continuelle de la source que les plus grands fleuves s'entretiennent. » Cette longue citation nous informe exactement des idées de progrès et des commencements de réformes qui s'introduisaient discrètement dans les collèges.
Rollin lui-même, en personne prudente, ne se hasarda pas à demander pour l'étude du français autant de temps que pour le latin; il sentait qu'il échouerait. « Une demi-heure, dit-il timidement, pourrait lui être consacrée deux ou trois fois par semaine, à condition que l'on continuât pendant tout le cours des classes.
(( Pour cette étude, ajoute-t-il, et jusqu'à ce qu'on ait composé un livre à l'usage des jeunes gens où l'on ferait entrer les règles les plus nécessaires de la grammaire et les principales observations de M. de Vaugelas et du P. Bouhours sur la langue française, les maîtres pourront se contenter d'expliquer les unes et les autres de vive voix'. » C'est aux savants solitaires de Port- Roj'al que revenait la composition de cette grammaire. Ils en avaient publié d'excellentes pour le latin, le grec, l'italien, l'espagnol; Lancelot en avait même entrepris une pour le français, mais il se heurta à de telles difficultés qu'il dut l'aban-