‹ Rollin, sa vie, ses œuvres et l'université de son tempsChapitre 154 sur 319 · GRAMMAIRE · texte numérisé non relu

GRAMMAIRE

garantir des abus; à lui donner des règles fixes et à composer un dictionnaire, une grammaire, une rhétorique et une poétique. Le dictionnaire seul fut publié; fftiant à la grammaire, l'Académie en confia le soin, comme nous lavons déjà dit, à Régnier-Desmarais, son secrétaire perpétuel, qui en composa une fort estimable pour cette époque.

En dehors du dictionnaire de l'Académie qui, dès son origine, fut volumineux et peu portatif, les dictionnaires de Furetière et de Richelet, parus en 1701 et 1719, contribuèrent aux progrès de la langue. 11 est étonnant, du reste, avec quelle ra])i(]ilé ces progrès s'affirmèrent. Dans ce siècle oîi tout était merveilleux, le beau langage était de rigueur dans la haute société : Louis XIV était le premier à donner lexemple de la politesse et de l'art de bien dire sans affectation. Le P. Bonheurs, le grand redresseur de phrases incorrectes, le collègue très autorisé de Vaugelas, nous représente le roi comme un modèle de diction élégante et [)ure. (( Savez vous, dit-il, dans les Enlrrlicns d'Arisle et tl'/iu- (jè)ii', (|ur mitre grand monarque tient le premier rang parmi ces heureux génies, et qu'il n'y a personne dans le royaume qui sache le fr;uiçais comme il le sait. Il [)arle si bien ([ue son langage peut donner l'idée véritable de la perfection de notre langue; il ne ressemble pas seulement à Auguste, il ressemble aussi à César, de sorte que si notre prince se donnait la peine d'écrire lui même son histoire, les commentaires de Louis vaudraient bien ceux de César •, » Eloges exagérés sans nu! doute, mais justes au fond dans une certaine mesure; car. grâce à rexemi)le du roi et à ses arrêts, le français devint la langue officielle et obligatoire là où le latin avait régné jus ([u'alors en maître. 11 l'imposa en 1()7!( à la Faculté de droit. Le l)au{)hin, par son ordre, n'eut entre les mains ( l(»7t) H»7;{ que des livres rédigés en français, et, chose ran> à ci'lti' époipie, Rossuet compléta l'éducation (hi prince par îles h\H)ns sur l'histoire de France.

Des dictionnaires sjjéciaux sur toutes les branches tle> connaissances humaines, littératures, sciences, lu-aux arts. |iliilo Sophie, industrie, etc.. suivinMil la |tublication du diclionnaire de l'Académie. Un s'ingénia pour Irouvi-r îles méthodes abré-

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